Un défi de taille pour l'Église

Monseigneur André Rivest était l'invité du Cercle de... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Monseigneur André Rivest était l'invité du Cercle de Presse du Saguenay mercredi matin.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

L'Église fait face à un défi de taille. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean comme ailleurs, elle doit trouver le moyen de rejoindre la population, encore fortement catholique, mais peu pratiquante.

Mgr André Rivest estime que l'Église doit être à l'écoute de l'actualité et en tenir compte. Il n'hésite pas à se prononcer sur les dossiers qui marquent l'actualité et a dressé un portrait éclairé de l'Église actuelle.

«Notre Église est vivante, dynamique. Je ne m'illusionne pas, elle a évidemment les traits d'une Église qui vieillit. On a un problème majeur de relève, autant du côté des prêtres que des laïcs. Nos paroisses en arrachent sur le plan financier», confirme d'emblée l'invité du Cercle de presse de Saguenay, mercredi matin.

Selon les données de l'évêque, le diocèse comptait 254 300 personnes en 2015. Du nombre, 245 000 se déclarent catholique. Pourtant, plusieurs églises, délaissées, ont maintenant de nouvelles vocations.

Selon Mgr Rivest, le défi consiste à rejoindre la population qui se dit chrétienne dans une forte majorité. «Notre défi, c'est la transmission de la foi dans un langage qui correspond au peuple d'aujourd'hui. On fait face à une population qui n'a pas eu d'éducation à la vie chrétienne depuis des générations, ce qui a conduit à une méconnaissance de la foi chrétienne.»

L'évêque du diocèse de Chicoutimi confirme qu'un virage a été entrepris il y a quatre ans dans la manière de faire de l'Église. Un virage qui consiste à confier aux laïcs, appuyés par les prêtres et les équipes pastorales, la responsabilité de leur communauté.

«Il y a un affaissement de la foi chrétienne au Québec. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, ce n'est pas différent d'ailleurs. Auparavant, on avait une pratique de la foi très sociale. Tout le monde le faisait donc on le faisait aussi. Là, on a une non-pratique tout aussi sociale. Personne ne le fait, donc on ne le fait pas.»

En 2015, 17 fabriques sur 26 ont dressé un bilan financier déficitaire. Les prévisions pour 2016 ne sont pas plus reluisantes. Actuellement, 55% des fabriques ont des prévisions budgétaires déficitaires.

La transformation de certaines églises désaffectées au culte est devenue une solution dans certains milieux.

Monseigneur évoque notamment le cas de Saint-David-de-Falardeau, où l'église, en piteux état, sera démolie.

«L'église est condamnée parce qu'elle est dangereuse. Il fallait que la fabrique s'en départisse. La municipalité va payer 118 000$ à la fabrique, soit le montant pour la démolition, puis elle va utiliser le terrain. Ça rend service à la communauté et à la municipalité, parce qu'il y aura en permanence un lieu de culte. Les partenariats avec la municipalité, c'est le modèle qu'on privilégie.»

Ce qu'il a dit sur...

...Le dossier de l'ex-abbé Paul-André Harvey, reconnu coupable d'avoir abusé de 39 fillettes, qui a affirmé que ses supérieurs (notamment feu monseigneur Marius Paré) lui ont répondu de «prier plus fort» lorsqu'il leur a fait part de sa problématique:

«C'est une injustice dégueulasse vis-à-vis Mgr Paré. On dit n'importe quoi. Je tiens à dire que 95% des prêtres sont bien correct. Il faut remettre les choses en perspectives.»

***

... Les conclusions de la Commission de vérité et réconciliation sur l'héritage laissé aux enfants autochtones par les pensionnats fédéraux principalement dirigés par des prêtres catholiques:

«Il y a eu des erreurs par les membres de communautés religieuses, mais à partir d'une commande gouvernementale. Je trouve ça triste comme situation. Il y a eu un effort de «désinculturation» qui passait par le costume, la langue, l'alimentation. C'est des erreurs historiques. On a demandé pardon. Mais on (la commission) a oublié tout le pan positif de ce que ces gens de communautés religieuses ont fait dans l'éducation de ces jeunes. Il faut apporter des nuances.»

***

...La Loi 52 :

«Cette loi a été appelée très gauchement, pour ne pas dire faussement, «Loi sur les soins de fin de vie». Le gouvernement parle de Loi de soins de vie, en faisant la promotion d'une chose très positive, les soins palliatifs, mais en faisant aussi la promotion de la fin de vie, qu'on appelle nous à l'interne de l'euthanasie pure et simple. L'injection létale, même si elle est précédée par d'autres étapes, c'est une mise à mort. On ne peut pas être d'accord avec ça comme Église, comme croyants. Les gens sont mélangés, car on leur a présenté ça comme une manière de soulager la souffrance, comme s'il n'y avait pas d'autre manière que de terminer la vie abruptement, par injection létale. L'Église ne prône pas l'acharnement thérapeutique. Elle est contre le fait de provoquer la mort et pour le respect de la vie qui s'en va vers sa fin en soulageant la souffrance.»

***

... Le dossier de l'église Saint-Édouard de La Baie :

«Cette église est à vendre depuis des années. C'est triste. Il y a eu toutes sortes de magouilles liées à la vente de cet édifice, de la petite politique. Chacun tirait sur sa couverte, de sorte que ça n'a jamais abouti à cause de querelles internes. Pendant ce temps-là, l'édifice se détériore. La fabrique veut vendre, mais elle n'est pas capable. J'ai refusé un projet pour l'église: un casino.»

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