Policiers à l'affût

Les policiers de la Sécurité publique de Saguenay,... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Les policiers de la Sécurité publique de Saguenay, Éric Allard et Régis Munger, ont à l'oeil les motoneigistes qui ne respectent pas la Loi sur les véhicules hors route.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Que les motoneigistes se le tiennent pour dit: les policiers de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) les ont à l'oeil. Vitesse, immatriculations, droits de passage, systèmes d'échappement, miroirs et sièges, les membres de l'Unité de support opérationnel (USO) ne lésineront sur aucun détail afin de faire respecter la Loi sur les véhicules hors route.

La motoneige gagne en popularité et nombreux sont les amateurs de la région à sillonner les centaines de kilomètres de sentiers balisés situés sur le territoire du Royaume. Si nombre d'amateurs pratiquent leur loisir favori dans les règles de l'art, il existe toujours une catégorie de conducteurs récalcitrants ou carrément insouciants, dont les comportements peuvent présenter des risques pour leur propre sécurité et celle des autres.

Les policiers Éric Allard et Régis Munger passent une bonne partie de leur temps, en hiver, à observer les comportements des motoneigistes. Ils le font à partir de voitures banalisées, près des endroits fréquentés par les adeptes, ou carrément à dos de motoneige, dans les sentiers régis par les clubs. Lorsqu'ils sont sur le terrain, les agents Allard et Munger remettent, en moyenne, une dizaine de billets d'infraction par jour.

«Le monde roule vite. Il y a beaucoup de témérité. Il y a des gens qui se disent ''je peux contrôler la machine''», table Éric Allard.

De plus en plus, les sentiers des clubs de motoneiges se situent à proximité des quartiers résidentiels, ce qui fait en sorte que plusieurs motoneigistes sont tentés de circuler sur des terrains privés, même si l'accès leur est interdit. Des plaintes sont souvent formulées à la police par des propriétaires mécontents qui sont las de voir ces puissantes machines filer à toute allure, à un jet de pierre de leur résidence.

«Les trois quarts des accidents surviennent en dehors des sentiers, souvent sur des terrains privés. Il y a des gens irrespectueux qui vont même jusqu'à couper des clôtures pour avoir accès à un terrain», relate Éric Allard. Il cite, en exemple, un propriétaire jonquiérois qui a eu maille à partir avec des conducteurs de motoneiges. Le citoyen a même été victime de voies de fait.

Le policier Munger note pour sa part l'utilisation fréquente de la voie publique par des motoneigistes, une façon de faire en tous points illégale.

«Les gens traversent l'autoroute. On en a pris sur le fait dans le secteur de la rue Saint-Hubert. Il y a même du monde qui traverse le pont Nelson en motoneige», pointe-t-il.

Légende urbaine

La croyance populaire voulant que les motoneiges détiennent le droit de circuler sur la voie publique sur une distance maximale d'un kilomètre n'est que légende urbaine, rappellent les deux policiers, qui doivent fréquemment remettre les pendules à l'heure.

L'agent Allard rappelle l'article 11 de la Loi sur les véhicules hors route, laquelle stipule que seul un travailleur dont les fonctions requièrent l'utilisation d'une motoneige ou d'un VTT a le droit d'emprunter un chemin public. Une mauvaise compréhension subsiste également au chapitre des trottoirs et des pistes cyclables entretenus par la ville, réservés à l'usage des piétons.

Des amendes salées

S'ils enfreignent la Loi sur les véhicules hors route, les motoneigistes fautifs s'exposent à des amendes salées. Les billets d'infractions peuvent atteindre 550$, en plus des frais administratifs applicables.

Lorsqu'ils interceptent des conducteurs, les policiers vérifient une série d'éléments. Ils s'assurent que chaque pilote détient une vignette émise par un club de motoneige lui permettant d'avoir accès aux différents sentiers, de même que les assurances requises. La plaque d'immatriculation doit être bien en vue et chaque motoneige doit être dotée d'au moins un miroir. Le siège du véhicule doit être adapté pour deux personnes, si le conducteur est accompagné d'un passager.

«Les infractions les plus fréquentes sont l'absence d'une vignette ou la circulation sur la voie publique. On fait également des vérifications sur les systèmes d'échappement. Ils doivent posséder la certification SSCC», explique Éric Allard, policier au sein de l'Unité de support opérationnel de la SPS. Les casse-cous qui songent à modifier leur bolide afin de le rendre plus bruyant ont intérêt à y penser deux fois avant d'agir, puisqu'ils risquent d'écoper d'une amende de 275$.

Quant aux limites de vitesse, fixées à 70 kilomètres par heure sur les pistes de motoneige et à 50 kilomètres par heure dans les sentiers de VTT, les policiers conviennent que certains amateurs ont le pouce pesant. Et même si les policiers ne sont pas toujours présents sur les lieux pour les appréhender, ces conducteurs doivent se rappeler qu'ils ne sont pas intouchables. Les patrouilleurs des sentiers de la Fédération des clubs de motoneiges du Québec (FCMQ) peuvent les intercepter. Les détails sont plus tard acheminés aux agents de la paix, qui rédigent les billets d'infraction à distance et les font parvenir aux propriétaires.

Plusieurs motoneigistes prennent la fuite

Il est impossible, pour Éric Allard, Régis Munger et leurs collègues de mettre la main au collet de tous les motoneigistes qui prennent le guidon après avoir consommé de l'alcool. La plupart des opérations policières se déroulant pendant la journée, les conducteurs en état d'ébriété s'en tirent souvent à bon compte le soir. Toutefois, les patrouilleurs affectés à la surveillance du territoire viellent eux aussi au grain et se postent à proximité de sentiers qui sont beaucoup fréquentés.

Les policiers de l'USO, aussi associés à la patrouille nautique de la Sécurité publique de Saguenay (SPS) en été, voient régulièrement des motoneigistes prendre la poudre d'escampette lorsqu'ils sont interpellés par des membres des forces de l'ordre. Bien en selle sur leurs puissants bolides, certains voyous filent carrément entre les doigts des policiers, ce qui peut être frustrant pour eux. Mais comme tout ce qui monte redescend, les policiers Allard et Munger croient qu'un retour de l'ascenseur est inévitable pour ces cow-boys de l'or blanc qui refusent de se plier aux exigences de la Loi.

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