La retraite anticipée plutôt que le remboursement

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Louis Potvin
Le Quotidien

La rentrée des employés de garage complique la vie d'un concessionnaire de Roberval qui doit engager de nouveaux mécaniciens.  Les anciens ont décidé de prendre leur retraite.

L'un d'eux était dans le bureau du patron, lundi matin, pour y faire part de son intention. « Je suis rendu à 55 ans et plus de 34 ans de services. Rendu à mon âge, le calcul n'est pas difficile à faire. Ce n'est pas payant pour moi de retourner au travail et d'avoir l'obligation de rembourser 240 $ par semaine au syndicat. Ma décision n'a pas été difficile à prendre et il y a plusieurs mécaniciens qui vont faire comme moi », a témoigné ce mécanicien qui a tenu à garder l'anonymat.

Son patron a indiqué qu'il était le quatrième à se prévaloir de sa retraite. « Ce matin, je n'ai pas de mécaniciens qui sont rentrés au travail. Je devrai donc en embaucher au cours des prochains jours. Il faudra que je parle à l'association des concessionnaires pour voir comment je dois procéder avec le nouveau contrat de travail », a-t-il mentionné, préférant ne pas être identifié.

Il pense que ça va être difficile de trouver un employé qui sera prêt à payer 240 $ par semaine pour rembourser le syndicat s'il n'est pas un ancien lock-outé.

Sur le nombre d'employés en lock-out, seulement trois étaient au travail lundi matin chez ce concessionnaire de Roberval : un commis aux pièces, un homme de service et une personne à la comptabilité.

« L'ambiance est bonne, car il n'y a pas eu d'animosité pendant le conflit. On a fait la part des choses et je n'ai rien à reprocher aux patrons. Nous sommes restés de bons amis pendant ces longs mois de conflit », a indiqué le mécanicien qui prend sa retraite.

Les patrons affirment que les trois employés ont été très bien accueillis.

« Ça s'est fait dans la bonne humeur et avec le sourire. Tout le monde est heureux que ce soit terminé », a mentionné le propriétaire.

«Un conflit inutilement long», dit la FTQ

(Denis Villeneuve) - La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) salue les membres du Syndicat démocratique des employés de garages Saguenay-Lac-Saint-Jean (CSD) qui ont ratifié à 94% l'entente de principe intervenue la semaine dernière entre le syndicat et le groupe des employeurs. «Nous saluons le courage des travailleurs et travailleuses qui ont subi près de trois ans de lock-out. Ce conflit a été inutilement long, il a infligé des coûts épouvantables aux familles touchées et à la communauté. Nous faisons le souhait qu'il serve de précédent pour que ça ne se reproduise plus jamais au Québec», a commenté le président de la FTQ, Daniel Boyer.

La FTQ et ses syndicats affiliés ont exprimé leur solidarité aux syndiqués de la CSD et à leurs familles à plusieurs reprises au cours de près de trois années, notamment par d'importants dons en argent et par des manifestations.

«Ce lock-out, le plus long de l'histoire de nos relations de travail, a été très douloureux pour notre région. Les 26 employeurs concernés ont mis en lock-out 450 personnes pendant 35 mois, c'est énorme pour notre région!», s'est insurgé le conseiller régional Saguenay-Lac-Saint-Jean de la FTQ, Marc Maltais.

«Le Code du travail prévoit la grève et le lock-out pour permettre aux parties de négocier et d'en arriver à une entente, pas pour éliminer l'adversaire comme s'il s'agissait d'une guerre», a-t-il ajouté.

La FTQ invite la population à reprendre ses habitudes chez les concessionnaires de leur région.

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