Climat malsain dans les cuisines de la prison

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Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) craint pour la sécurité des cuisiniers et aides-cuisiniers qui doivent travailler dans une aire de préparation de repas avec cinq détenus

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Louis Potvin
Le Quotidien

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) craint pour la sécurité des cuisiniers et aides-cuisiniers qui travaillent au nouveau centre de détention de Roberval et déplore le climat malsain qui y règne.

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Une aire de préparation de repas a été aménagée afin que cinq détenus puissent y travailler pour préparer les plateaux de nourriture. «Il y a un cuisinier qui se trouve à l'intérieur de l'aire vitrée avec les détenus. Au début, le cuisinier était accompagné d'un agent correctionnel afin d'assurer la sécurité. Or, au milieu du mois, ils ont décidé de l'enlever, car ils jugeaient que c'était suffisant. Une décision que nous trouvons inadmissible. D'ailleurs les employés ont refusé de rentrer travailler le 12 janvier. Nous avons soumis le dossier à la CSST», mentionne la présidente régionale du SFPQ, Brigitte Claveau.

Selon elle, la CSST a demandé à l'employeur de trouver une solution pour mieux assurer la sécurité du personnel. «Finalement, la direction a décidé pour l'instant de ne plus utiliser les détenus pour faire ce travail», ajoute-t-elle.

Le centre de détention de Roberval serait le seul établissement carcéral à avoir ce type d'aménagement pour faire travailler les détenus à la cuisine. «Nous avons eu beaucoup de téléphones de la part d'employés qui étaient en pleurs, car ils avaient peur de ce qui pouvait survenir. Ils ont reçu une journée de formation en cas d'agression, vous pensez que c'est suffisant? Comment peut-on garantir à un cuisinier que sa sécurité est assurée alors qu'ils se retrouvent dans un endroit clos avec des détenus même si un agent correctionnel surveille de l'extérieur l'endroit qui est vitré et verrouillé par l'extérieur», questionne Brigitte Claveau.

Elle pense que de faire travailler les détenus est une façon détournée de vouloir faire des économies sur le dos des salariés. «De plus, il y a des pertes monétaires, car si un détenu touche à la nourriture, elle doit être jetée immédiatement».

Privatisation

La présidente déplore l'attitude de la direction qui brandit la menace de privatiser le service si les employés ne veulent pas s'astreindre à cette nouvelle tâche. «Comme dix des douze personnes sont des employées occasionnelles, elles n'osent pas dire non de crainte de perdre leur emploi. À la prison de Percé, les services alimentaires ont été donnés au secteur privé, mais le recours à la sous-traitance engendrait en 2012-2013 un surcoût de 23,4% par rapport au travail effectué à l'interne. Il est donc plus économique de confier la préparation des repas à son propre personnel», sert-elle comme exemple.

Elle souligne également que la gestion des effectifs n'est pas optimale. «Il manque souvent de personnel. Ce week-end, ils n'étaient que quatre pour préparer et servir 160 repas. Ils auraient dû être sept. Au lieu que la nourriture ait été prête à 11 h, elle l'a été à 11 h 30. Évidemment, ç'a généré du mécontentement chez les détenus», informe-t-elle.

Aussi, la familiarisation aux nouveaux équipements et le manque de formation sont venus compliquer le travail de ces 12 personnes.

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