Palmarès des carrières: les métiers spécialisés ont la cote

«Il y a une grosse demande pour les... (Photo Le Soleil, Caroline Grégoire)

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«Il y a une grosse demande pour les métiers spécialisés. Le marché du travail s'arrache certains diplômés et malheureusement, ces choix-là souffrent encore de préjugés», déplore Martin Rochette, pdg de Septembre éditeur.

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Le niveau de stress des étudiants de cinquième secondaire montera d'un cran d'ici le 1er mars, date limite pour déposer une demande d'admission en formation professionnelle ou au cégep. Et comme 80 % des élèves du secondaire sont indécis par rapport à leur choix de carrière, le nouveau guide de Septembre éditeur devrait pouvoir leur donner un coup de pouce.

Pour sa 12e édition du Palmarès des carrières, Septembre éditeur a fait le choix délibéré d'exclure les carrières universitaires pour se concentrer sur la formation professionnelle et technique. «Il y a une grosse demande pour les métiers spécialisés. Le marché du travail s'arrache certains diplômés et malheureusement, ces choix-là souffrent encore de préjugés», déplore Martin Rochette, pdg de Septembre éditeur.

Selon lui, le Québec a un urgent besoin de redonner du lustre aux métiers, qui sont parfois aussi bien payés que des postes universitaires. Par exemple, un conducteur de grue gagne en moyenne 1900 $ par semaine, tandis qu'un pharmacien gagne 1700 $ par semaine.

«On pense encore aujourd'hui que l'université, c'est la seule voie royale», dit M. Rochette, justifiant son choix de ne pas s'y attarder. «Il y aura toujours des gens qui vont aller à l'université. On n'a pas besoin de les encourager, ça fait partie du cheminement normal», plaide-t-il, rappelant qu'un seul ingénieur fait travailler trois ou quatre techniciens.

Pour ce qui est des diplômes d'études professionnelles (DES), ils sont encore considérés comme «une voie de garage», remplie de décrocheurs. «Ce n'est pas le cas! Il y a même des gens qui se rendent à l'université avant de se rendre compte qu'ils sont faits pour travailler avec leurs mains ou sur le terrain», raconte M. Rochette.

Le guide s'adresse aux élèves, mais surtout à leurs parents. «Les parents, ce sont les personnes qui ont le plus d'influence. Ça dépasse les amis, ça dépasse les conseillers d'orientation», explique M. Rochette. Et ils sont ceux qui peuvent motiver leur jeune de 16 ans à se faire une tête sur ce qu'il veut faire dans la vie. Trop d'entre eux remettent à plus tard les questionnements, disant à leur adolescent qu'il a bien le temps de décider. Mais un étudiant qui fait un choix de carrière à l'aveuglette a plus de chances de déchanter dès ses premiers cours. M. Rochette y va de statistiques : au cégep, un étudiant sur trois change de programme, tandis qu'un étudiant sur quatre abandonne carrément ses études.

La palme à la santé

Sur les six palmes que décerne Septembre éditeur aux métiers les plus prometteurs (voir tableau), trois sont dans le domaine de la santé. «C'est révélateur. Il faudra composer avec un vieillissement de la population, alors ça va de soi», explique M. Rochette.

Pour arriver à choisir les 150 métiers qu'elle considère «prometteurs», Septembre éditeur a concocté un processus d'évaluation rigoureux, basé sur cinq critères : l'insertion sur le marché du travail, le maintien en emploi, la mobilité géographique, la diversité des milieux de pratique et la valeur ajoutée de chaque carrière.

Dans le guide, il y a une trentaine d'entrevues réalisées avec des finissants, des sections régionales et, surtout, une section «Avis de recherche», où on présente des métiers très demandés, mais qui sont méconnus ou boudés par les jeunes.

Des programmes traditionnels, comme boucher ou tailleur de pierre, peinent à attirer des étudiants. Au Cégep de Thetford Mines, il y avait sept finissants en techniques de plasturgie l'an dernier, alors que 500 entreprises au Québec travaillent dans ce domaine. Le diplôme d'études collégiales (DEC) en technologie de la géomatique souffre du même problème au Cégep Limoilou.

Le Palmarès des carrières est offert en librairie au coût de 19,95 $. Les jeunes peuvent aussi trouver de l'information et visionner des vidéos de finissants qui exercent leur métier au www.1ermars.monemploi.com.

Vers un retour aux cours d'orientation

Disparu des écoles secondaires depuis le début des années 2000, le cours Éducation au choix de carrière n'a jamais été remplacé par un réel équivalent. Certaines écoles secondaires demandent à leurs étudiants de préparer leur Projet personnel d'orientation (PPO), dans lequel les jeunes explorent des milieux de travail. Mais cette formation demeure optionnelle. Il reste des conseillers en orientation dans les écoles, que l'élève est libre de consulter ou non.

«C'est de valeur parce que les étudiants au secondaire sont un peu laissés à eux-mêmes actuellement», croit Martin Rochette, pdg de Septembre éditeur. Les choses pourraient toutefois s'améliorer un peu. Depuis deux ans, le ministère de l'Éducation mène un projet pilote dans les écoles. Quelques heures de cours sur les différents parcours scolaires et le monde du travail sont données chaque année, de la cinquième année du primaire à la cinquième année du secondaire. À Québec, l'école primaire de La Source et l'école secondaire privée Saint-Jean-Eudes participent au projet pilote, indique Bryan St-Louis, porte-parole du ministère de l'Éducation.

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