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Cartonnerie de Jonquière: vendue pour la ferraille

L'ancienne usine Cascades de Jonquière a été acquise... (Archives Le Quotidien)

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L'ancienne usine Cascades de Jonquière a été acquise par une compagnie à numéro ontarienne.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

L'ex-cartonnerie de Jonquière, propriété de Graphic Packaging International, a été revendue le 23 décembre dernier pour une somme de 5 M$ à une compagnie à numéro ontarienne créée par BayShore Groups, une société qui se spécialise dans l'acquisition et le recyclage de sites industriels.

La transaction effectuée sans garantie légale devant la notaire montréalaise Marjolaine Arès inclut tous les bâtiments et équipements ainsi que 18 lots de terrain bordant la rivière aux Sables. La somme inscrite à l'acte de vente pour des fins fiscales a été fixée à 13,4 M$.

Une hypothèque d'une valeur de trois millions$ a été accordée sur les actifs vendus. Pour Graphic Packaging, il s'agit d'une bonne affaire puisque les installations ont été vendues par Cascades le 4 février 2015 au prix de 100 000$.

Informé de la transaction par Le Quotidien, le président du Syndicat national des travailleurs et travailleuses de la cartonnerie Jonquière, René Gélinas, a déclaré avoir eu vent que quelque chose se tramait puisque l'ex-directeur de l'usine aurait été contacté par la direction de Graphic afin de recruter du personnel pour effectuer du gardiennage autour des installations, mais aussi des mécaniciens pour regrouper certains équipements industriels en vue de leur vente à l'encan. Il a mentionné que c'est la première fois qu'il obtient la confirmation que la transaction est complétée.

Heure de tombée

Selon lui, cette transaction vient fixer une heure de tombée pour le groupe de relance formé avec la collaboration du ministère de l'Économie, l'Innovation et Exportation après la fermeture de l'usine. On pourra ainsi accélérer les démarches pour trouver un éventuel acquéreur désireux de relancer les activités ou modifier la production. «Le ministère a entrepris le travail. On devrait se revoir dans les semaines qui viennent, mais pour le moment il n'y a rien de concret. Nous au syndicat, on ne connaît pas vraiment de compagnies qui pourraient l'acquérir», affirme M. Gélinas. Les installations continuent d'être chauffées afin de préserver l'intégrité de l'usine. M. Gélinas convient que le redémarrage des installations demanderait d'autres démarches importantes comme l'obtention de garanties d'approvisionnement.

À moins d'un revirement de situation complet, tout indique que l'usine devrait être démolie et expédiée à la ferraille au cours de l'année 2016 en dépit des efforts déployés par le groupe de relance créé à la suite de la fermeture annoncée en juin dernier. Des démarches ont été effectuées par BayShore pour procéder à l'enlèvement de l'amiante présent dans la toiture, les murs et autour de la bouilloire industrielle.

Malgré notre tentative pour obtenir une entrevue avec Chiara Joanovits, présidente de 2 477 621 Ontario inc., la compagnie acheteuse immatriculée le 10 décembre dernier, cette dernière n'a pas retourné notre appel.

Soulignons que BayShore Groups procède actuellement au démantèlement de l'usine GM de St-Catharines en Ontario.

Sylvain Gaudreault choqué

La vente de la cartonnerie Jonquière à BayShore Groups choque le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui accuse le gouvernement du Québec de ne pas avoir déployé tous les efforts nécessaires pour favoriser la relance de l'usine.

Invité à réagir à la transaction, M. Gaudreault soutient qu'on assiste à un nouveau dossier de l'usine Port-Alfred puisque les installations seront bientôt démantelées pour y planter quelques arbres. «Je suis choqué de ça. Ce n'est pas une solution d'avenir que de démanteler une usine qui a fait l'objet d'importants travaux de restauration de son système de traitement des eaux et de sédimentation avec l'aide de subventions.»

Le député péquiste accuse Québec de ne pas avoir assuré le leadership dans ce dossier et affirme que le groupe de relance piloté par le ministère de l'Innovation n'a pas été établi sur une base très large. «Le ministère n'a pas mis les bouchées doubles avant qu'on vende l'usine à un ferrailleur. Il aurait dû s'enlever les doigts dans le nez». Selon lui, il devient de plus en plus clair qu'un «deal» a été fait entre Graphic Packaging et le gouvernement du Québec visant à sacrifier l'usine jonquiéroise pour maintenir les opérations des installations à East Angus.

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