Coopérative Les Artisans paysans

Faire pousser des légumes en hiver

Amira Fortin, Olivier Tremblay et Mikael Block ont... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

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Amira Fortin, Olivier Tremblay et Mikael Block ont procédé cette semaine à leur cinquième récolte de salades et de choux kale produits dans des conditions hivernales.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

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Faire pousser des légumes en hiver dans une région nordique: c'est le défi un peu fou que s'est lancé la coopérative de solidarité Les Artisans paysans. Elle en est à sa cinquième récolte dans deux serres non chauffées, à Chicoutimi.

Laitues, épinards, carottes, oignons verts et choux kale (chou frisé) font partie des variétés de légumes qui poussent dans les deux serres utilisées (voir photos) par la coopérative sur les terres de la Congrégation des soeurs du Bon Conseil de Chicoutimi, exploitées par les Fermes Solidar, sur le rang Saint-Joseph.

Mardi matin, des membres de la coopérative de solidarité, fondée à l'automne 2014, procédaient à une cinquième récolte de laitues et de choux kale, produits selon une technique particulière (voir autre texte). Les légumes sont ensuite expédiés à des épiceries santé et à des restaurants situés à proximité.

«Les chefs apprécient ces légumes hivernaux, car ils ont un goût particulier. La croissance lente et le froid amènent une concentration des sucres et donnent un goût différent aux légumes», explique le vice-président de l'organisme, Pierre-Olivier Brassard.

Le but de la coopérative est d'arriver à prolonger la saison de culture maraîchère à son maximum. «Nous croyons qu'il est plus facile d'allonger la saison vers l'automne et l'hiver que de la devancer au printemps», précise-t-il.

Souveraineté alimentaire

Ce projet s'inscrit dans le principe de la souveraineté alimentaire, un concept cher aux membres de la coopérative. Ils souhaitent rapprocher la ferme des citoyens, misent sur la production locale, sur la fraîcheur de leurs produits et sur la réduction de la distance de la production alimentaire des champs à la table. Les légumes hivernaux de la coopérative sont aussi accessibles au public. Il est possible de contacter la coopérative au 418-590-1151 ou par courriel au artisanspaysans@gmail.com.

Dans ce même ordre d'idées, la coopérative a contribué au lancement d'un nouveau produit local, une salsa concoctée par les sauces Damn, une jeune entreprise régionale, en fournissant tous les légumes qui ont servi pour la transformation.

La technique des couches d'oignon

Pierre-Olivier Brassard, vice-président de la coopérative de solidarité Les Artisans paysans, rêvait depuis longtemps faire pousser des légumes dans la région en utilisant la technique «des couches d'oignon».

Il y a environ deux ans, il s'était même rendu dans le Maine, sur la ferme de l'agriculteur Eliot Coleman, connu pour son ouvrage The Winter Harvest Handbook - Four Season Farm.

Il y a passé quelques jours pour apprendre la technique développée par l'agriculteur. «En fait, c'est comme le principe des couches d'oignon, quand on fait du sport à l'extérieur l'hiver», image le jeune homme.

Les légumes sont cultivés dans une serre non chauffée et recouverts de plusieurs grandes bâches. Ces bâches créent des couches thermiques qui permettent de conserver la chaleur du sol. «Il y a un différentiel de 5 à 10 °C par bâche, selon les conditions», précise-t-il.

La croissance des légumes en hiver varie selon le froid, la quantité d'ensoleillement et le zénith du soleil. Le temps clément de l'automne et du mois de décembre a jusqu'à maintenant été bénéfique pour la croissance des légumes.

La croissance des plants a débuté en serre chauffée. Ils ont ensuite été transplantés dans les serres non chauffées en octobre. Seuls les plants de carottes ont été semés directement dans les serres non chauffées.

Grands froids

Le projet de la coopérative sera mis à l'épreuve en janvier et février, pendant la période des grands froids. «Dans le Maine, il y a aussi des journées froides, mais cela dure seulement quelques journées, tandis qu'ici ça peut durer plusieurs semaines. On a hâte de voir comment ça va se passer», commente-t-il.

Si l'expérience est un succès, la coopérative compte bien la renouveler l'an prochain et augmenter sa superficie de culture. À sa connaissance, plusieurs personnes s'adonnent à la production maraîchère en hiver, à Montréal et dans les secteurs plus au sud, près des frontières américaines, mais peu ont tenté l'expérience dans des régions au climat nordique telles que la nôtre.

Peu coûteux

Faire pousser des légumes en hiver en utilisant une pareille technique est par ailleurs peu coûteux. La lente croissance limite la propagation des mauvaises herbes et demande un arrosage moins fréquent.

«En fait, il faut acheter les graines et aller récolter, ce sont nos principaux coûts», conclut Pierre-Olivier Brassard.

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