Aluminium: un contexte propice aux investissements

À partir du moment où la région et... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Agrandir

À partir du moment où la région et le Québec collaborent à établir un partenariat favorable à l'industrie de l'aluminium, estime Gilles Bergeron, RTA a le devoir de procéder à des investissements, faute de quoi la région devra considérer que tout se fait à sens unique.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Denis Villeneuve
Le Quotidien

L'année 2016 ne sera pas celle où le Saguenay-Lac-Saint-Jean connaîtra des performances économiques extraordinaires. Une fenêtre s'ouvre toutefois pour que les grands exploitants régionaux des ressources naturelles clarifient leurs orientations et intentions d'investissement pour le futur, entre autres choses, dans le secteur de l'aluminium.

«Je pense que 2016 ne sera pas une... (Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 1.0

Agrandir

«Je pense que 2016 ne sera pas une année où les grands projets se concrétiseront, mais je crois qu'il existe une fenêtre pour que RTA clarifie ses intentions versus l'avenir du Complexe Jonquière et le projet AP60, l'Usine Vaudreuil et le projet d'expansion de l'Usine Alma», estime le professeur Gilles Bergeron.

Archives Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Marc-Urbain Proulx rappelle que RTA a obtenu des... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 1.1

Agrandir

Marc-Urbain Proulx rappelle que RTA a obtenu des conditions facilitantes aux investissements au même moment où les Américains ferment des alumineries parce qu'ils peuvent obtenir de l'aluminium à prix intéressant (mais «sale» au plan environnemental) provenant de la Chine, une tendance qui ne devrait pas se poursuivre à long terme.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

Cette position rejoint les opinions du professeur titulaire en sciences économiques de l'UQAC, Marc-Urbain Proulx, et de son ex-collègue indépendant retraité depuis le 31 décembre, Gilles Bergeron. Le Quotidien leur a demandé d'utiliser leur boule de cristal afin de prédire le comportement de l'économie régionale.

Selon M. Bergeron, la signature des nouvelles conventions collectives, le retour d'une importante profitabilité à la suite d'un ménage organisationnel, la présence d'une acceptabilité sociale face aux projets soumis et l'entente intervenue avec le gouvernement du Québec en 2006 réunissent les conditions nécessaires pour que Rio Tinto Alcan (RTA) donne des signes positifs à la région.

«Je pense que 2016 ne sera pas une année où les grands projets se concrétiseront, mais je crois qu'il existe une fenêtre pour que RTA clarifie ses intentions versus l'avenir du Complexe Jonquière et le projet AP60, l'Usine Vaudreuil et le projet d'expansion de l'Usine Alma.»

M. Proulx rappelle que RTA a obtenu des conditions facilitantes aux investissements au même moment où les Américains ferment des alumineries parce qu'ils peuvent obtenir de l'aluminium à prix intéressant - mais «sale» au plan environnemental - provenant de la Chine, une tendance qui ne devrait pas se poursuivre à long terme. «Les Chinois produisent du métal à des prix très bas avec du charbon. Avec les accords de Paris, le virage vers la réduction des gaz à effet de serre va se produire. Le Québec est bien positionné avec son hydroélectricité qui permet de produire de l'aluminium vert. De l'eau, on n'en manque jamais. La sécurité énergétique est assurée contrairement à certaines autres régions.»

M. Proulx rappelle d'ailleurs l'échec en 2009 du projet d'aluminerie de 720 000 tonnes COEGA en Afrique du Sud, faute d'obtenir des garanties d'approvisionnement fiables pour les 1355 mégawatts nécessaires.

Le pétrole, une entrave

Pour ce qui est des pays de la péninsule arabique, qui produisent de l'aluminium subventionné à partir du gaz naturel, M. Proulx croit que la baisse des prix du pétrole constitue une entrave. Il cite en exemple l'Arabie saoudite qui devra soutirer 100 G$ dans son fonds souverain de 700 G$ pour boucler son budget. «Ils vont commencer à être moins téméraires pour construire des alumineries fortement subventionnées.»

L'instabilité politique grandissante dans cette région du monde constitue un autre obstacle à l'investissement massif dans le secteur de l'aluminium.

À partir du moment où la région et le Québec collaborent à établir un partenariat favorable à l'industrie de l'aluminium, estime M. Bergeron, RTA a le devoir de procéder à des investissements, faute de quoi la région devra considérer que tout se fait à sens unique. «Il y a eu une période plus difficile, mais la région doit s'attendre à des années plus favorables et à ce que l'entreprise utilise les conditions offertes pour investir.»

M. Proulx rappelle enfin que le projet d'expansion de l'aluminerie Kitimat est pratiquement terminé.

Croissance lente

Gilles Bergeron croit que les acteurs économiques de la région devront s'habituer à faire face à des périodes de croissance économique plus lente que ce qui s'est déroulé dans la dernière décennie. Des pays comme la Chine et l'Inde ont fait beaucoup de rattrapage, sauf que les problèmes sociaux et environnementaux surgissent aussi, ce qui ajoute à la complexité du développement futur.

Foresterie

Lorsqu'il est question d'aborder le comportement du secteur des pâtes et papiers et de la foresterie en 2016, le dossier est de plus en plus complexe, selon Marc-Urbain Proulx, en raison des dossiers liés au maintien des normes FSC, à la protection du caribou forestier, aux interventions des autochtones, au coût de la fibre, etc. « C'est un dossier sur lequel je passerais mon tour. L'industrie forestière a entrepris un virage qui est long, mais je suis certain qu'elle va trouver une vitesse de croisière. » Selon lui, les emplois perdus dans ce secteur le sont à jamais, mais des usines continueront de produire. « On ne reviendra pas à la belle époque où les camps forestiers étaient remplis de centaines de travailleurs. » Gilles Bergeron refuse toutefois de commenter ce secteur puisqu'il est lié par un mandat auprès du gouvernement du Québec pour analyser l'effet du retrait des normes FSC sur l'emploi.

Classe ouvrière intermédiaire

Parmi les autres phénomènes économiques auxquels la région assiste, Marc-Urbain Proulx observe le développement dans la région d'une classe ouvrière intermédiaire, une main-d'oeuvre semi-spécialisée payée à des taux horaires se situant entre 13 $ et 18 $, comme c'est le cas pour la Beauce, avec le développement de centres d'appel, de recouvrement et avec la production future de concombres. « Il y a 20 ans, un jeune de 18 ans cherchait le gros salaire payé à 35-40 $ de l'heure comme l'avait son père. » L'économiste soutient que ce phénomène constitue un avantage puisqu'il permet plus d'ouverture à des investissements provenant d'entreprises oeuvrant dans le secteur manufacturier qui ne peuvent payer les mêmes taux horaires que l'industrie lourde comme l'aluminium ou le papier

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer