Faiblesse du dollar: savoir en tirer profit

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

On dit que la faiblesse du dollar canadien favorise les exportations, car les produits payés en dollars américains coûtent moins cher à nos voisins du sud. Qu'en est-il réellement pour les PME exportatrices de la région? Nous avons pu en rejoindre deux, ainsi qu'une grande entreprise, Produits forestiers Résolu.

La baisse importante de la devise canadienne a un impact certain sur les entreprises exportatrices de la région. Les effets positifs ne sont toutefois pas aussi marqués que la faiblesse du huard.

«Le succès ou l'insuccès des ventes à l'international dépend de beaucoup de facteurs. La baisse du dollar, c'est un facteur parmi d'autres», affirme d'emblée André Martel, vice-président directeur général chez Mecfor.

Pour l'entreprise, la baisse du dollar présente des avantages et des inconvénients.

«Ça fait beaucoup jouer les coûtants de nos produits. Dans certains cas, ça peut même avoir un impact à la hausse sur nos prix de vente. Pour nos clients canadiens, ç'a un impact négatif. Quand on s'approvisionne de matières américaines, ça engendre des augmentations de prix pour eux», affirme André Martel, qui explique que leurs équipements sont faits en partie de pièces provenant des États-Unis.

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Pour André Martel, vice-président directeur général chez Mecfor, la baisse du dollar présente des avantages et des désavantages.

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M. Martel souligne également que la baisse du dollar n'est pas aussi avantageuse qu'on pourrait le croire pour les clients américains.

«Pour les exportations nettes aux États-Unis, ça peut être positif, mais la variation nette de la devise n'est pas nécessairement une économie nette pour le client américain. On a des produits qu'on importe des États-Unis, donc qu'on paie plus cher. Au final, le client américain peut peut-être faire une petite économie, mais elle n'est pas aussi importante que les simples devises pourraient le suggérer», explique-t-il, estimant que 50% du marché de Mecfor se trouve au Canada, l'autre moitié aux États-Unis.

André Martel confirme que les variations nécessitent beaucoup d'ajustement.

«C'est complexe tout ça. Depuis environ quatre ans, on dormait tranquille avec les variations de devises. Depuis six mois, on a des casse-tête incroyables ne serait-ce que pour contrôler nos prix de revient», souligne-t-il.

Pexal-Tecalum

Chez Pexal-Tecalum Canada située à Alma, on songe à diversifier les produits afin de tirer profit de la faiblesse du huard.

L'entreprise d'extrusion d'aluminium doit payer sa matière première en argent américain. C'est donc dire qu'actuellement, il lui en coûte plus cher pour s'approvisionner.

«Notre matière première, qui représente entre 60% et 75% de notre coût, on la paie déjà en dollars US, donc on la paie plus cher. C'est le cas aussitôt que le dollar canadien baisse», explique Sylvain Gagnon, président-directeur général de l'entreprise.

Afin de tirer profit de la baisse du dollar, l'entreprise songe à exporter des produits finis qui s'éloignent davantage de la matière brute payée en dollar US.

«Il faut trouver des astuces et offrir des produits finis aux clients, pas un produit brut. Ça nous rendrait plus compétitifs sur le marché de l'exportation. Si on ajoute la peinture à notre produit, notre client américain sauve 30% sur chaque dollar de peinture. Quand on a de l'aluminium, il ne sauve pas 30% parce que 70% du produit est composé de matière première déjà achetée en argent américain. Il économise donc 30% sur seulement 30% du produit. Ce n'est pas significatif.»

PFR: avantageux à court terme

La faiblesse du dollar a un effet positif sur les exportations de Produits forestiers Résolu (PFR), mais les retombées sont de courtes durées et la compétitivité demeure un combat de tous les instants.

«C'est clair que pour des entreprises comme nous qui exportent, la baisse du dollar, c'est positif, puisqu'on produit en dollar canadien, mais on vend en dollar américain. Cet avantage est toutefois vite rattrapé par le marché», explique Karl Blackburn, porte-parole de PFR.

Produits forestiers Résolu doit tirer son épingle du jeu en se mesurant à des compétiteurs provenant de plusieurs pays.

«Énormément de pays ont vu leur monnaie dévaluer ou subir des baisses importantes par rapport au dollar américain. Nos compétiteurs qui ne sont pas américains sont dans le même panier que nous. Ils ont eux aussi vu leur monnaie fondre», affirme-t-il, soulignant que le Canada, mais aussi le Mexique, le Brésil et des pays d'Europe figurent sur la liste des compétiteurs de PFR.

«La baisse du dollar, c'est un avantage intéressant, mais qui se réajuste par le marché de façon très rapide. L'impact n'est pas à la hauteur de la baisse du coût du dollar.»

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