Revoir l'unité régionale

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Entrepreneur, Keyven Ferland est également président de la Chambre de commerce et d'industrie Lac-Saint-Jean-Est.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

La région peut faire mieux en matière d'unité, croit Keyven Ferland, fondateur de la Web Shop. Mais pour celui qui est né à Saint-Thomas-Dydyme, qui a grandi à La Baie, étudié à Jonquière et fondé son entreprise à Alma, l'unité sera plus atteignable après avoir bien défini l'identité du Lac-Saint-Jean et celle du Saguenay, deux territoires aux personnalités bien différentes.

Si les terres jeannoises sont fertiles en matière de créativité, la position de force du Saguenay, avec sa démographie et ses institutions, doit profiter au Lac-Saint-Jean. Un peu comme un grand frère, laisse tomber l'homme d'affaires. 

«Le Lac-Saint-Jean, on va souvent lui donner une définition plus rurale. Je comprends, car ça colle le paysage. La beauté là-dedans, c'est que les gens sont moins endoctrinés, ils ont moins d'idées préfaites, ils sont plus créatifs. Les entreprises qui sont venues au monde au Lac-Saint-Jean dans les 50 dernières années, il y en a qui se portent très bien à l'échelle provinciale, nationale et même internationale. Cette fibre-là doit être exploitée davantage», exprime M. Ferland, également président de la Chambre de commerce et d'industrie Lac-Saint-Jean-Est. 

Selon ce dernier, le Lac-Saint-Jean pourrait demander plus d'aide de la part du Saguenay, qui dispose d'atouts non négligeables.

«Saguenay peut jouer le rôle de grand frère. Et quand je parle de grand frère, c'est surtout en raison de la démographie, de l'expertise professionnelle. Quand tu as de la population, tu as des moyens, tu peux en faire davantage. À Saguenay, ça se développe beaucoup. Il y a l'université, le CIUSSS y a installé son siège social. Il faut en avoir conscience. À Saguenay, il y a aussi une belle ouverture sur les grands projets. Ça devrait être contagieux au lac, de faire grand, de voir grand. Si on jumelle cette capacité à voir grand avec la créativité jeannoise, on va prendre une place qui sera vraiment la nôtre dans l'économie des régions du Québec», espère l'homme d'affaires. 

Des pas dans la bonne direction

Le récent Sommet économique régional et les actions de certaines organisations, dont la création de la Zone boréale par la Table agroalimentaire, sont des pas dans la bonne direction, constate M. Ferland. Il y encore toutefois bien des efforts à faire pour améliorer le «branding» du Lac et du Saguenay. 

«On va prendre des décisions dans la région en se disant que la dernière fois c'est Saguenay qu'il l'a eu donc c'est au tour du Lac-Saint-Jean. Mais sans y aller de façon stratégique. À travers ça, il y a des débats politiques, des débats citoyens. Pendant ce temps-là, on n'avance pas. On se divise. On se chicane entre nous pour quelques sièges sociaux. Les jeunes de ma génération, les 20 et 30 ans, on se rallie derrière qui? Qu'est-ce qui fait qu'on veut implanter notre entreprise, fonder notre famille ici? Ça, c'est un peu flou. Je pense qu'il faut se ramener à qui on est, définir qui nous sommes. De la même manière qu'une planification stratégique dans une entreprise. C'est du "branding" en quelque sorte. Et plus le "branding" est fort, plus l'attraction est forte», mentionne l'entrepreneur. 

«L'idée n'est pas d'avoir 25 façons de vendre la région. Ça prend une ou deux façons qui sont claires et précises. On parle du bleuet depuis longtemps. Peut-être qu'on est rendus à l'étape de se demander si c'est réellement le bleuet qui définit notre région. On est une région qui a mis au monde plusieurs grandes personnalités, entrepreneur. On est une région avec une personnalité très forte, malgré son petit bassin démographique.»

Vision à long terme

L'entrepreneur déplore également le manque de vision durable. Trop d'élus prennent des décisions pour atteindre des objectifs à court terme. 

«Au Sommet économique régional, on parlait d'une planification sur 10 ans. Il faut aller plus loin que ça. Dans 30 ans, dans 50 ans, comment la région sera-t-elle? Elle offrira quoi? Cette vision va aider à prendre les meilleures décisions. À mettre l'ego de côté et à faire des choix pour l'avenir. Il ne faut pas se leurrer. On est dans un tournant extrêmement important. Il y aura de plus en plus de décisions difficiles à prendre, autant au niveau entrepreneurial que politique. Et si on n'est pas capables de faire le travail, de se projeter à long terme, on va mourir à petit feu», image le président de la Chambre de commerce

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