Photos osées: des élèves suspendus

Des jeunes garçons de l'école secondaire des Grandes-Marées de La Baie sont... (Photo tirée d'Internet, Pro Juventute)

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Pascal Girard
Le Quotidien

Des jeunes garçons de l'école secondaire des Grandes-Marées de La Baie sont présentement suspendus alors que la Sûreté du Québec enquête sur une histoire de production, possession et distribution de matériel pornographique juvénile.

Les jeunes suspendus ont été retirés de l'école et reçoivent leur scolarisation à l'extérieur des murs de la polyvalente, a appris de source sûre Le Quotidien.

«Plusieurs suspects ont déjà été rencontrés et il y en a encore d'autres à rencontrer», a indiqué une porte-parole de la SQ, Martine Asselin, lors d'une entrevue téléphonique accordée en fin de journée.

Des jeunes filles auraient envoyé des photos osées d'elles à leur petit copain. Plusieurs d'entre eux auraient ensuite partagé ces photos à l'intérieur d'un groupe. Aucun adulte n'est impliqué et il n'y aurait eu aucune mauvaise intention.

«Ce n'est pas un réseau qui s'est installé à l'école. C'est un groupe de jeunes qui s'échangeaient des photos entre eux», a-t-elle poursuivi.

Rare confirmation

Martine Asselin a confirmé que normalement, dans de tels cas, la SQ ne fait aucun commentaire avant que des accusations ne soient portées. Le porte-parole régional, Jean Tremblay, a toutefois senti le besoin de préciser certaines choses, après qu'un père de famille ait confirmé à Radio X une information qui avait commencé à circuler la veille. «Il y a des parents qui se sont manifestés. Et là ça prenait une tangente réseau», a-t-elle poursuivi. Des liens auraient pu être faits avec des informations récentes où des pédophiles s'échangeaient des informations et de la pornographie juvénile. C'est ce qu'a voulu éviter la SQ.

Lorsque l'enquête sera terminée, le dossier sera soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales. «Des accusations criminelles pourraient être portées», a confirmé une autre porte-parole de la SQ, Christine Coulombe.

Des jeunes garçons de l'école secondaire des... (Archives La Presse) - image 2.0

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Archives La Presse

Plusieurs formations par année à la Commission scolaire

Les jeunes qui se sont retrouvés au coeur de cette histoire ne peuvent plaider l'ignorance. Tous les élèves de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ont reçu plusieurs formations obligatoires sur le sujet au cours de la dernière année.

«Il y a des formations ponctuelles à l'école des Grandes-Marées qui sont très avancées. Elles sont obligatoires et adaptées à chaque niveau. Les ateliers portent sur l'hypersexualisation. Nous avions réagi à la disparition des cours de Formation personnelle et sociale», a indiqué en entrevue téléphonique la porte-parole de la commission scolaire, Hélène Aubin.

Cette dernière a confirmé qu'il s'agit de sextos (messages textes à caractère sexuel qui peuvent comprendre des photos) qui avaient été envoyés par les jeunes. Dans ce cas, ce sont des photos explicites qui auraient été envoyées par téléphone intelligent. «Les jeunes ne sont pas conscients des conséquences. Quand la photo part, tu ne la contrôles plus. Après elle se retrouve dans le cyberespace», a-t-elle enchaîné.

La direction de l'école a pris ce cas très au sérieux. «C'est considéré comme très grave et préoccupant. Les personnes impliquées ont toutes été rencontrées. Les intervenants de l'école ont été mobilisés», a poursuivi la porte-parole.

Hélène Aubin tient aussi à impliquer les parents. «Je veux lancer un message aux parents. Nous avons tous un rôle à jouer. Les parents ont le devoir de contrôler l'utilisation des téléphones intelligents», a-t-elle mentionné.

Des jeunes garçons de l'école secondaire des Grandes-Marées de... (Photo 123RF) - image 3.0

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Photo 123RF

L'acte criminel commence avec la photo

Il n'y a pas besoin d'avoir de partage élargi de photos pour qu'il y ait un acte criminel commis.

«Quand la fille se prend en photo, elle produit de la pornographie juvénile. Quand elle l'envoie, elle la distribue. Et le garçon qui la reçoit en possède. Mais quand ça vient à nos oreilles, c'est que la photo a été redistribuée. Quand le couple va bien, on n'en entend pas parler», a expliqué la porte-parole de la SQ, Martine Asselin.

Au sens de la loi, toute photo à caractère sexuel d'une personne mineure est considérée comme étant de la pornographie juvénile. Il revient au Directeur des poursuites criminelles et pénales de juger si la jeune fille doit également être accusée. Selon Martine Asselin, l'intention peut alors faire partie de l'équation.

Plus d'accusations

L'avènement des médias sociaux et des téléphones intelligents rend plus facile le partage de photos osées produites directement par les utilisateurs, par le biais de la caméra incluse dans le téléphone. «Depuis 2012, il y a cinq fois plus d'accusations. Nous avons une stratégie provinciale à la SQ.»

La porte-parole indique que plusieurs cas d'intimidation ou de chantage sont reliés au partage ou à la menace du partage de photos. Elle a même cité des cas de suicide de jeunes qui étaient directement reliés.

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