FSC: Laurent Lessard hausse le ton

Le ministre québécois des Forêts, de la Faune... (Archives La Presse)

Agrandir

Le ministre québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard

Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Le ministre québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs, Laurent Lessard, somme le Forest Stewardship Council international (FSC) de faire le ménage dans sa cour et réitère à son directeur exécutif Kim Carstensen que le gouvernement du Québec ne laissera pas un tiers lui dicter une ligne de conduite dans la gestion des forêts publiques, pas plus qu'il ne va participer à une médiation pour résoudre la crise de certification qui prend de l'ampleur au Canada.

Le Quotidien a obtenu copie d'une lettre, datée du 22 décembre, émanant du cabinet du ministre Lessard et transmise à FSC international en guise de réponse à l'invitation lancée par cet organisme pour en arriver à régler les problèmes d'application de la norme boréale. Le ton utilisé par le ministre et les problèmes qu'il identifie dans la missive confirment que la patience de Québec a atteint ses limites et que FSC a visiblement perdu beaucoup de crédibilité.

«Bien que le gouvernement du Québec encourage la certification, il n'est aucunement question qu'il délègue ou abandonne ses responsabilités et ses pouvoirs en matière de gestion des forêts dans le cadre d'un processus de médiation. Le gouvernement, au nom de la population québécoise, demeure garant de ses politiques publiques, que ce soit en matière de rétablissement du caribou forestier ou d'aires protégées. Il assume aussi son devoir de consultation et d'accommodement des communautés autochtones en lien avec l'aménagement forestier. La loi sur l'aménagement durable des Forêts est claire à cet effet et elle confère déjà un statut privilégié aux autochtones via le mécanisme de consultation instauré», écrit le ministre.

Le gouvernement du Québec verse ainsi 12 M$ aux Autochtones afin de leur permettre d'embaucher des spécialistes pendant les consultations sur les plans de coupe, et ce, dans le but de les aider dans le cadre du consentement préalable, libre et éclairé.

«Ainsi, le gouvernement est maître de ses champs de compétences et il assumera ses responsabilités en cette matière. La médiation que vous proposez concerne votre propre organisation pour ses membres uniquement et ses mécanismes de gouvernance. C'est en ce sens que j'ai réagi à votre initiative par voie de communiqué. J'estime que votre démarche de médiation est nécessaire et elle devrait permettre de régler, entre vos membres, le déséquilibre que j'observe face à plusieurs enjeux», reprend le ministre des Forêts.

Laurent Lessard enchaîne sur un premier enjeu en signifiant au directeur Cartensen qu'il considère anormal que l'organisme permette à un membre de la chambre environnementale, Greenpeace dans ce cas, de s'attaquer à un membre de la chambre économique (Résolu). Il signale que ces attaques contre la papetière québécoise à partir d'utilisation d'images erronées sont propagées partout dans le monde. «Tel que mentionné lors de notre récente discussion, je me questionne sur l'équité d'un processus qui permet à l'un de vos membres, de la chambre environnementale, de faire des campagnes internationales visant la réputation d'une entreprise forestière en faisant l'utilisation d'images erronées.»

L'enjeu autochtone n'est pas passé sous silence et surtout l'utilisation de la norme FSC par certaines bandes pour faire avancer des négociations territoriales ou même monnayer le consentement préalable, libre et éclairé. Le ministre Lessard va droit au but dans ses observations.

«Je vous avise également que nous observons au Québec des conséquences pernicieuses de l'application du concept de FSC sur le consentement libre, préalable et éclairé. Des nations autochtones opposent actuellement un veto à l'obtention ou au renouvellement de certificats FSC, et ce, dans un but avoué d'exercer un levier sur leurs négociations territoriales globales ou pour obtenir des compensations monétaires. Je ne peux concevoir que FSC accepte de servir de monnaie d'échange et ce n'était assurément pas le but du certificateur», écrit le ministre en citant le cas du conseil de bande d'Obedjiwan où le chef Christian Hawashish a admis agir de la sorte.

Cette missive constitue un tournant dans la crise de la certification FSC au Québec alors que le gouvernement fait valoir les mêmes arguments que l'industrie pour demander à FSC de corriger le tir.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer