Les libéraux ont marqué la rupture

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau... (Alain Dion, Archives La Voix de l'Est)

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Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Alain Dion, Archives La Voix de l'Est

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La Presse Canadienne

«Nous sommes de retour!», s'exclamait le 20 octobre dernier un Justin Trudeau fraîchement élu, signalant aux alliés internationaux du Canada que la nation compatissante et facilitatrice de jadis renaissait avec la victoire de ses libéraux.

Son gouvernement n'a pas tardé à afficher ses couleurs. En l'espace de deux mois à peine, les ministres libéraux hyperactifs ont multiplié les annonces visant à reconfigurer le Canada que le gouvernement conservateur de Stephen Harper a passé une décennie à refaçonner.

Ils ont - entre autres - rétabli le formulaire long du recensement, retiré les appels déposés par le précédent gouvernement dans les causes sur le niqab et sur les soins de santé pour les réfugiés et déclenché la première phase de l'enquête sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, qui a été impliquée dans plusieurs des dossiers traités par le gouvernement libéral depuis son élection, se réjouit du changement de cap qui s'est opéré au cours des dernières semaines à Ottawa.

«Nous voulions nous assurer que nous respections nos promesses, mais aussi, et en particulier dans mon ministère, que nous respections la Charte des droits et libertés et les valeurs canadiennes», a-t-elle expliqué en entrevue téléphonique depuis Vancouver.

«Les décisions dans les dossiers du niqab et des soins de santé pour les réfugiés reflètent cela, et je dois dire que je suis incroyablement honorée de faire partie d'un gouvernement qui accueille et respecte la diversité», a enchaîné Mme Wilson-Raybould.

L'empressement des troupes libérales à marquer une rupture après 10 ans de règne conservateur au fédéral n'a rien de bien étonnant, fait remarquer Thierry Giasson, professeur au département de science politique de l'Université Laval.

«Il faut agir rapidement. Les électeurs sont très exigeants envers les gouvernements, analyse-t-il. Je pense que cette équipe-là comprend ça et a décidé de faire beaucoup de choses, de faire beaucoup de choses rapidement, et de marquer des coups.»

Et les dossiers que les libéraux ont choisi de faire avancer en priorité n'ont pas été sélectionnés au hasard, suggère M. Giasson. «Ils ont agi auprès des segments de l'électorat à qui ils se sont adressés pendant la campagne. Ils répondent aux attentes de ces gens-là», dit-il.

Il cite notamment la baisse d'impôt pour la classe moyenne, adoptée au jour cinq de la nouvelle législature, et les étapes franchies pour bâtir une nouvelle relation avec les nations autochtones, lesquelles n'étaient «pas particulièrement des grandes alliées» des conservateurs, illustre-t-il.

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