CSN: une année mouvementée

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Engelbert Cottenoir, président du Conseil central régional de la CSN

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Les négociations dans le secteur public, le lock-out des concessionnaires, la lutte à l'austérité... L'année 2015 a été marquée par une importante mobilisation syndicale. Du jamais-vu en plusieurs années, selon Engelbert Cottenoir, président du Conseil central régional de la CSN. Et 2016 s'annonce tout aussi mouvementée.

«La dernière année a été chaude, mais ça va continuer en janvier. Les assemblées générales dans le secteur public vont se tenir en 2016, il y a aussi la négociation du prochain pacte fiscal. Et nous allons continuer la lutte à l'austérité», prévient M. Cottenoir, qui enseigne depuis 30 ans les relations de travail et la gestion des ressources humaines à l'Université du Québec à Chicoutimi.

La lutte à l'austérité a d'ailleurs été un moment charnière, selon le président régional de la CSN. Cette lutte a permis aux organisations syndicales de gagner en crédibilité aux yeux de la population, estime M. Cottenoir.

«À l'automne 2014, on a fait une conférence de presse pour dénoncer l'austérité. Le terme, à cette époque, n'était pas encore admis par la population. Notre but était de convaincre les gens que l'austérité allait nuire à l'économie, au service public. Quelques mois plus tard, au Bye Bye, il y a eu plusieurs sketches qui ont porté sur l'austérité. Les gens ont commencé à en parler, à constater les effets. Si les gens vivent la pertinence du message, c'est sûr qu'on récolte une certaine crédibilité et une acceptation. On l'a vu avec l'appui de la population. C'est un gros pas qu'on a fait dans les derniers mois. Mais on aurait mieux aimé ne pas le faire et se tromper. Ce n'est pas ça qui s'est passé. Il y a malheureusement eu un appauvrissement collectif», pointe le leader syndical, en parlant de cette lutte menée de concert avec d'autres organisations syndicales.

Le mouvement se trouve dans une meilleure position, après avoir été mis à mal au cours des dernières années. M. Cottenoir l'admet, le Québec a connu une certaine montée du discours antisyndical.

«Plusieurs voudraient confiner les syndicats à la seule négociation de convention collective. La droite bien pensante, c'est ce qu'elle veut. Elle ne veut pas qu'on soit présent dans le débat public. Alors qu'historiquement, on a toujours été sur ce 2e front. La revendication sociale a toujours été une de nos missions, car c'est une continuité. La vie des gens ne se limite pas seulement au travail. La misère ouvrière, dans le passé, ce n'était pas que dans le travail, c'était par exemple, les conditions de logement», rappelle M. Cottenoir.

«La droite a toujours été présente. Ça nous a obligés à avoir un message plus difficilement contestable», ajoute l'enseignant.

L'approche avec le grand public s'est également transformée au fil des ans. Une nouvelle approche qui plaît à la population, constate M. Cottenoir.

«On n'a plus besoin de parler fort et de crier pour faire passer un message. Et je pense que la population aime ça. On l'a vu avec le bon appui de la population dans les négociations du secteur public ou dans notre lutte à l'austérité. Ce qui est important, c'est prendre le temps d'expliquer en ayant le bon ton. De toute façon, ce n'est plus nécessairement les propos percutants qui vont attirer l'attention sur le message. Ils vont plutôt attirer l'attention sur le messager», croit-il.

En réflexion sur son avenir

Engelbert Cottenoir terminera en 2016 son troisième mandat à la présidence régionale de la CSN. À la tête de l'organisation depuis huit ans et demi, le professeur à l'UQAC n'a toujours pas décidé s'il allait déposer sa candidature à l'élection qui se déroulera au printemps prochain.

«Je profite de la période des Fêtes pour faire ma réflexion. Je ne sais si je suis prêt à rentrer dans mes quartiers ou à faire un autre tour. Il y a aussi beaucoup de jeunes militants, une relève à l'organisation. C'est tout ça que je dois considérer. Et au final, ce sont les membres qui vont décider», exprime-t-il.

Même s'il a été cadre dans son jeune temps, Engelbert Cottenoir a toujours baigné dans le milieu syndical.

«Je me suis toujours intéressé à ça. Lorsque j'étais à Montréal, j'avais même bâti un guide pour les gens qui étudiaient à l'époque le syndicalisme. Je supervisais d'ailleurs les travaux pratiques. J'ai toujours eu ces convictions. Bon, j'ai été cadre six mois de temps. Je dis souvent à la blague à mes étudiants que c'est une erreur du passé», lance-t-il avec humour.

Vers un sommet social

Après le sommet économique, la région pourrait accueillir un tout premier sommet social. C'est le souhait d'Engelbert Cottenoir.

«C'est une idée sur laquelle on travaille. Il n'y a rien d'officiel. Mais en 2016, on pourrait activer le tout», laisse tomber M. Cottenoir.

L'idée a germé le jour même du sommet économique, le 18 juin dernier à Alma, alors que plusieurs groupes de la région ont été ignorés par l'événement. La CSN avait alors tenu en parallèle le sommet des oublié-es qui présentait des visions différentes du développement régional.

«Il y a eu une centaine de mémoires, mais seulement la moitié des auteurs ont été invités au sommet économique. Je comprends que la formule n'était pas propice à inviter plusieurs groupes, car ce n'était qu'une seule journée et les gens n'avaient que deux minutes de présentation. Mais on a vu à ce moment la pertinence de tenir un sommet plus important sur des sujets sociaux », constate le leader syndical qui a toutefois obtenu son droit de parole à la table du sommet économique.

La région a fait figure de proue dans le passé en présentant, à quelques reprises, un Forum social. Mais le moment est venu, selon le leader syndical, de changer de formule et d'opter pour un sommet.

«Le forum était bien. Il permettait aux gens de se rencontrer, de réseauter. Mais un sommet permet d'établir des consensus sur plusieurs sujets », précise M. Cottenoir, qui a d'ailleurs participé à l'organisation des forums sociaux.

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