Policier tué: une onde de choc dans la région

Le jeune Harrionson McKenzie, 6 ans, a déposé... (Photo La Presse, Martin Tremblay)

Agrandir

Le jeune Harrionson McKenzie, 6 ans, a déposé des fleurs dimanche devant la maison où un policier et un jeune autochone ont trouvé la mort.

Photo La Presse, Martin Tremblay

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Patricia Rainville
Le Quotidien

Le décès du policier Thierry Leroux a créé une onde de choc dans la région. Le jeune homme de 26 ans, qui travaillait dans la communauté autochtone de Lac-Simon depuis six mois à peine, avait élu domicile dans la région il y a plusieurs années. Ses proches, dont ses parents et sa copine, restent d'ailleurs toujours ici. Les policiers de Saguenay ont eu le difficile mandat d'informer les parents du policier décédé en service, dans la nuit de samedi à dimanche.

Thierry Leroux... (Photo tirée de Facebook) - image 1.0

Agrandir

Thierry Leroux

Photo tirée de Facebook

Le porte-parole de la Sécurité publique de Saguenay, Bruno Cormier, a confirmé hier au Quotidien que les policiers avaient dû se rendre chez les parents de Thierry Leroux, qui demeurent à Chicoutimi, afin de leur apprendre la tragique nouvelle. Selon M. Cormier, le jeune policier n'a jamais pratiqué dans la région. Malgré tout, il s'est dit secoué par la nouvelle, comme c'est le cas lorsqu'un policier meurt en service.

Thierry Leroux... (Photo tirée de Facebook) - image 2.0

Agrandir

Thierry Leroux

Photo tirée de Facebook

Bien que Thierry Leroux oeuvrait en Abitibi-Thémiscamingue et était originaire d'Amos, sa page Facebook indique qu'il vivait au Lac-Saint-Jean. Il a également fait sa technique policière au Collège d'Alma, il y a quelques années.

Quant à sa copine, elle demeure à La Baie. D'ailleurs, hier, la jeune femme a publié une photographie du couple sur Facebook et plusieurs internautes ont envoyé des messages de sympathies.

La résidence où s'est déroulé le drame, samedi... (Photo La Presse, Olivier Jean) - image 3.0

Agrandir

La résidence où s'est déroulé le drame, samedi soir dans la communauté autochtone de Lac-Simon, près de Val-d'Or, en Abitibi-Témiscamingue.

Photo La Presse, Olivier Jean

Mireille Jean, en compagnie de Sabin Gaudreault et... (Photo La Presse, Olivier Jean) - image 3.1

Agrandir

Mireille Jean, en compagnie de Sabin Gaudreault et Pierre Karl Péladeau, lors d'une visite récente du chef du Parti québécois au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Photo La Presse, Olivier Jean

«Vraiment triste, je pense à toi», «Tellement dommage, indescriptible, je ne trouve pas de mots pour décrire cette perte, cet enfant, cet amour de vie, ce maudit bon chum», «Vous aller rester mon plus beau couple pour toujours», sont quelques-uns des messages publiés par des proches, sur la page de la conjointe de Thierry Leroux.

Plusieurs autres internautes ont exprimé leur tristesse face aux événements, au cours de la journée d'hier. Certains ont changé la photo de leur profil pour une image composée d'un ruban noir et du logo du poste de police de Lac-Simon.

Beaucoup de questions demeurent sans réponses

Le policier originaire de Jonquière, Jimmy Perron, oeuvre... (Photo tirée de Facebook) - image 5.0

Agrandir

Le policier originaire de Jonquière, Jimmy Perron, oeuvre à Wemotaci, au nord de La Tuque. Il estime qu'il y a un réel manque d'effectifs et de budget dans les postes de police des communautés autochtones.

Photo tirée de Facebook

La mort tragique du policier Thierry Leroux, à Lac-Simon, a soulevé plusieurs questionnements, hier. L'agent Jimmy Perron, qui travaille au sein de la communauté de Wemotaci, au nord de La Tuque, estime qu'une réflexion doit être amorcée au gouvernement, afin qu'il y ait davantage d'effectifs policiers dans les réserves autochtones.

Jimmy Perron connaissait Thierry Leroux par l'entremise d'amis communs. Le Jonquiérois, qui a également étudié au Collège d'Alma, a tenu à offrir ses sympathies, hier, aux amis et à la famille de Thierry Leroux. Par le fait même, il a soulevé la question du budget octroyé aux postes de police des communautés autochtones.

«J'ai commencé à travailler à Obedjiwan, mais le poste de police de l'endroit a fermé en raison d'un manque de financement. Le poste est resté fermé durant 6 ou 7 mois, alors je suis allé à Wemotaci. J'ai vécu des situations qui pourraient s'apparenter à ce qui s'est passé à Lac-Simon. Des cas de violence conjugale, par exemple, où il y avait des armes à feu dans la résidence, ce n'est pas rare. C'est connu, le taux de criminalité est plus élevé dans les communautés autochtones qu'ailleurs et il serait temps que le gouvernement agisse en conséquence. Les postes de police sont sous-financés et il y a un réel manque d'effectifs», a affirmé Jimmy Perron, lors d'un entretien téléphonique accordé au Quotidien, hier en soirée.

«Par exemple, à Wemotaci, si nous avons besoin de renfort, nous sommes à 1h30 de route de La Tuque, ça n'a pas de bons sens», ajoute le policier, affirmant qu'en plus du manque de budget et d'effectifs, les agents n'ont pas accès aux mêmes formations complémentaires qu'ailleurs au Québec. «Par exemple, nous n'avons pas de formation sur les armes longues comme c'est le cas pour les autres corps policiers. C'est le temps que le gouvernement se penche sur le problème», a affirmé Jimmy Perron.

Stanley Vollant lance un cri du coeur

Stanley Vollant... (Archives Le Quotidien) - image 7.0

Agrandir

Stanley Vollant

Archives Le Quotidien

Le chirurgien autochtone Stanley Vollant a lancé un cri du coeur, dimanche, via Facebook. Il a appelé à la mobilisation, afin que le climat soit plus harmonieux dans les communautés autochtones.

« Il y a un drame qui s'est déroulé dans une de nos communautés, deux personnes décédées dans une tragédie qui affecte l'ensemble de nos communautés et l'ensemble de la population du Québec. Plus de mille cent femmes disparues, deux cents enfants morts dans des circonstances nébuleuses, des centaines de suicides par année et j'en passe. Chacun de nous peut penser à des dizaines de tragédies dont ils ont été témoins. Mobilisons-nous tous, autochtones et non autochtones, leaders et politiciens, jeunes, parents et aînés pour améliorer le bien-être et vivre dans nos communautés et entre les autochtones », a écrit Stanley Vollant.

Son message a été partagé plus d'une centaine de fois, au cours de la journée de dimanche.

Un ancien des Jeannois

À une autre époque, un moment plus heureux,... (Archives Le Quotidien) - image 9.0

Agrandir

À une autre époque, un moment plus heureux, lors d'un match opposant les Jeannois d'Alma aux Monadnocks de La Pocatière. Thierry Leroux, receveur de passe, avait capté le lancer du quart-arrière François Morin pour un gain de 15 verges.

Archives Le Quotidien

Serge Émond - Le décès de Thierry Leroux secoue le monde des Jeannois du Collège d'Alma. Le policier a porté les couleurs de l'équipe de football du collège pendant deux saisons à titre de receveur de passes et de botteur.

L'entraîneur Mathieu Brassard n'en garde que de bons souvenirs.

«Il a joué pour notre équipe aux alentours de 2010. Je me souviens très bien de lui. Je n'en revenais pas quand j'ai appris la nouvelle dimanche matin. C'était un bon joueur et un bon gars. Il a fait un beau parcours chez nous pendant deux ans. Ça secoue. En plus, son père fait partie de notre comité de football. Je ne connais pas encore les détails de ses funérailles, mais c'est certain que nous ferons quelque chose.»

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer