Apatite du Lac-à-Paul: un engrais biologique développé

Jean-Sébastien David, vice-président aux opérations d'Arianne Phosphate, a... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Agrandir

Jean-Sébastien David, vice-président aux opérations d'Arianne Phosphate, a révélé que depuis 2012, l'entreprise collabore avec les chercheurs en fournissant les volumes d'apatite nécessaires à la recherche provenant de l'usine-pilote.

Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Denis Villeneuve
Le Quotidien

Une équipe de chercheurs de l'Université Laval a développé une recette d'engrais agricole sans procédé chimique utilisant de l'apatite du Lac-à-Paul. Ce procédé intéresse grandement la direction de la minière Arianne Phosphate, mais on ne croit pas qu'il s'agisse d'une panacée compte tenu de l'état d'avancement des travaux de recherche sur le sujet.

Cette mise au point a été faite par Jean-Sébastien David, vice-président aux opérations d'Arianne Phosphate, à la suite de tout le battage médiatique entourant la publication, en août dernier, des travaux de recherche effectués par l'équipe universitaire de Salma Taktek et J.-André Fortin. En janvier, la revue Québec Science a désigné les travaux de Mme Taktek et son équipe du Centre de recherche en innovation sur les végétaux comme étant l'une des 10 découvertes de l'année.

De façon sommaire, les chercheurs en biotechnologie ont découvert qu'en combinant un type de champignon hébergeant certaines bactéries productrices d'un acide organique, certaines racines de plants agricoles sont capables d'absorber le phosphore contenu dans l'apatite. Des essais ont été effectués sur 952 types de bactéries différentes. Soulignons que l'apatite est un matériau non soluble et qu'il nécessite une transformation chimique industrielle pour être utilisé dans les engrais et le rendre utilisable par les plantes. La découverte permet d'éviter ce traitement industriel.

La découverte des chercheurs de l'Université Laval fait... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 2.0

Agrandir

La découverte des chercheurs de l'Université Laval fait partie des dix découvertes de l'année selon la revue Québec Science.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

Des chercheurs en biotechnologie de l'Université Laval ont... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 2.1

Agrandir

Des chercheurs en biotechnologie de l'Université Laval ont découvert qu'en combinant un type de champignon hébergeant certaines bactéries productrices d'un acide organique, certaines racines de plants agricoles sont capables d'absorber le phosphore contenu dans l'apatite.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

En entrevue, M. David a mentionné qu'il connaît très bien les travaux de recherche de Mme Taktek et M. Fortin, ce dernier étant un chercheur octogénaire considéré comme une sommité. En effet, depuis 2012, Arianne Phosphate collabore avec les chercheurs en fournissant les volumes d'apatite nécessaires à la recherche provenant de l'usine-pilote. «M. Fortin a produit une publication où il présente ses résultats de recherche. Notre lien avec lui est présent depuis longtemps. On ne veut pas crier sur les toits que c'est révolutionnaire. Ce n'est tout de même pas cette découverte qui va permettre d'écouler 100% de notre production de trois millions de tonnes par année.»

M. David ajoute qu'avec cet engrais, le marché de l'agriculture biologique permettrait peut-être d'écouler de 2% à 5% de la production du Lac-à-Paul, une tendance qui pourrait s'accroître.

Toutefois, avant d'en arriver à une production massive, M. David mentionne qu'il y a encore énormément de travaux de recherche à effectuer afin de déterminer quels sont les fourrages et plants agricoles qui pourraient bénéficier le plus de cette découverte, et ce, dans des conditions de production en grands volumes et de superficies.

La direction d'Arianne prendra connaissance, d'ici deux semaines, de travaux de recherche faits par l'équipe de Laval portant sur la culture de patates effectuée en collaboration avec le Centre de transfert technologique Bio Terre, de Rivière-du-Loup, l'été dernier, avec l'engrais biologique.

Chose certaine, une grande entreprise industrielle québécoise en affaires depuis plusieurs générations, Premier Tech, s'intéresse à la découverte reliée à l'apatite du Lac-à-Paul puisque Mme Taktek vient d'être embauchée par cette dernière. En entrevue, Mme Taktek a mentionné que d'autres travaux de recherche visant à déterminer quelle application pourra être faite aux champs du nouvel engrais sont évalués.

M. David a dit souhaiter que le Saguenay-Lac-Saint-Jean puisse bénéficier un jour des retombées de cette découverte compte tenu de la présence du site de Lac-à-Paul.

Soulignons que la découverte reliée à cet engrais fera l'objet d'un reportage dans le cadre de l'émission La Semaine verte diffusée à Radio-Canada, samedi, à l'heure du souper, avec rediffusion dimanche à 12h30.

Arianne Phosphate a reçu 3000 CV

L'ouverture éventuelle de la mine d'Arianne Phosphate au Lac-à-Paul crée de fortes attentes parmi la main-d'oeuvre du Québec. La société ayant pignon sur la rue Racine cumule jusqu'à maintenant 3000 curriculum vitae dans ses ordinateurs.

Selon Jean-Sébastien David, il ne passe pas une journée sans que des personnes ne se présentent au bureau pour déposer leur CV ou transmettent un courriel dans l'espoir de décrocher un emploi au sein de l'organisation. Le dirigeant ajoute que leurs efforts ne doivent pas être considérés comme vains puisque chaque document est numérisé, si nécessaire, et classé soigneusement en fonction d'une éventuelle embauche.

Invité à faire état des travaux sur le terrain, M. David a mentionné que l'entreprise profite de l'hiver pour accorder des contrats de coupe de bois au Lac-à-Paul. Ce déboisement permettra à un groupe d'une dizaine de géotechniciens de la firme Qualitas d'effectuer des travaux détaillés qui permettront de déterminer la capacité portante du sol et la façon exacte où seront construits les immeubles et équipements de production. Ces techniciens logeront à l'Auberge Chute-des-Passes.

La semaine prochaine, des rencontres auront lieu avec des représentants d'Hydro-Québec afin de planifier la construction de la future ligne de 161 kV d'une longueur de 44 km qui alimentera la mine à partir de la Centrale Chute-des-Passes. M. David souhaite que le début de construction de la ligne débute l'automne prochain.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer