La faible valeur des matières recyclables

Saguenay devra débourser 1,4 M$ pour la gestion... (Archives Le Quotidien)

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Saguenay devra débourser 1,4 M$ pour la gestion et l'opération du centre de tri pour les 13 prochains mois.

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La baisse des prix des matières recyclables combinée à la fermeture de la Cartonnerie de Jonquière expliquent pourquoi Saguenay doit payer le fort prix pour la gestion et l'opération du centre de tri pour les 13 prochains mois.

À la suite des interrogations soulevées par l'Équipe du renouveau démocratique (ERD) concernant ce contrat de 1,4 M$ octroyé au seul soumissionnaire, Matrec, lors de la séance régulière du conseil municipal de lundi, M. Tremblay explique que Saguenay est un peu prise à la gorge en raison de la baisse des prix sur les marchés secondaires du papier et carton de recyclage, de la tonne de verre et des matières plastiques.

Ces matières, que les citoyens déposent à la rue toutes les deux semaines dans leur bac de récupération, sont revendues, ce qui procure des revenus à la firme gestionnaire. Selon les chiffres avancés, la revente du papier à Graphic Packaging, appartenant autrefois à Cascades, pouvait générer un revenu annuel de 400 000$ à Matrec, ce qui n'est plus le cas depuis la fermeture de l'usine en juin 2015.

M. Tremblay rappelle que dans le cas de la récupération du verre, du papier et du plastique, Recyc-Québec contribue au financement du recyclage par le biais de la consigne sur les contenants payés par les consommateurs et les industriels comme les éditeurs de journaux.

Tous ces facteurs expliquent pourquoi Saguenay a décidé d'accorder un contrat à court terme à Matrec puisque rien ne dit que les prix des matières ne remonteront pas. «On ne sait pas ce que ça va être l'an prochain, mais on sait que ça coûte très cher.»

Les élus entendent analyser une nouvelle façon de procéder dans ce dossier, mais il n'est pas totalement exclu que Saguenay puisse s'allier au Lac-Saint-Jean, comme cela a été le cas pour la centralisation à Hébertville-Station du site d'enfouissement des déchets, mais la grande distance constitue un obstacle. «On se penche là-dessus. Il est possible que l'on discute avec le Lac-Saint-Jean».

Le maire ajoute qu'en vertu des règles d'attribution des contrats, Saguenay aurait pu recommencer le processus d'appel d'offres étant donné qu'un seul soumissionnaire a déposé un prix, mais il a été jugé que de meilleurs résultats ne seraient pas obtenus compte tenu du peu d'intérêt pour les entreprises à acquérir ces matières dans grande valeur.

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Une étude sur le compostage

Une étape sera bientôt franchie pour la venue à Saguenay des «bacs bruns», destinés aux déchets putrescibles. La ville commandera une étude sur l'utilisation du compostage afin d'élaborer un nouveau plan de gestion des matières résiduelles.

Selon les exigences gouvernementales qui prennent effet en 2020, environ 65 pour cent des matières organiques, comme les rognures de fruits et légumes et les résidus de table, doivent être revalorisées par les municipalités. Jeudi, le maire Jean Tremblay rencontrera des experts à ce sujet. «Le but de l'étude est de pouvoir prendre une décision pour aller chercher des subventions. On veut savoir combien de matières organiques sont produites dans la ville et dans quels secteurs», a-t-il expliqué avant de se déclarer «mal à l'aise» de commenter plus précisément le dossier avant cette réunion.

Pour traiter les déchets qui ne sont pas destinés à l'enfouissement, la technologie de la biométhanisation a déjà été envisagée, mais après un voyage en Europe en 2011, M. Tremblay a estimé qu'elle était trop coûteuse et pas assez performante. Cette méthode est subventionnée à hauteur de 66% par Québec, tandis que les programmes de compostage le sont à 55%.

La chef de l'opposition Josée Néron se réjouit de ce «pas dans la bonne direction», qui sera fait en collaboration avec la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean. «C'était le temps, soupire-t-elle. Les spécialistes en écoconseil nous l'ont dit, on a huit ans de retard.»

La conseillère de l'Équipe du renouveau démocratique espère que l'étude misera aussi sur la manière de trouver des revenus supplémentaires pour couvrir l'implantation du compostage. «Il y a plusieurs exemples de succès dans les autres villes. Nous sommes entourés de cultivateurs, qui doivent de toute façon payer pour leur engrais. Ils pourraient étendre du compost de bonne qualité, produit juste à côté de leurs terres et contrôlé par la ville.»

Le compostage devra aussi être adapté aux réalités de chaque secteur, selon elle. Par exemple, il est plus facile pour les citoyens du district de Lac-Kénogami de disposer de façon écologique des déchets putrescibles, avec la forêt environnante, que les résidants du centre-ville. «Peut-être que le ramassage des bacs bruns pourrait se faire moins souvent dans ces secteurs. Il y a un éventail de solutions à examiner», précise Josée Néron.

La date limite pour présenter une demande de subvention au ministère de l'Environnement pour la tenue de l'étude est le 31 décembre 2016.

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