Des Jonquiérois au coeur du drame au Burkina Faso

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L'attentat au Burkina Faso a fait au moins 29 morts.

La Presse Canadienne

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Les cinq membres de la famille Rousseau, de Jonquière, se portent à merveille. Ils sont en sécurité, s'amusent comme ils le peuvent, notamment en jouant aux cartes dans une résidence de Ouagadougou, au Burkina Faso.

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Camille, Gaston, Raymond, Bertrand et Claire Rousseau se trouvent au Burkina Faso.

Photos courtoisie

Ils se trouvent pratiquement au coeur de l'épicentre de l'attentat contre un hôtel de la capitale, qui a été perpétré vendredi par des membres du groupe extrémiste al-Quaïda.

Le coopérant Bertrand Rousseau se trouve à Ouagadougou depuis le mois de septembre. Ses frères Gaston et Raymond et leur soeur Claire, de même que leur nièce Camille Rousseau sont arrivés dans la capitale du pays depuis environ une semaine. Ils y sont pour y voir des amis et donner un coup de main à leur frère Bertrand.

«Nous allons très bien. Nous sommes en sécurité dans une résidence», explique brièvement Claire, lors d'un entretien téléphonique avec Le Quotidien.

La communication est difficile, pour ne pas dire très difficile au téléphone entre le Canada et l'Afrique. Mais la voix de la dame est très bonne. On n'y sent pas de crainte.

«Nous n'avons pas eu connaissance de l'attentat. Ce sont des amis qui ont communiqué avec nous pour nous aviser de la situation. Nous demeurons à environ sept kilomètres du centre-ville, donc nous n'avons rien entendu», ajoute-t-elle.

Confinés à leur résidence samedi, les membres de la famille Rousseau ont pu reprendre un brin de liberté dimanche.

Une chose est certaine, les autorités canadiennes savent qu'ils sont sur place. Les membres de la famille sont enregistrés au consulat canadien de ce pays d'Afrique. De plus, comme Bertrand est un coopérant, l'organisme pour lequel il oeuvre s'organise pour assurer sa sécurité et même ,s'il le faut, le faire sortir du pays.

«Pour l'instant, tout va bien, très bien même. On joue aux cartes en attendant», reprend Mme Rousseau, avant que la communication ne soit interrompue.

Pas une première

Si l'expérience de 2016 ne prend pas nécessairement les allures prévues, il faut savoir que Claire Rousseau, une artiste-peintre amateur à ses heures, n'en est pas à sa première présence à Ouagadougou. Il s'agit de son cinquième voyage humanitaire au Burkina Faso. Elle y était allée à deux reprises pour rendre visite à son frère Bertrand et pour lier des liens d'amitié.

Au cours des 18 derniers mois, Claire Rousseau y a remis les pieds à deux reprises pour des moments plus difficiles. Elle s'y est rendue en compagnie de Yameogo Bassirou, ce Burkinabé qui a perdu sa femme et son fils de 13 ans dans un accident d'avion (autre texte plus bas).

Mme Rousseau a donc accompagné le Jonquiérois d'adoption au lendemain du crash et y est retournée pour les funérailles des membres de sa famille, en mars dernier.

Cette fois-ci, les membres de la famille Rousseau se rendaient voir des amis au Burkina Faso et aussi pour offrir de l'aide à Bertrand. Claire doit être de retour au Québec dans un mois, alors que Gaston et Raymond devraient y demeurer un mois supplémentaire.

Lorraine Rousseau maintenant rassurée

(Stéphane Bégin) - «Une chance que nous savions que nos frères, notre soeur et notre nièce étaient en sécurité lorsque nous avons appris que six membres d'une même famille québécoise avaient été tués dans cette attaque. Nous étions inquiets, mais nous savons que les choses vont bien présentement. L'annonce de ces décès nous a toutefois touchés.»

Lorraine Rousseau, la grande responsable de la campagne de financement du Fonds de dotation de l'hôpital de Jonquière depuis des années, et son autre frère, Jacques, étaient donc soulagés de savoir que tout le monde se portait bien dans ce pays situé à l'autre bout du monde.

«J'ai pu discuter brièvement avec Claire. Je sais qu'ils ont été confinés à une résidence durant une journée ou deux, question d'assurer leur sécurité. Notre inquiétude est disparue, car on peut avoir des nouvelles d'eux chaque jour. On sait qu'ils sont enregistrés au consulat canadien et que si quelque chose devait se produire, qu'ils seraient pris en charge», note Mme Rousseau.

De son côté, le Jonquiérois d'adoption, Yameogo Bassirou, n'a pas mis de temps à communiquer avec des amis à Ouagadougou après avoir pris connaissance des événements. Il a immédiatement tenté de joindre son amie Claire Rousseau.

«Lors de ses deux premiers voyages, Claire et sa famille étaient installées à proximité de l'hôtel où la fusillade a eu lieu. J'étais donc inquiet. J'ai eu très peur pour eux. Mais lorsque j'ai su qu'ils résidaient à une dizaine de kilomètres de là, ça m'a rassuré. Ils n'ont même pas entendu les coups de feu», ajoute M. Bassirou, lors d'une conversation téléphonique.

«Si jamais la situation devait empirer, les membres de la famille Rousseau seraient amenés dans mon village, à Kougougou, à environ 100 kilomètres de là. Ils seraient en sécurité dans ma famille», ajoute-t-il.

Yameogo Bassirou a eu le malheur de perdre sa femme, Kouanda Kadidia, et son fils, Yameogo Aboubacar, dans un accident d'avion le 24 juillet 2014. L'avion s'est écrasé au Mali.

Sa femme et son fils devaient effectuer leur premier séjour au Québec. La petite famille avait l'intention de bâtir leur vie ici, ce qu'ils n'auront malheureusement pas eu le temps de faire.

Après les tristes événements, Claire Rousseau a accompagné M. Bassirou au Burkina Faso, d'où leur amitié.

«Elle était avec moi dans mon pays après l'accident et elle y est revenue pour les funérailles en mars dernier. On se connait bien. Je me suis inquiété pour elle et pour les autres membres de la famille que je connais bien», dit-il.

Quant à cette attaque meurtrière, M. Bassirou est bien triste de la situation.

«Ça me touche droit au coeur. Plus rien ne sera pareil maintenant. Cela vient ternir l'image de mon pays. Surtout que ceux qui ont fait ça visent les étrangers. C'est déplorable.»

«J'espère que ça ne se reproduira plus. Les autorités vont prendre les moyens pour assurer la sécurité des gens. Les mesures de sécurité seront accrues. Tout sera plus surveillé», conclut M. Bassirou.

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