Le territoire de Desbiens triplerait

La demande d'annexion a été initiée par les... (Archives Le Quotidien)

Agrandir

La demande d'annexion a été initiée par les quelque 80 villégiateurs du chemin de la Pointe-aux-Trembles et des domaines des Marais et du Norois, située à l'entrée de Chambord.

Archives Le Quotidien

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laura Lévesque
Le Quotidien

En plus de gagner près de 120 résidences de Chambord, le territoire de Desbiens triplera si la demande d'annexion est acceptée. La municipalité, qui est l'une des plus petites de la région avec ses quelque 11 km carrés, demande l'ajout de 25,6 km carrés qui appartiennent à Chambord.

Avec l'adoption, vendredi dernier, du règlement approuvant les derniers plans d'arpentage, il est maintenant possible de connaître les délimitations réclamées.

Si, au départ, la demande comprenait principalement les secteurs riverains du chemin de la Pointe-aux-Trembles et des domaines des Marais et du Norois, située à l'entrée de Chambord, la superficie réclamée dépasse finalement le motel Lac-Saint-Jean, sur la route 169. Le tracé se poursuit dans les terres pour se rendre jusqu'à la route de Saint-André, avalant au passage les lacs Gagné et Almas ainsi que les villégiateurs qui y habitent. Ce nouveau territoire inclut également le terrain de l'usine Agropur.

Le territoire actuel de Desbiens se trouve à... (Photo tirée de Google Maps) - image 2.0

Agrandir

Le territoire actuel de Desbiens se trouve à droite de la rivière Métabetchouane. Si l'annexion est acceptée, c'est pratiquement toutes les terres et les rives à gauche de la rivière qui appartiendront aux Desbienois.

Photo tirée de Google Maps

Desbiens, qui devra toutefois investir pour approvisionner les riverains en eau potable, pourrait retirer des revenus en taxes dépassant les 200 000$ seulement avec les 80 résidants des domaines riverains.

La superficie du lac Saint-Jean appartenant à Desbiens sera également agrandie. En effet, chaque municipalité riveraine détient une portion du plan d'eau, donc Desbiens hériterait de celle située devant les terrains visés.

La parole à la MRC

Les deux MRC touchées disposent maintenant de 60 jours pour appuyer ou contester cette demande d'annexion qui, rappelons-le, fait suite à une demande de riverains souhaitant obtenir des services en eau potable et en égout de Desbiens. C'est la MRC Lac-Saint-Jean-Est qui gagnerait ce territoire au détriment de la MRC Domaine-du-Roy. Les élus de Chambord ont quant à eux 30 jours pour répondre. Sans surprise, la municipalité a déjà annoncé son opposition à cette demande, tenant à conserver ses quelque 120 résidants. Même si la municipalité possède une superficie terrestre de 120,2 km carrés, les élus ne sont pas prêts à faire une croix sur ces secteurs prisés, dont le lucratif territoire qui borde le lac Saint-Jean.

Dans un cas où tous les élus jeannois seraient contre cette initiative, il en reviendrait au gouvernement de trancher, rappelle le maire de Desbiens, Nicolas Martel.

«Au final, c'est le ministère qui tranche. Mais si le gouvernement suit la démocratie, il pourra difficilement dire non. C'est une demande provenant des citoyens, il ne faut pas l'oublier», rappelle M. Martel.

Le président de l'Association du domaine Le Marais, Robert Houle, espère que les élus suivront la volonté des citoyens en ne s'opposant pas à ce projet de fusion. Instigateur de cette demande d'annexion, le villégiateur de Chambord craint que des jeux de pouvoir viennent bloquer ou du moins retarder les démarches.

«Il y aurait une perte de revenue pour Chambord et la MRC Domaine-du-Roy, donc c'est évident que les élus seront moins en faveur. S'ils votent contre, ce sera une question d'argent. Mais il faut voir plus loin que ça. D'abord, la superficie n'est pas farfelue et c'est géographiquement logique. En plus, cet ajout à Desbiens viendrait équilibrer les territoires», estime M. Houle, rappelant que la quasi-majorité des résidants touchés ont voté en faveur de la fusion.

Le territoire visé s'arrête entre le chemin du Rocher Percé et le chemin de la Petite Martine, à quelques mètres de la résidence de Jacques Girard. Le riverain, qui avait lancé une deuxième pétition pour faire partie de l'annexion, est visiblement déçu.

«On paye beaucoup de taxes à Chambord, mais on a beaucoup de problèmes. J'aurais aimé ''déménager'' à Desbiens», exprime le riverain.

Même si son terrain ne fait pas partie des plans, Desbiens pourrait étendre son service d'eau et d'égout à cet endroit, croit le maire Nicolas Martel.

«Il y avait des gens qui voulaient faire partie de l'annexion et qui résidaient à quelques mètres des limites qu'on a fixées. Il fallait bien mettre une limite quelque part. Ça ne veut toutefois pas dire, si l'annexion est acceptée, qu'on ne pourra pas offrir des services aux gens qui demeurent non loin de là. Il faudra voir notre capacité à ce moment-là», précise M. Martel.

Le projet de développement pourrait renaître

Sur la glace depuis plusieurs mois, le projet de développement de terrains de villégiature à Chambord, près du camping Blanchette, pourrait reprendre de la vigueur si l'annexion à Desbiens se concrétise. C'est ce que laisse entendre le promoteur de ces quelque 70 unités d'habitation, Éric Claveau, estimant que les démarches seraient plus faciles avec une seule municipalité dans le décor.

«Nos terrains se trouvent à Chambord, mais c'est Desbiens qui devait nous fournir en eau potable et traiter nos égouts. Les deux municipalités devaient s'entendre. On attendait un dénouement, mais on a bien vu que les discussions étaient difficiles. Je pense qu'avec l'annexion, la situation serait plus favorable à la concrétisation de notre projet», répond M. Claveau, questionné par Le Quotidien sur l'avenir de son projet.

Ce dernier travaille sur ce site de villégiature depuis près de trois ans. Avec la collaboration du camping Blanchette, il visait l'aménagement de résidences sur deux sites distincts en bordure du lac Saint-Jean. Des sites situés à l'entrée du territoire actuel de Desbiens.

À l'hiver 2015, les maires des deux municipalités avaient entamé de sérieuses discussions pour en venir à un protocole d'entente en vue du projet de M. Claveau. Le partage des coûts et des revenus en taxes foncières faisait partie des scénarios envisagés. La demande d'annexion déposée en juin dernier a toutefois mis un terme aux pourparlers.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer