Le gouvernement regarde passer le train

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Nicolas Marceau, ex-ministre des Finances, affirme que la stratégie de transformation de l'aluminium adoptée par le gouvernement libéral en juin dernier est insuffisante pour le développement des entreprises régionales.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Le passage dans la région du caucus du Parti québécois sera l'occasion pour les députés présents de discuter de délocalisation des emplois à l'heure où Novelis, Graphic Packaging et l'Usine Dubuc ont fait l'objet de fermeture ou de pertes de contrats importants. Au-delà de ces fermetures, toutes les stratégies d'intervention du gouvernement Couillard devraient faire l'objet d'une révision complète.

De passage dans la région, l'ex-ministre des Finances, Nicolas Marceau, accompagné du député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, critique largement la stratégie du laisser-aller du gouvernement Couillard qui, selon lui, se permet de regarder passer le train pendant qu'on assiste à une désindustrialisation de la région. « Le gouvernement actuel a défait beaucoup de mesures qui aidaient les régions avec la disparition des CLD, des Conférences régionales des élus ou encore des crédits d'impôt pour l'industrie de l'aluminium. Pour des raisons philosophiques, le gouvernement ne croit pas aux mesures qui avaient été mises en place », explique M. Marceau.

Il cite en exemple la dernière entente sur les tarifs d'électricité signée avec Rio Tinto Alcan (RTA), qui aurait dû faire l'objet d'une obligation pour la compagnie de procéder à une annonce d'investissement pour les phases 2 et 3 de l'usine-pilote AP-60, ou encore l'expansion de l'aluminerie Alma plutôt que de continuer sur l'ère de l'entente de 2006.

M. Marceau ajoute que le Parti québécois réfléchira d'ici l'élection de 2018 aux façons de contrer la délocalisation des emplois, notamment en obligeant les entreprises à adopter des mesures d'intéressement des employés, des communautés, des sous-traitants et autres à leur capital-actions des entreprises. M. Marceau rappelle qu'un comité ayant à sa tête l'expert Claude Séguin a produit un rapport sur la protection des sièges sociaux au Québec. Ce rapport, déposé en même temps que le dernier budget provincial en mars, proposait plusieurs changements à la loi et à la fiscalité favorables au maintien des sièges sociaux en terre québécoise. « On ne dit pas que l'on possède tous les ingrédients pour le maintien des emplois et sièges sociaux au Québec, mais au plan philosophique, on pense qu'on ne peut plus laisser aller le système à lui-même. »

Inaction

Les deux élus du Parti québécois affirment que le gouvernement Couillard se traîne les pieds dans le dossier de la négociation avec le fédéral du programme du financement des infrastructures, lequel comprend plusieurs volets dont un vise à financer les projets municipaux. « Le premier ministre Couillard a annoncé en avril ou mai 2014 la conclusion d'une entente que nous avions négociée lorsque nous étions au gouvernement. Depuis, il ne s'est rien passé. On n'a absolument rien obtenu », critique M. Gaudreault.

C'est le cas également au chapitre des investissements dans la région où aucune annonce d'importance n'a été effectuée, le gouvernement libéral continuant de surfer sur des projets annoncés par l'ancien gouvernement péquiste.

Dans une période où le gouvernement fédéral songe à créer un déficit pouvant aller jusqu'à 30 G$ dans le cadre d'un budget expansionniste pour stimuler l'économie du pays, M. Marceau croit qu'il est important qu'il y ait un accord afin que tous poussent dans le même sens. « Je ne crois pas que le gouvernement va bouger et qu'il va changer sa politique budgétaire. Il faudra analyser si les coupes qu'il a faites l'ont été de façon intelligente. »

Ce sera le cas dans le secteur de la santé où le ministre Gaétan Barrette a profité de sa position pour enrichir les médecins d'un montant de 600 M$ supplémentaire sans se préoccuper d'abaisser les coûts du système de santé. La lutte au surdiagnostic pratiqué par des médecins constitue une des mesures pouvant permettre d'économiser jusqu'à 5 G$ par année, selon l'Association médicale québécoise.

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