Évaluation des risques sismiques: Saguenay pionnière

Thomas Foulon, étudiant à la maîtrise en génie... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Thomas Foulon, étudiant à la maîtrise en génie géologique, Romain Chesnaux, directeur du Groupe de recherche risque ressource eau de l'UQAC et Ali Saeidi, responsable du projet de recherche

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Les sols et la structure d'une vingtaine de bâtiments d'importance de la municipalité seront évalués. L'UQAC, les cégeps, les hôpitaux et les bâtiments des services d'urgence font partie, par exemple, de cette liste.

Le plan d'évaluation des risques sismiques est réalisé par le Groupe de recherche risque ressource eau (R2Eau) de l'UQAC. Le financement du projet s'élève à quelque 65 000 $. Il implique la Commission géologique du Canada, notamment, ainsi que Saguenay, qui contribue pour sa part à la hauteur de 7000 $ au projet qui a débuté il y a un an.

Plus précis

Le plan d'évaluation est réalisé grâce aux nombreuses données géologiques accumulées il y a quelques années dans le cadre du Programme d'acquisition des connaissances sur les eaux souterraines (PACES) de la région. Ce programme visait à dresser le portrait de la qualité des eaux souterraines du Saguenay, de la Haute-Côte-Nord et de Charlevoix.

« Ces données nous permettent aujourd'hui de faire une modélisation 3D du terrain de Saguenay, pour évaluer l'épaisseur des dépôts meubles, soit des couches de sable et d'argile, qui rendent le sol instable et plus vulnérable en cas de séisme », explique Ali Saeidi, professeur en génie civil et responsable du projet de recherche au R2Eau.

Saguenay fera figure de pionnière au Québec en se dotant d'un tel plan, ajoute le coordonnateur du groupe de recherche, Romain Chesnaux. Des études plus larges avaient déjà été menées sur le territoire à Québec et Ottawa par la Commission géologique du Canada, mais elles n'atteignaient pas le degré de précision qu'aura le plan de Saguenay, précise pour sa part le professeur Saeidi.

L'étude des sols, qui seront classés en cinq catégories, sera jumelée à l'étude de la structure de la vingtaine de bâtiments ciblés. « La résistance aux secousses sismiques varie selon le type de bâtiment. S'il est en bois, en béton armé ou en acier », explique M. Saeidi, spécialisé en évaluation des risques géotechniques.

Plan d'intervention

Le R2Eau soumettra finalement trois scénarios de séisme au Service de sécurité incendie de Saguenay et une estimation des conséquences sur les bâtiments de la municipalité.

Un plan d'intervention sera ensuite élaboré par les pompiers de Saguenay, mentionne Carl Dufour, président de la commission de la sécurité publique et incendie.

« Les informations seront ajoutées au Schéma de couverture de risques. C'est un ajout significatif pour la sécurité des citoyens », souligne-t-il.

Le plan d'intervention ciblera les lieux où intervenir en premier en cas de séisme, et identifiera les bâtiments où recevoir les personnes évacuées.

Thomas Foulon, étudiant à la maîtrise en génie... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 3.0

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Thomas Foulon, étudiant à la maîtrise en génie géologique, travaille sur la modélisation 3D du sous-sol de Saguenay réalisée dans le cadre du projet de recherche.

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Charlevoix intéresse les chercheurs

Après Saguenay, les chercheurs de l'UQAC espèrent pouvoir procéder à l'évaluation des risques sismiques de Charlevoix.

Si Saguenay bénéficiera d'un plan d'évaluation précis avant Charlevoix, c'est en fait tout simplement en raison du financement.

« J'étais intéressé depuis longtemps à travailler sur ce type de projet, puisque nos données nous permettent de le faire pour Saguenay, la Haute-Côte-Nord et Charlevoix, mais nous avons réussi à obtenir le financement pour Saguenay en premier », explique Ali Saeidi, responsable du projet de recherche au Groupe de recherche risque ressource eau (R2Eau) de l'UQAC.

Saguenay, en raison de sa proximité de la zone sismique de Charlevoix, est considéré comme ayant un risque de séisme moyen, tendant vers faible. Si le souvenir du tremblement de terre de 6,2 sur l'échelle de Richter du 25 novembre 1988 à Chicoutimi demeure encore frais dans la mémoire de bien des Saguenéens, le chercheur précise que la probabilité d'un nouveau tremblement de terre demeure toutefois faible.

L'épicentre du séisme 1988, qui était situé à 35 kilomètres au sud de Chicoutimi, fera d'ailleurs partie des trois scénarios de séisme soumis au Service de sécurité incendie de Saguenay.

Le plan d'évaluation des risques sismiques de Saguenay, qui cible plus précisément une vingtaine de bâtiments, pourrait même être étendu aux quartiers, dans une deuxième phase. « C'est une option qui pourrait être intéressante et qu'il faudra regarder », commente à ce sujet Carl Dufour, président de la commission de la sécurité publique et incendie de Saguenay.

Cet appareil de mesure de résistance du sol... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 4.0

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Cet appareil de mesure de résistance du sol aux ondes sismiques est utilisé par Thomas Foulon pour ses travaux de recherche de maîtrise, dans le Laboratoire de géotechnique de l'UQAC.

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Différents appareils de mesure des propriétés de résistance... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 4.1

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Différents appareils de mesure des propriétés de résistance mécanique des sols du laboratoire sont aussi mis à contribution pour le projet de recherche.

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En bref

• 1 aux 2500 ans

Probabilité de tremblement de terre à travers le monde

• Risque moyen à faible

En raison de sa proximité de la zone sismique de Charlevoix, Saguenay est considérée comme ayant un risque de séisme moyen à faible.

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