Vivre ensemble et travailler ensemble

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Titulaire de la Chaire d'enseignement et de recherches interethniques et interculturels, Khadiyatoulah Fall croit que la promotion du vivre ensemble passe par l'inclusion économique.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

La promotion du vivre ensemble continuera d'être de tous les discours politiques en 2016, notamment avec l'arrivée massive de réfugiés syriens. Mais il faudra davantage que de belles paroles pour bien «accueillir la diversité», croit Khadiyatoulah Fall, titulaire de la Chaire d'enseignement et de recherches interethniques et interculturels (CERII) de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).

«Si vous écoutez les discours, nous ne cessons d'invoquer le besoin de vivre ensemble. C'est un mot de ralliement, de quête. On est en train d'évoquer les conditions de l'être ensemble. Mais je crois qu'il faut plus. Ce qui nous manque, c'est l'action commune pour faire bouger les choses. Oui, il faut continuer de se donner le défi de vivre ensemble, mais surtout celui de travailler ensemble», insiste le professeur.

Les facteurs économiques et l'employabilité demeurent des thèmes oubliés lorsque vient le temps de parler du vivre ensemble.

Des facteurs qui, rappelle M. Fall, constituent la pierre angulaire d'une intégration réussie.

«Parler du vivre ensemble, sans également agir contre les discriminations à l'embauche auxquels sont confrontés les jeunes, les femmes, certaines minorités, ça peut paraître un discours creux. Le vivre ensemble pour moi, c'est reconnaître le caractère émancipateur de l'inclusion au marché du travail. Nous avons donc un défi parce que le nerf de la guerre dans le mouvement du vivre ensemble, c'est l'inclusion économique. Le discours sur les valeurs de démocratie, de générosité et de solidarité, c'est extrêmement important. Mais il y a ce discours qui est en sourdine. Celui d'assurer le vivre ensemble par l'inclusion économique», pointe le chercheur.

C'est d'ailleurs autour de ce thème (travailler ensemble) que la Chaire d'enseignement va inscrire plusieurs de ses activités en 2016.

Actualité internationale: événements marquants en 2015

Certaines des personnalités et événements marquants de 2015 selon Khadiyatoulah Fall

1. La violence terroriste de l'État islamique et l'angoisse que cette violence a suscitée partout dans le monde, y compris dans le monde musulman. «Il y a eu des attentats tragiques, des discours de solidarité internationale, mais aussi des discours de division. Le prochain défi sera de concilier ce besoin nécessaire de sécurité et le respect de l'État de droit, des libertés individuelles, la protection de la vie privée. Nous aurons à débattre de cet enjeu dans la prochaine année.»

La promotion du vivre ensemble continuera d'être... (Archives Associated Press) - image 3.0

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2. La photo du jeune Aylan Kurdi, cet enfant syrien que la mer a rejeté. «Cet événement a constitué l'image forte de 2015. L'image dont la tristesse a marqué les esprits. Une image également rédemptrice, car elle a amené un élan de solidarité. Cette image a su briser l'indifférence et pousser à l'action. L'Occident a rencontré ce que j'appelle le soi-même dans l'autre. L'image a cet effet d'avoir désethnicisé l'enfant. Il pouvait être l'enfant de n'importe qui en Occident. Rien dans son habillement ou sa couleur ne construisait une différence ethnique ou religieuse. On pourrait pousser l'analyse et se demander si le sursaut aurait été le même s'il y avait eu des traces raciales ou religieuses. Est-ce que le monde aurait bougé à ce point?»

3. Le leadership fort de la chancelière allemande, Angela Merkel. «Elle a su bousculer les autres leaders politiques occidentaux et même la population allemande et ouvrir la porte à un nombre impressionnant de réfugiés. Ce geste est à souligner alors que nos leaders carburent au rythme des sondages. L'attitude de Mme Merkel n'était pas une attitude populaire dans la population, mais elle a osé.»

4. Campagne fédérale canadienne et l'élection de Justin Trudeau. «La population est en train de se réveiller de l'anesthésie des discours de trop grande prudence dans l'économie. L'incertitude économique et les discours de peur sur la récession, la population est en train de s'en éloigner. Et elle voulait entendre un brin d'audace dans la gestion de l'économie. Et Trudeau a gagné les élections, car il a perçu cette sensibilité.»

5. Le premier ministre Philippe Couillard et l'entente de principe dans le secteur public. «Il a réussi à l'arraché à nous éviter une année 2016 marquée par la surchauffe syndicale. Ça constitue un bon coup et ça apporte un soulagement dans la population. C'est un geste fort qui va apaiser le climat social et on a besoin pour passer l'urgence des sujets économiques.»

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