La Coop devient proprio de la scierie Petit Paris

Laval Girard, du CLD Lac-Saint-Jean, Chantale Tremblay, d'investissement... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin)

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Laval Girard, du CLD Lac-Saint-Jean, Chantale Tremblay, d'investissement Québec, Claude Kenty, président de la Coopérative, Alain Président, directeur général de la Coopérative, Maude Vallée, de la Banque nationale, Louis Maltais, de Desjardins, et Jocelyn Lessard, de la FQCF, ont officialisé l'achat des actions de Résolu dans Produits forestiers Petit Paris.

Photo Le Quotidien, Louis Potvin

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Louis Potvin
Le Quotidien

En devenant l'unique propriétaire de la scierie de Produits forestiers Petit Paris, la Coopérative forestière Petit Paris croit être en meilleure position pour affronter le marché affaibli du bois d'oeuvre.

« Comme nous allons investir 4 M$ dans l'usine, nous allons faire des gains de productivité. Actuellement, avec le prix du bois d'oeuvre, c'est difficile d'être rentable, il faut absolument abaisser nos coûts de production. Ces investissements vont nous aider. En plus, nous avons déjà une usine performante. Nous croyons aussi que les prix vont se raffermir », a commenté le directeur général Alain Paradis.

Mercredi, en conférence de presse, la coopérative a officialisé l'achat des actions appartenant à Produits forestiers Résolu, sans en dévoiler le montant. C'est une divergence d'opinions sur les investissements à faire et le calendrier pour les réaliser qui a poussé la coopérative de Saint-Ludger-de-Milot à faire ce choix d'affaires.

C'est donc 4 M$ qui sont investis au cours des prochains mois afin de changer les équipements qui consomment du mazout lourd pour de nouveaux fonctionnant à la biomasse forestière. Ainsi, la capacité de séchage sera accrue de 20 % et permettra l'utilisation des écorces. En plus de réaliser des économies d'argent, la coopérative va réduire de 3363 tonnes par année ses émissions de gaz à effet de serre.

Entente avec Résolu

Bien qu'elle achète les parts de Résolu, la coopérative maintient un lien d'affaires. C'est la multinationale qui vendra le bois d'oeuvre sur les marchés. « Le contrat est clair, on ne sera pas désavantagé, ils vont le vendre dans leur panier de produits au même titre que leur bois. On ne passe pas en deuxième », a informé Paradis.

Pour ce qui est des copeaux, ils seront vendus aux papetières de la région ou d'ailleurs qui seront prêt à les acheter. La totalité du tonnage serait attribuée, selon le directeur général. Pour ce qui est des écorces, celles qui ne seront pas utilisées dans la chaudière seront expédiées dans les usines de cogénération de Dolbeau-Mistassini ou Saint-Félicien.

Alain Paradis espère toujours que le ministère des Forêts accorde un volume supplémentaire de bois à la scierie. « Nous avons besoin de 500 000 mètres cubes et nous avons environ 300 000 mètres cubes. Nous en achetons aux enchères, mais pour assurer notre développement et sécuriser nos investissements, nous aurions besoin d'au moins 75 % de notre capacité de transformation en bois garanti », a-t-il souhaité.

Maintien des emplois

Pour le président de la coopérative Claude Kenty, cette acquisition assure la centaine d'emplois de la scierie et les quelque 225 liés à la récolte forestière. « Notre coopérative forestière compte plus de 48 ans d'existence. Nous sommes dans une bonne situation financière avec un chiffre d'affaires de 36 M$ pour l'année 2014-2015. Au fil des années, nous avons relevé plusieurs défis avec succès. C'est avec enthousiasme que nous relèverons celui-ci », a-t-il déclaré.

La transaction de plusieurs millions a été rendue possible grâce aux partenaires financiers suivants : Banque Nationale du Canada, Investissement Québec, Desjardins, CLD Lac-Saint-Jean-Est et la Fédération québécoise des coopératives forestières.

Manque de leadership

Le maire de Saint-Ludger-de-Milot, Marc Laliberté, se réjouit de la transaction entre la Coopérative forestière Petit Paris et Produits forestiers Petit Paris. Il estime qu'il s'agit d'un message pour que les communautés se prennent en main.

« Il n'y a pas juste la grande entreprise qui compte. Nos PME régionales sont primordiales pour assurer notre développement économique. Il faut les soutenir et les aider à passer à travers en cette période plus difficile », a-t-il confié en marge de la conférence de presse.

Il estime que la région écope du manque de leadership régionale qui sévit actuellement. « Il faut que notre région se prenne en main. Notre coopérative démontre qu'elle veut prospérer. Par contre, on ne sent pas l'aide des gouvernements dans le soutien de nos PME. Les difficultés sont nombreuses, il va falloir que ça change », espère-t-il.

Le maire Laliberté pense que cette transaction sera positive à long terme. « Oui, c'est un gros défi pour la coopérative, mais c'est aussi un vent de fraîcheur. Je pense que la coopérative va être plus forte maintenant qu'elle est devenue l'unique propriétaire. C'est le moteur économique ici et ça va continuer. Ça annonce bien pour notre village qui est en plein emploi », a-t-il conclu.

Encore une excellente année

La Coop des deux rives a connu encore une excellente année en enregistrant des profits de 542 000 $ sur des ventes de 30 M$.

« Nous avons dépassé les volumes de ventes record de l'année passée en grains, céréales et essence, mais comme les prix ont été plus bas, le montant a été moins élevé que notre record de l'an dernier. Par contre, le bénéfice généré démontre que nous sommes dans une excellente situation financière », a indiqué le directeur général Dominique Tremblay.

Les quelque 300 membres vont se partager une ristourne de 198 410 $, calculés au prorata de leurs achats.

Aussi, une somme de 15 000 $ a été accordée en dons et commandites dans le milieu.

« C'est la force du mouvement coopératif de pouvoir réinjecter les profits dans nos milieux de vie, en maintenant nos capitaux dans nos communautés », a ajouté Tremblay.

Centre de grain

Cette année, la coopérative a investi dans son centre de grain. Le coût du séchage et du transport ont été abaissés, ce qui a permis de réaliser des économies malgré un volume légèrement en baisse. Au total, 65 000 $ ont été investis dans les infrastructures de la coopérative, qui compte 67 employés. « Maintenant que nous avons consolidé nos actifs, nous allons pouvoir travailler sur le développement et la diversification », a-t-il lancé sans donner trop de détails.

Ce désir de diversification s'est amorcé cette année avec l'acquisition du Centre de transformation des aliments de Normandin qui a permis de mettre en place le projet de repas gastronomique « Cuit dans le bec ». Plus récemment, la coopérative est devenue propriétaire du Kiosque André Lévesque, afin de développer le réseau de vente des produits maraîchers dans la région.

Pour le président de la coopérative, Gérald Rousseau, la relève est très importante. C'est pour cette raison qu'au lieu d'aider seulement une personne avec le Fonds coopératif d'aide à la relève agricole, la Coop des deux rives en a soutenu huit. « Maintenir une culture du succès passe aussi par une préoccupation constante pour la relève », a souligné le président, hier, lors de la tenue de l'assemblée générale annuelle.

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