Est-ce que 1+1 peut faire trois?

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PAGE UQAC / N'importe qui ayant réussi ses mathématiques en première année saura que 1+1=2. Mais si, en matière de performance dans les projets collectifs, 1+1 pouvait égaler trois? C'est à l'élaboration de cette théorie que travailleront dans les prochaines années les chercheurs du Laboratoire d'études multidisciplinaires en gestion de projets (LemGP), à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

«La collaboration, la coconception ou la coconstruction, tout le monde en parle et dit que c'est important. Mais quand on demande concrètement comment différents acteurs arrivent à s'asseoir à la même table pour un projet collectif, il n'y a pas de réponse satisfaisante, explique le professeur en marketing Julien Bousquet, responsable du laboratoire. Nous voulons mieux comprendre le concept, le définir et voir comment il se manifeste.»

Car un projet collectif, c'est beaucoup plus complexe qu'un projet où plus de deux entités travaillent ensemble, poursuit-il. Quand plusieurs personnes collaborent avec des valeurs et une vision communes, même si leurs objectifs sont différents, «la performance du projet peut être supérieure à la somme des individualités», selon l'hypothèse à développer. Dans un contexte de récession économique, où il faut faire plus avec moins de moyens, la théorie que le partage des ressources augmente le succès devient encore plus intéressante.

Les chercheurs du Laboratoire d'études multidisciplinaires en gestion... (Photo Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 2.0

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Les chercheurs du Laboratoire d'études multidisciplinaires en gestion de projets, Christophe Leyrie, Julien Bousquet,Salmata Ouedraogo, Eric Jean et Thierno Diallo.

Photo Le Quotidien, Michel Tremblay

En plus des quatre autres professeurs du LemGP spécialisés en économie, en gestion de projets et en ressources humaines, des chercheurs d'autres départements de l'UQAC participent aux recherches, ainsi que les étudiants à la maîtrise en gestion de projets et au doctorat en management de projets. Une démarche multidisciplinaire et tripartite, car la relation avec le milieu est aussi prise en compte. Les organismes et les entreprises de la région deviennent ainsi le terrain d'exploration et d'expérimentation pour l'étude.

«Notre approche est pragmatique et a un impact sur le niveau régional. Après les recherches, les retombées reviennent aux organisations. Bien souvent, nos résultats les aident, en plus de nous permettre d'avancer», développe le professeur Bousquet.

Les travaux du LemGP ont fait l'objet de conférences à travers le monde et de plusieurs articles dans des publications nationales et internationales.

L'importance des parties prenantes

Dans les dernières années, le Laboratoire d'études multidisciplinaires en gestion de projets (LemGP) en est venu à développer des méthodes uniques dans l'analyse des parties prenantes, en intégrant l'actualité dans ses recherches sur des projets tels la mine Niobec de Saint-Honoré, la centrale hydroélectrique de Val-Jalbert et même l'amphithéâtre de Québec.

La gestion des parties prenantes, c'est-à-dire la manière de gérer les relations entre les différents acteurs sur le long terme, est un concept central dans le champ d'études du laboratoire. Son analyse avant, pendant et après un projet est essentielle. Le LemGP espère développer un outil simple qui permettrait aux promoteurs de prendre rapidement des décisions, d'après ces résultats.

«Nous nous sommes aperçus que les parties prenantes changent énormément au cours d'un projet, précise le professeur responsable Julien Bousquet. Pour les analyser aux moments importants, nous avons été les premiers à utiliser l'outil poids média d'Influence communication d'une telle manière. Quand un projet étudié dépasse une place de 1 % dans l'actualité, c'est qu'il se passe quelque chose et que les acteurs bougent.»

En appliquant la même approche à trois projets, les chercheurs ont pu se rendre compte que leur méthode était valable, même si elle utilise des données secondaires. Dans tous les cas, les parties prenantes évoluent et leur nombre augmente. Cependant, le processus est lourd. Le but est d'automatiser l'identification des acteurs et la mesure de leur importance dans un outil destiné aux gestionnaires de projets. Ceux-ci pourraient même avoir une grille d'autoévaluation pour valider leur niveau de préparation avant chaque étape.

«Les trois profils sont différents. Dans Val-Jalbert, on a pu voir que c'est plutôt en dents de scie, quand le téléphérique a été occupé par des manifestants par exemple. On a rencontré le promoteur, qui nous a avoué avoir perdu le contrôle des parties prenantes. Avec un outil, ce serait plus facile de les identifier pour les rassurer et collaborer», détaille M. Bousquet.

Pour ce qui est de la mine Niobec, le LemGP a répertorié près de 160 parties prenantes pour le projet d'expansion des exploitations de niobium, qui a finalement été abandonné en mars dernier. «Dans ce cas, elles ont été de plus en plus nombreuses au cours du projet, mais aussi de plus en plus favorables. Ça montre que les stratégies de communication ont été efficaces, commente le professeur. Il serait intéressant de voir la cassure dans le milieu que l'abandon a causée.»

Appel à tous

Le Laboratoire en études multidisciplinaires en gestion de projets (LemGP) invite les organisations et les entreprises régionales intéressées par ses recherches à le contacter. Depuis sa création en 2011, de nombreuses collaborations sont ainsi nées.

L'équipe travaille plus particulièrement sur trois axes, soit les retombées des projets, les compétences collectives et la gestion des ressources humaines, ainsi que la gestion des parties prenantes. «Ça touche autant le petit travailleur indépendant que les multinationales, affirme le professeur responsable Julien Bousquet. Tous ceux qui ont des idées ou des questions par rapport à la gestion de projets et à nos thématiques peuvent nous les transmettre, cela nous fait plaisir et éventuellement, nous pourrons collaborer plus amplement.»

Il est possible de joindre le laboratoire au 418 545-5011, poste 5664, ou par courriel au julien.bousquet@uqac.ca.

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