Jacques Fortin: des acheteurs prêts à payer 87 000 $ pour le terrain

Jacques Fortin... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

Agrandir

Jacques Fortin

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le procès en inhabileté à siéger du conseiller Jacques Fortin s'est poursuivi, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi, avec le témoignage de deux citoyens qui se sont dits prêts à payer 60 000$ et 87 000$ pour le terrain acquis de la Ville par Hélène Girard.

À la deuxième journée du procès, les demandeurs Louis-Philippe Thibault et Daniel Bindley ont fait témoigner en après-midi le restaurateur baieriverain Steeve Lévesque qui, en octobre 2007, avait signé une déclaration solennelle devant le notaire Yvan Gauthier voulant qu'il était prêt à acquérir le terrain acquis en septembre 2006 par Mme Girard. M. Lévesque a expliqué que dans les mois précédents, il est allé rencontrer un fonctionnaire au service d'urbanisme, un prénommé Luc (Luc Desbiens), afin de s'enquérir des modalités d'acquisition du terrain. «Il m'a dit qu'il y avait eu d'autres demandes pour ce terrain et que des recours ont été entrepris contre la Ville en raison des odeurs dégagées par l'usine de traitement des eaux. Il était impossible de modifier le zonage industriel du terrain», a témoigné M. Lévesque.

En contre-interrogatoire, Me Pierre Mazurette, représentant Jacques Fortin, a tenté de s'attaquer à la crédibilité du témoin en l'interrogeant de façon serrée sur son intérêt à effectuer une déclaration solennelle dont le contenu a été dévoilé dans Le Quotidien. Me Mazurette a tenté de savoir pourquoi une offre d'achat rendue publique n'a pas été déposée auprès de Mme Girard, la nouvelle propriétaire du terrain. Me Mazurette a rappelé que l'achat du terrain a fait l'objet d'une pétition de 4500 noms déposée à la ministre des Affaires municipales et que lui-même était signataire.

M. Lévesque a répété à plusieurs reprises qu'il a déposé une offre d'achat du terrain en 2005 et qu'aucune suite n'a été donnée à son offre. Il a ajouté qu'il a effectué une relance en 2007 parce que le terrain avait finalement été vendu, ce qui a créé chez lui de la frustration.

87 000$

L'autre témoignage entendu est celui de Jérôme Lafrance, un citoyen âgé de 25 ans à l'époque et qui oeuvrait dans le monde des affaires. Affirmant connaître très bien le secteur puisqu'il y habitait, il a déclaré avoir déposé trois lettres au greffier Pierre Brassard en septembre 2004 en vue d'acquérir le terrain. La première faisait état d'un montant de 87 000$. M. Lafrance a mentionné qu'à l'époque, il a déposé un prix de 87 000$ sans trop savoir où il s'en allait, mais en sachant qu'il s'agit d'un très beau terrain boisé en partie, idéal pour les activités de pêche et de villégiature. M. Lafrance s'est dit certain, à la suite d'une question du juge Bernard Godbout, qu'un tel terrain une fois dézoné valait une somme variant entre 200 000$ et 300 000$. Le juge s'est intéressé au fait qu'à 25 ans, M. Lafrance était en affaires et possédait sa propre maison.

Tout comme M. Lévesque, le citoyen Lafrance a reçu les mêmes réponses du service d'urbanisme quant à l'impossibilité d'acheter le terrain et que toute construction résidentielle est interdite à moins de 800 mètres d'une usine d'épuration.

Soulignons que l'audience du matin a été consacrée à la poursuite du témoignage de M. Fortin et à un long réquisitoire de Me Mazurette qui s'opposait à ce que des citoyens ayant déposé des offres d'achat dans le passé viennent témoigner. Il s'appuyait sur l'argument que la valeur d'un terrain est fixée par un professionnel du domaine. En contrepartie, MM. Bindley et Thibault ont fait valoir que le prix d'un immeuble peut être également déterminé par les forces du marché.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer