Nicole Houde n'est plus

Une Nicole Houde un peu fragile, mais rayonnante,... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

Une Nicole Houde un peu fragile, mais rayonnante, avait été récompensée, l'automne dernier, lors du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean (troisième à partir de la gauche).

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Daniel Coté
Le Quotidien

Nicole Houde n'est plus. La romancière originaire de Saint-Fulgence est décédée dans un hôpital de Montréal, cette semaine, à l'âge de 70 ans. Récipiendaire du Prix du Gouverneur général du Canada pour Les oiseaux de Saint-John Perse, un livre publié en 1994, elle laisse un espace béant dans le paysage littéraire de la région, mais aussi du Québec.

«Nous sommes en deuil», laisse échapper Céline Dion, membre du conseil d'administration de l'Association des écrivains professionnels de la Sagamie (APES). Ce sentiment partagé par plusieurs de ses camarades, ainsi que des milliers de lecteurs, tient à la qualité de l'oeuvre, qui comprend 14 titres, ainsi qu'aux liens tissés depuis leurs premiers échanges, qui remontent à six ans.

Responsable du projet La littérature aux abords des rivières, un circuit créé à l'initiative du Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean, elle avait joint Nicole Houde afin de préparer les notes biographiques qu'on peut lire aujourd'hui, près de la Pyramide de Grande-Baie. «J'avais reçu une super lettre à la suite de cette conversation. Elle était tellement contente», raconte Céline Dion.

Des rencontres ont suivi, dont un ultime échange en décembre, juste avant que l'état de santé de la romancière, déjà fragile, ne prenne un tour pour le pire. «Je lui avais parlé de la fin des Oiseaux, de l'hommage rendu à un homme qui s'apparentait à son père, un homme qui avait eu ses problèmes, mais qu'elle adorait, note l'amie de la disparue. Je me demandais si ce texte faisait partie ou non du roman. Nicole avait répondu oui.»

Une seconde naissance

Nicole Houde planchait alors sur un récit, un genre littéraire qu'elle jugeait plus difficile à fréquenter que le roman parce qu'il faut écrire au je. Aborder des sujets proches de sa vie ne l'intimidait guère, cependant. Dès 1986, avec La maison du remous, il avait été question d'une femme aux prises avec un problème de langage, une histoire puisée à même ses souvenirs d'enfance.

«Je m'étais inspirée de ma grand-mère, de sa manière de parler un peu à contresens. Ça m'intriguait quand j'étais jeune et c'est pourquoi le personnage principal, Laetitia, réalise qu'elle partage le même problème de langage que sa mère. Elle est happée par ce phénomène qui existe encore à Saint-Fulgence», avait mentionné Nicole Houde en 2013, lors d'une entrevue téléphonique accordée à l'auteur de ces lignes.

Elle venait d'assister à la seconde naissance de La maison du remous, réédité grâce au Prix Hervé-Foulon du livre oublié. «J'étais heureuse d'apprendre que j'avais gagné. Il y a des livres plus importants que d'autres et celui-là en est un», avait confié la romancière, dont l'une des dernières récompenses fut attribuée l'automne dernier. Grâce à La vie pour vrai, elle avait reçu le Prix roman 2015 attribué par le Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Ce soir-là, l'auteure était montée à la tribune avec les autres lauréats, laissant voir les instruments qui l'aidaient à respirer. «Ça avait touché beaucoup de gens de voir Nicole dans cet état, mais elle était rayonnante», rapporte Céline Dion, qui chérira longtemps le souvenir de cet hommage rendu à l'une des grandes voix de la littérature québécoise.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer