Panier plus cher en 2016

Les ménages canadiens devraient s'attendre à débourser environ... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay)

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Les ménages canadiens devraient s'attendre à débourser environ 345$ de plus en 2016 pour leur épicerie.

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La Presse Canadienne

Si le panier d'épicerie des Canadiens semblait dispendieux en 2015, il le sera encore bien plus en 2016.

Les gestionnaires des chaînes d'épiceries ont prévenu qu'il n'y avait pas de baisse en vue pour les prix déjà élevés des aliments, en raison notamment de la chute de la valeur du dollar canadien. Des chercheurs suggèrent donc que les consommateurs devront subir un nouveau choc des prix au cours de l'année prochaine.

L'Institut alimentaire de l'Université de Guelph estime que les ménages canadiens ont dépensé en moyenne 325$ de plus pour leurs aliments cette année. Or, ils devraient s'attendre à débourser environ 345$ de plus en 2016.

Étant donné que 81 pour cent de tous les fruits et légumes consommés au Canada sont importés, ils sont vulnérables aux variations des devises. Leur coût devrait bondir de 4 à 4,5 pour cent dans la prochaine année.

Les familles devront dépenser davantage pour ces deux produits sans autre option de rechange, constate Sylvain Charlebois, auteur principal du rapport annuel sur les prix des aliments de l'université.

L'étude rappelle également que le phénomène El Nino devrait avoir plusieurs impacts «significatifs» en 2016, alors que les précipitations de pluie devraient être plus fréquentes dans plusieurs régions productrices des États-Unis.

«Nous prévoyons qu'El Nino aura des effets positifs sur les pénuries d'eau dans plusieurs zones en Amérique du Nord, particulièrement en Californie, alors les produits de l'agriculture pourraient augmenter», a noté M. Charlebois.

«Mais cela ne suffira pas à contrebalancer les effets inflationnistes du dollar», a-t-il nuancé.

Selon les prévisions de l'institut, les prix des viandes, qui ont crû de cinq pour cent dans la dernière année, augmenteront encore de 4,5 pour cent en 2016, tandis que ceux du poisson et des fruits de mer seront en hausse de trois pour cent.

Les prix des produits laitiers, des oeufs et du grain pourraient également bondir de deux pour cent.

Inflation

Le mois dernier, le président de Loblaws, Galen Weston, a toutefois signalé, lors d'une conférence téléphonique avec des investisseurs, que l'inflation des prix de l'alimentation était difficile à prédire.

«Nous continuons d'avoir une forte inflation dans les (aliments) frais, bien qu'elle ait ralenti au cours de l'année. C'est vraiment la deuxième année (que l'on connaît) une forte inflation des produits frais», a-t-il soutenu, alors qu'il révélait les résultats du troisième trimestre de l'entreprise.

«C'est très, très difficile de prédire l'inflation, alors nous essayons, et nous restons conservateurs dans notre propre planification. Nous ne nous attendions pas à ce qu'un tel niveau d'inflation se maintienne tout le long de l'année, alors c'est difficile de dire avec certitude ce qu'il arrivera en 2016», a-t-il ajouté.

En commentant les bénéfices du quatrième trimestre de la chaîne Metro, le président Éric La Flèche a indiqué aux investisseurs que les prix élevés des aliments seraient inévitablement transmis aux consommateurs, autant que la concurrence le permettra.

«Tout en restant très compétitifs dans un environnement compétitif, nous réussissons à refiler un peu de l'inflation (aux clients). Je crois que nous avons fait du bon travail pour faire cela, et en considérant les marges (de profit) que nous avons livrées, je crois que c'est un fait. Alors, espérons que nous continuerons de faire cela», a-t-il analysé.

Légumineuses

Puisque l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture a déclaré que 2016 serait l'année internationale des légumineuses - une industrie importante au Canada, l'un des plus grands producteurs de lentilles, de pois chiches, de fèves et de pois secs -, M. Charlebois s'attend à ce que les autres aliments protéinés soient plus populaires cette année.

Getty Stewart, un spécialiste en économie familiale, croit que les consommateurs affectés par les hausses de prix sont de plus en plus enclins à essayer des recettes avec des légumineuses, qui sont beaucoup moins dispendieuses.

Gaspillage

Les consommateurs pourraient aussi faire des efforts pour réduire leur gaspillage de nourriture, qui s'avère beaucoup plus coûteux que l'inflation.

Un rapport d'un groupe de défense de l'industrie des aliments et des breuvages, la Provision Coalition, citant des données de Statistique Canada, estime que le ménage moyen au Canada gaspille la valeur de 1500$ de nourriture chaque année.

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