La fibre de bois la plus chère en Amérique du Nord

Le coût de la fibre de bois est définitivement plus élevé au Québec qu'en... (Archives La Presse)

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Le coût de la fibre de bois est définitivement plus élevé au Québec qu'en Ontario. Les prétentions de l'industrie voulant que le nouveau régime forestier génère des obligations financières additionnelles aux entreprises, sans pour autant apporter une plus grande prévisibilité dans la disponibilité à long terme des approvisionnements, sont donc confirmées.

Il s'agit du constat réalisé par le groupe DDM retenu par Québec pour faire la lumière sur les prétentions des industriels qui se plaignent du nouveau régime forestier depuis son adoption par l'Assemblée nationale.

Selon plusieurs informations recueillies par Le Quotidien auprès de sources indépendantes, l'étude DDM en arrive à la conclusion que le coût de la fibre de bois avant sa transformation en usine est de 6$ à 7$ de plus le mètre cube qu'en Ontario alors que cette différence n'était que de 2$ en 2010.

Les industriels rencontrés lors de différents événements assuraient que l'augmentation du coût de la fibre pouvait atteindre de 10$ à 12$ le mètre cube de bois. Lors de la grande sortie publique réalisée par les unions municipales, le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) et la Fédération des chambres de commerce du Québec, les signataires du communiqué officiel affirmaient que les transferts au gouvernement du Québec avec la mise en place du régime avaient cru de 52%.

Amérique du Nord

Le Québec est ainsi devenu la 25e juridiction dans le monde pour le coût de la fibre et la dernière pour l'Amérique du Nord. Cette dernière statistique est particulièrement difficile pour l'industrie puisqu'il s'agit de son principal marché d'exportation pour le bois d'oeuvre, l'industrie à la base de tout ce secteur manufacturier.

Les résultats de cette nouvelle étude auraient déjà été présentés à un nombre limité de personnes oeuvrant au sein de l'industrie forestière. Québec doit faire connaître les conclusions de l'étude au cours des prochaines semaines. Elle sera au coeur des discussions entre l'industrie et le gouvernement sur des modifications éventuelles au régime forestier qui permettraient de corriger cette augmentation des coûts de la fibre.

Des conclusions surprenantes

Les conclusions du groupe DDM sont surprenantes dans les circonstances.

Les mêmes experts retenus par Québec avaient conclu que la mise en place du régime forestier ne provoquerait pas d'augmentation de coût pour l'industrie. La ministre Nathalie Normandeau avait retenu les services de cette firme pour calmer les criantes de l'industrie lors de l'adoption du régime. À cette époque, les industriels établissaient l'augmentation du prix de la fibre de 10 à 20%.

«Compte tenu de toutes les études et analyses réalisées, il apparaît clair qu'au Québec, les coûts d'opération souche-usine n'augmenteront pas en moyenne. Même, ils seront légèrement à la baisse compte tenu de l'optimisation des opérations découlant de la centralisation de la planification, du suivi des opérations et de l'exécution des travaux. Ceci aura pour effet de dégager une marge supérieure aux acheteurs ayant été soulagés d'un ensemble de frais et de responsabilités», écrivaient les analystes de DDM en 2010.

Réduction annoncée

En conclusion, les mêmes experts annonçaient une réduction du coût de la fibre. Ils avaient procédé à l'évaluation des impacts sur les neuf éléments centraux du nouveau régime que le gouvernement proposait et qui avait déjà soulevé des inquiétudes quant à l'explosion du prix de la fibre au Québec.

«Le projet de loi 57, selon les études produites par le gouvernement et par des organismes indépendants, permet, à notre avis, de conclure que le transfert des responsabilités de l'aménagement forestier des industriels vers les DGR (directions générales régionales), n'aura pas d'effet à la hausse sur les coûts d'opération globaux du régime. Au contraire, des réductions de coûts sont anticipées par l'élimination des dédoublements et par une meilleure planification forestière régionale.»

Pour atténuer les résultats pour le moins révélateurs des impacts du régime forestier sur le coût de la fibre au Québec, DDM a intégré dans la seconde phase de son étude les coûts de transformation.

Le hasard a voulu que la firme utilise des usines ontariennes beaucoup moins performantes que celles du Québec. La performance des usines relève des entreprises et non de l'État.

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