L'épaule à la roue, le sourire aux lèvres

Plusieurs dizaines d'usagers en déficience physique et en... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

Agrandir

Plusieurs dizaines d'usagers en déficience physique et en santé mentale du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont transformé des blocs de neige en sculptures jeudi au parc de la Rivière-aux-Sables.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Sculpter la neige pour se dépasser. Sortir de son quotidien. Sourire de fierté. Plusieurs dizaines d'usagers en déficience physique et en santé mentale du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont transformé des blocs de neige en sculptures, jeudi, au parc de la Rivière-aux-Sables.

La jeune Taléna, 12 ans, tenait à témoigner... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 1.0

Agrandir

La jeune Taléna, 12 ans, tenait à témoigner son plaisir de participer à l'activité. En langage signé, traduit par son intervenant Véronique Guy, elle a fait part de son bonheur d'être présente pour une deuxième année.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Le jeune Antoine apprécie faire de la sculpture,... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 1.1

Agrandir

Le jeune Antoine apprécie faire de la sculpture, une occasion de jouer dans la neige.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Linda Vigneault, participante, était tout sourire lors du... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 3.0

Agrandir

Linda Vigneault, participante, était tout sourire lors du passage du Quotidien au parc de la Rivière-aux-Sables.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Tommy Beaulieu-Tremblay a profité de l'occasion pour laisser... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 3.1

Agrandir

Tommy Beaulieu-Tremblay a profité de l'occasion pour laisser libre cours à sa créativité. 

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Bien plus que les oeuvres qui prenaient forme sous les coups de pelles, ce sont les sourires qui attiraient l'attention au cours de la quatrième édition de l'activité organisée par le CIUSSS en collaboration avec Saguenay en neige. 

Les participants composent avec une déficience physique, visuelle, auditive, intellectuelle, un trouble du spectre de l'autisme ou de santé mentale. 

Peu importe leurs limitations, tous ont mis l'épaule à la roue afin donner des formes à la neige. 

«On arrive à adapter les outils et les façons de travailler aux difficultés de chacun», affirme Marc Boulianne, intervenant auprès de la clientèle présentant une déficience visuelle. 

Selon l'intervenant, participer à une telle activité apporte son lot de bénéfices. 

«Pour eux, c'est un défi hors du commun, quelque chose qui sort de l'ordinaire. C'est une belle façon de se dépasser et de construire quelque chose en équipe. Ça leur permet aussi de se rencontrer, de fraterniser. L'événement annuel leur permet de faire partie de Saguenay en neige et de croire que tout est possible.»

Josée Tremblay, éducatrice spécialisée en traumatologie et membre du comité organisateur de l'activité, abonde dans le même sens. «L'activité leur permet de sortir de chez eux, de faire quelque chose de différent. Pendant ce temps, ils ne pensent pas à la douleur. Tout se fait en respectant leurs limitations. On s'adapte et met chacun à contribution», explique-t-elle. 

Sur place, le sourire des participants en disait long sur le plaisir qu'ils prennent à participer à l'activité. 

«C'est la première fois que je sculpte. Ça fait du changement dans ma semaine. On est bien dehors. On travaille bien et fort», a soutenu Linda Vigneault, participante.

David-Alexis, 10 ans, participe à l'activité pour une deuxième année. «J'aime ça être dehors et faire de la sculpture.» Un avis partagé par son ami Antoine, 10 ans. «J'aime faire la sculpture. Ce n'est pas froid, je suis bien habillé», a-t-il affirmé malgré la glace qui commençait à s'installer dans ses cheveux. 

Tommy Beaulieu-Tremblay apprécie pour sa part l'occasion de laisser libre cour à son côté artistique. «C'est une très belle journée. Chez moi, je travaille le bois. J'ai beaucoup de créativité. J'aime voir les formes qu'on peut donner au bloc.»

Le sculpteur Raymond Gervais, au centre, a accompagné... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 4.0

Agrandir

Le sculpteur Raymond Gervais, au centre, a accompagné les personnes présentant des déficiences physiques et des problématiques de santé mentale qui ont participé à l'activité de sculpture dans le cadre de Saguenay en neige.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Le sculpteur Raymond Gervais, qui compose lui-même avec... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 4.1

Agrandir

Le sculpteur Raymond Gervais, qui compose lui-même avec un handicap, espère montrer que tout est possible.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Un mentor pour qui tout est possible

Les personnes présentant des déficiences physiques et des problématiques de santé mentale qui ont participé à l'activité de sculpture jeudi dans le cadre de Saguenay en neige n'auraient pu demander mieux comme coach. Le sculpteur professionnel Raymond Gervais a épaulé les participants tout au long de la journée.

L'artiste, qui compose lui-même avec un handicap, a accepté l'invitation avec un objectif bien clair en tête: montrer que tout est possible.

Raymond Gervais sculpte la neige depuis 32 ans. Il est un habitué de Saguenay en neige. Homme actif, il aime créer et pratiquer des sports.

Il y a trois ans, il s'est cassé un pied en jouant au hockey. Jamais il n'aurait cru que ce bête accident aurait des conséquences sur le reste de sa vie.

«On m'a posé des tiges de métal. Un mois après l'accident, ça n'allait pas», raconte-t-il. Une visite à l'hôpital a permis d'identifier la raison de la douleur persistante. «La bactérie mangeuse de chair était dans le portrait. Mon pied était dans tout un état. J'ai frappé un mur», confie-t-il.

Raymond Gervais a voulu évaluer les possibilités qui s'offraient à lui. Des opérations pour tenter de sauver son pied, ou l'amputation.

«Avec les opérations, j'avais 15% de chance de réussite et j'allais probablement vivre avec de la douleur toute ma vie.»

Il a eu le réflexe de téléphoner au Centre de réadaptation physique de Jonquière. Son premier contact avec l'endroit. «J'ai demandé quelles étaient mes chances de réussite avec une prothèse. J'avais 100% de chance de réussite.»

Il a choisi cette deuxième option. «Vivre avec la douleur, ça peut empêcher de faire bien des choses», explique-t-il.

Aujourd'hui, il ne regrette pas son choix.

«Je me suis dit que ça n'allait pas m'empêcher de continuer. J'ai tout recommencé. Je patine, je joue au hockey, aux quilles, je travaille. Tout est encore possible. Je le fais différemment, c'est tout.»

C'est justement pour montrer qu'il n'y a rien d'impossible qu'il a voulu accompagner les personnes qui présentent des déficiences physiques et mentales participant à l'activité de Saguenay en neige.

«C'est intéressant de les voir aller. J'espère les motiver à se dire qu'on peut faire n'importe quoi dans la vie. Se faire dire qu'on ne peut plus faire quelque chose, c'est ça le plus difficile», témoigne-t-il.

Sculptures

Raymond Gervais propose la sculpture «Avoir le coeur sur la main» dans le volet professionnel de la présente édition. «Je veux que mes oeuvres prennent un sens. Cette fois, la sculpture traite d'une façon d'être généreux à l'extrême en signant sa carte de don d'organes. J'aime passer un message», signale l'artiste.

Jusqu'au 6 mars, l'exposition «Raymond Gervais- Sculpteur d'émotions» est aussi présentée au Centre national d'exposition de Jonquière. L'exposition traite du parcours du créateur. La sculpture «Colombe en Neige» trône également à l'entrée du CNE.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer