La dépendance aux transferts gouvernementaux diminue

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«Je cherche d'autres explications que celle de l'exode, mais je ne trouve pas. Il y a un bon nombre de travailleurs qui sont partis, c'est un fait», soutient l'économiste Marc-Urbain Proulx.

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La dépendance du Saguenay-Lac-Saint-Jean envers les transferts gouvernementaux diminue. Le nombre de personnes ayant recours à l'assistance sociale ou à l'assurance-emploi a considérablement baissé dans toutes les MRC de la région, entre 2009 et 2013.

Les plus récentes données publiées sur le site de l'Institut de la statistique du Québec montrent que seule la ville de Saguenay était plus dépendante des transferts en 2013 qu'en 2009. Les transferts pour la sécurité de la vieillesse, le régime des rentes et le régime de pensions de même que les allocations familiales ont tous augmenté entre 2009 et 2013 à Saguenay.

Dans les autres MRC de la région, le total des transferts a diminué. Dans la MRC Domaine-du-Roy, par exemple, l'assurance-emploi a diminué de 30,2 %, entre 2009 et 2013. La réforme de l'assurance-emploi du gouvernement de Stephen Harper est survenue en janvier 2013. Or, les statistiques pour cette MRC montrent que le nombre de personnes ayant eu recours à l'assurance-emploi a diminué constamment, et non pas d'un seul coup en 2013. Les transferts du gouvernement fédéral pour l'assurance-emploi ont d'ailleurs diminué de 14 % et plus dans l'ensemble de la région, au cours de ces années.

Le rapport de dépendance économique représente les paiements de transferts gouvernementaux par tranche de 100 $ du revenu d'emploi total de la MRC.

Les prestations fiscales pour la garde d'enfants ont aussi diminué dans toutes les MRC, alors que la sécurité de la vieillesse et les régimes des rentes du Québec et de pensions du Canada ont augmenté partout.

L'exode pourrait expliquer la baisse

(KBM) - L'exode pourrait bien expliquer le fait que malgré de nombreuses pertes d'emplois, les transferts gouvernementaux ont diminué dans la région.

«La région a perdu beaucoup d'emplois dans la forêt et l'aluminium. Les gens qui travaillaient dans ces domaines et qui ne se trouvent pas d'emplois, ils n'ont pas recours à l'assistance sociale. Ils vont travailler ailleurs. Le chômage diminue et l'assistance sociale n'augmente pas. La seule raison que je vois, c'est l'exode», explique l'économiste Marc-Urbain Proulx.

Il est en effet plutôt difficile de comprendre comment il est possible que le chômage ou l'aide sociale n'augmente pas alors que les pertes d'emplois s'accumulent.

«Je cherche d'autres explications que celle de l'exode, mais je ne trouve pas. Il y a un bon nombre de travailleurs qui sont partis, c'est un fait», souligne M. Proulx, qui est professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

En âge de travailler

Alors qu'il y avait 275 460 personnes qui habitaient le Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2009, il y en avait 277 788 quatre ans plus tard. Toutefois, contrairement à ce portrait démographique d'ensemble, les personnes en âge de travailler (25-65 ans) ont diminué, selon les données de l'Institut de la statistique du Québec. Elles étaient 155 761 en 2009, contre 152 998 en 2013.

«Il y a aussi un gros effort de soutien par le secteur public. Dans une région comme la nôtre, où le nombre d'emplois diminue dans le privé, les gens devraient s'en aller à Québec ou à Montréal en grande quantité. Toutefois, le secteur public y est encore important, donc plusieurs personnes restent et se trouvent un emploi dans le public. Malgré les pertes d'emplois, notre économie ne s'écroule pas parce qu'il y a un effet de rétention grâce au secteur public», soutient M. Proulx.

Si le Saguenay-Lac-Saint-Jean a déjà connu une époque de prospérité régionale, la période actuelle n'est guère aussi rose.

«Notre prospérité régionale était plus forte que celle du Québec dans les années 50, 60 et 70. Nous avions beaucoup d'emplois dans le domaine industriel. De 1961 à 1981, il s'est créé 10 000 emplois industriels nets dans la région. Le Saguenay-Lac-Saint-Jean était un moteur économique. De 1981 à 2003, la région effectuait des performances économiques semblables à celles du reste du Québec. Depuis 2003, notre économie est à la remorque de l'économie québécoise. Ça s'explique beaucoup par la crise forestière et les gains de productivité dans le secteur de l'aluminium. On produit plus qu'avant, mais avec moins de monde.»

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