La présidente de CKAJ démissionne

Après deux années de tourmente à la tête de la station radiophonique... (Photo 123RF)

Agrandir

Photo 123RF

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Denis Villeneuve
Le Quotidien

Après deux années de tourmente à la tête de la station radiophonique communautaire CKAJ, la présidente Ginette Boily-Potvin a donné sa démission au conseil d'administration en invoquant des raisons de santé.

Lors d'une brève entrevue, Mme Boily-Potvin a confirmé sa démission survenue dans les derniers jours en précisant qu'en deux années à la direction de la station jonquiéroise, elle avait vu bien des choses impossibles.

Selon les informations recueillies de plusieurs sources, la station ferait face actuellement à plusieurs problèmes, tant au niveau technique, financier que de gouvernance.

En ce qui a trait à la gouvernance, mentionnons tout d'abord que cette radio communautaire a subi des changements importants au niveau de sa structure puisque la Coopérative des travailleurs à but lucratif a été abolie au profit de la formation d'une radio communautaire à but non lucratif. Ces changements ont été opérés afin de répondre aux nouveaux critères du ministère de la Culture et des Communications qui exclut désormais les coopératives de travailleurs, radios étudiantes, médias non généralistes et organismes dont les membres viennent d'un segment spécifique de la population. En modifiant sa structure, la Corporation radio communautaire du Saguenay (CKAJ) devenait éligible à une subvention annuelle de 60 000$ du ministère.

Ces changements de structure ont entraîné, selon nos sources, d'autres problèmes qui ont culminé en septembre dernier par des échanges de lettres juridiques entre la direction de la station et Me Bruno Cantin, ce dernier exigeant au nom de sa cliente le report de l'assemblée générale annuelle prévue le 30 septembre 2015. On y invoque que, dans une résolution adoptée en novembre 2014, la direction avait accordé automatiquement un statut de membre aux employés ayant plus de deux années d'ancienneté, et ce, à leur insu, et aux frais de la station.

Cette façon de faire contreviendrait aux statuts et règlements de la corporation, tout en constituant un avantage susceptible d'influencer la prise de décision lors de l'assemblée générale.

Des allégations s'ajoutent voulant que l'assemblée générale aurait été «paquetée» du fait que la liste de membres contient des noms de conjoints, parents, membres ou amis du conseil d'administration ou d'employés.

Tensions

Outre ces problèmes de gouvernance, nos informations ont permis d'apprendre que l'arrivée au sein de la station de l'animateur et directeur des programmes, Louis Champagne, et de son acolyte Michel Thiffault, aurait entraîné des tensions qui se sont traduites par le départ d'animateurs présents de longues dates, soit Carol Gauthier, André Deschênes, Jean-François Thorn et Marie-Christine Bernard.

Louis Champagne est depuis plusieurs semaines en congé de maladie, et ce, jusqu'au 25 janvier.

Un autre problème qui affecte la station est d'ordre technique puisque depuis plus de deux ans, l'antenne située au Mont-Orignal à Chicoutimi-Nord est défectueuse, ce qui entraîne une perte de rayonnement importante, privant la station d'un auditoire qui lui était acquis.

La direction ne voit pas de problème

La direction de CKAJ nie qu'il y ait des problèmes de gouvernance au sein de la station radiophonique communautaire jonquiéroise, mais affirme que des plaintes déposées relativement à l'attribution de subventions par le ministère de la Culture ont été rejetées.

Jean-François Schuld, directeur musical à CKAJ, confirme que la présidente Ginette Boily-Potvin a remis sa démission dans les derniers jours pour des raisons de santé, en ajoutant qu'elle a été remplacée par Marie-Josée Dallaire.

En ce qui a trait aux échanges de correspondance juridique survenus en septembre entre les avocats Bruno Cantin et Marie-Claude Néron concernant l'éligibilité de certains membres à participer à l'assemblée générale annuelle, M. Schuld a affirmé être plus ou moins au courant, tout en reconnaissant qu'il y a eu échanges de lettres de ce genre. «L'assemblée générale s'est bien passée. Les avocats ont convenu de certaines choses. Je ne vois pas de problème. Ceux qui ont acheté leur carte de membre étaient en règle. Les cartes de membres étaient disponibles pour ceux qui veulent en acheter et on l'annonce sur les ondes», affirme-t-il.

Selon les échanges de lettres, il était reproché que les cartes de membres n'étaient pas disponibles l'été dernier. Deux personnes se sont présentées à la station pour se procurer des cartes auprès de Johanne Tremblay, technicienne comptable. La réceptionniste avait épuisé les cartes de membre qu'elle avait en sa possession et la réceptionniste habituelle étant aussi en vacances, personne n'a pu accéder au bureau de Mme Tremblay où s'y trouvaient les cartes en nombre suffisant. La pénurie n'aurait été que temporaire selon les motifs invoqués par la direction. Il a été permis aux personnes devenues membres le 3 septembre de participer à l'assemblée générale du 30 septembre, même si elles avaient adhéré à l'intérieur du délai de 30 jours.

M. Schuld reconnaît qu'il y a eu passablement de mouvements de personnel et d'allégations concernant l'octroi des subventions, tout en utilisant même le mot «magouille» et en prévenant qu'il fallait faire attention à ce qui serait publié. «L'année 2016 est nouvelle. On ne se laissera pas barouetter autant qu'on l'a été l'an passé», conclut M. Schuld.

Vérification faite au ministère de la Culture, Anne-Sophie Lacroix, responsable des relations avec les médias, a confirmé qu'une plainte a été reçue au sujet de la conformité de l'assemblée générale. «On nous a demandé de faire déclarer l'assemblée générale illégale, un pouvoir que nous ne possédons pas. Nous avons rencontré les autorités de CKAJ pour mettre en place une stratégie pour qu'il y ait une vie démocratique harmonieuse», a déclaré Mme Lacroix. Cette dernière ajoute que les critères d'attribution de la subvention ont toujours été respectés.

Le directeur a reconnu que CKAJ éprouve des problèmes techniques avec son antenne du Mont-Orignal depuis deux ans et qu'une somme de 50 000$ serait nécessaire pour sa réparation, une somme que ne possède pas la station.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer