Une nouvelle chaire dans la mire

Le professeur Issouf Fofana, du département des sciences... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le professeur Issouf Fofana, du département des sciences appliquées, est spécialisé en ingénierie des réseaux électriques haute tension. Il tient à la main une pièce de disjoncteur

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PAGE UQAC / Le professeur en génie électrique Issouf Fofana espère pouvoir élargir l'expertise de l'Université du Québec de Chicoutimi (UQAC), déjà un chef de file mondial en ingénierie des réseaux haute tension, avec la création d'une nouvelle chaire de recherche du Canada de niveau un dans ce domaine.

L'UQAC possède une solide réputation notamment grâce à la Chaire de recherche du Canada en ingénierie du givrage des réseaux électriques (INGIVRE), dirigée par le professeur Masoud Farzaneh, qui prendra sa retraite à la fin de l'année. Cela laissera donc la place à la relève pour postuler au programme canadien, et l'université a choisi M. Fofana. En attendant, il est titulaire de la chaire institutionnelle sur le vieillissement de l'appareillage installé sur les lignes à haute tension (ViAHT).

«C'est très important de programmer des outils pour faire le suivi de la santé des équipements, explique le professeur. Certains sont intégrés sur les réseaux d'Hydro-Québec ou de Rio Tinto depuis des dizaines d'années. Nous faisons des analyses et des essais pour prédire leur fin de vie et qu'ils soient remplacés de façon sensée et économiquement viable.»

Les travaux portent principalement sur le diagnostic des transformateurs et commencent à s'étendre aux alternateurs. Avec une chaire de niveau un, les projets pourraient avancer plus encore grâce à la subvention de 200 000$ par année, durant un mandat de sept ans renouvelable jusqu'à la retraite du titulaire. Une différence majeure avec la précédente chaire de niveau deux sur les isolants électriques de M. Fofana, dont le mandat limité a pris fin en 2015.

Dans un contexte économique difficile où la maintenance préventive des équipements est négligée, les recherches sont d'autant plus pertinentes. L'équipe du laboratoire, composée de professeurs, de chercheurs et d'étudiants à la maîtrise et au doctorat, peut même simuler l'usure de l'appareillage et se projeter dans 5 à 20 ans, en vue d'établir des modèles lors de l'entretien.

«Il y a eu des pannes majeures en Europe et en Asie, liées en partie aux infrastructures vieillissantes. C'est un problème mondial», ajoute Issouf Fofana, membre du Conseil international des grands réseaux électriques (CIGRE). Il mène également des études interlaboratoires pour l'organisme de normalisation ASTM International afin d'évaluer la précision des normes, pour que la prise de mesures soit uniforme partout par exemple.

Cet appareil sert à analyser les isolants électriques.... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque) - image 2.0

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Cet appareil sert à analyser les isolants électriques.

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Consolider l'expertise acquise

La création d'une nouvelle chaire de recherche et la fin de mandat d'une autre ne signifient pas la perte de l'expertise développée par celle-ci. Le professeur Issouf Fofana compte bien conserver et même consolider les connaissances sur les réseaux électriques acquises avec les travaux sur le givrage.

Il mise notamment sur le laboratoire de modélisation et de diagnostic des équipements de lignes électriques (MODELE), mis sur pied en 2013 avec les professeurs Christophe Volat et Hassan Ezzaidi, respectivement spécialisés en instrumentation et en traitement des signaux.

«Avant MODELE et ViAHT, les recherches en haute tension étaient beaucoup concentrées sur le givrage. Maintenant, on s'oriente aussi sur l'aspect des réseaux intelligents. On regroupe nos forces pour ajouter de nouvelles expertises», décrit M. Fofana.

Dans cette recherche de développement coopératif, Hydro-Québec sera un partenaire majeur. «Le but est de mettre au point de nouveaux types de capteurs et d'interfaces informatiques qui permettront l'autorégulation des réseaux. Le risque d'erreur est minimisé puisque le système se corrige sans intervention humaine», développe le chercheur.

La conception d'un laboratoire virtuel, qui permettrait de faire des essais à moindre coût, est aussi dans les plans. Par exemple, un isolant pourrait être testé en entrant des variables comme l'épaisseur, la conductivité et la présence de neige ou de pollution dans un outil numérique.

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