Les Autochtones font «chanter le Québec»

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Le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin

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«On en est rendu où une communauté de 6000 personnes peut faire chanter le Québec ou des communautés forestières en menaçant de retirer son consentement préalable, libre et éclairé pour les opérations forestières. Nous sommes rendus très loin.»

Le préfet de la MRC Maria-Chapdelaine, Jean-Pierre Boivin, réagit ainsi au communiqué émis par la communauté de Mashteuiatsh sur toute la problématique de la certification FSC qui est en train de discréditer la norme boréale tout en la rendant inapplicable. Ce communiqué faisait suite à la décision de FSC International de mener un processus de médiation au Québec afin de régler les problèmes d'application de la norme.

«C'est maintenant clair. Les communautés autochtones entendent utiliser le principe du consensus préalable, libre et éclairé pour tenter de négocier d'autres choses avec le gouvernement du Québec. Certaines communautés sont même prêtes à monnayer ce consentement comme ça s'est produit au Québec. Maintenant, on lit qu'en plus du consentement, les communautés autochtones parlent des paysages forestiers», reprend le préfet Jean-Pierre Boivin.

Le préfet attire l'attention sur le contenu du communiqué de Mashteuiatsh. Les dirigeants indiquent que tout le volet autochtone doit être traité de façon différente. «Avant d'accepter de participer, le conseil de bande veut discuter des paramètres et notamment s'assurer que tous les droits des Premières Nations ne seront pas traités au même niveau, quitte à ce que FSC modifie sa norme.»

Jean-Pierre Boivin croit qu'il serait désastreux d'accorder encore plus de pouvoir aux communautés autochtones dans la norme FSC. Le contenu actuel leur donne droit de vie ou de mort sur le maintien des certificats et le politicien comprend mal comment FSC pourrait, d'une certaine façon, se substituer à l'État québécois dans la gestion des relations avec les Premières Nations.

«Il y a beaucoup d'inquiétudes sur toute cette crise. Après les Fêtes, nous allons publier les résultats d'une étude réalisée par le professeur Gilles Bergeron de l'UQAC sur les impacts de l'industrie forestière. Les gens vont alors comprendre et surtout nous prendre au sérieux quand on demande au gouvernement d'agir pour sauver notre économie et que ce n'est pas à Greenpeace ou FSC de décider pour nous», a conclu le préfet.

Le gouvernement du Québec est également en train de s'enliser dans cette crise de certification qui sera alimentée par un profond désaccord sur la gestion des territoires des Cris et Innus. Le conseil de bande de Mashteuiatsh n'accepte toujours pas que Québec ait conclu un accord sur les modalités des opérations forestières avec le Grand conseil des Cris pour un territoire situé historiquement sur Nitassinan de Mashteuiatsh.

Dans ce dossier, Québec aurait versé selon au moins deux sources un peu plus de 13 M$ aux Cris en échange de l'acceptation des travaux forestiers. Aujourd'hui, le groupe de Waswanipi rejette l'accord et entend poursuivre sa campagne d'opposition avec l'appui de Greenpeace.

Les élus municipaux du Lac-Saint-Jean craignent que le conseil de bande de Mashteuiatsh n'utilise le fameux consentement prévu à la norme FSC pour régler ce litige avec les Cris et le gouvernement du Québec. Mashteuiatsh rappelle que les Cris n'ont plus aucun droit sur ce territoire puisqu'ils ont cédé les mêmes droits en 1974.

Dans le cadre de son bilan de fin d'année, le premier ministre et député de Roberval se félicitait de l'entente avec les Cris sur l'exploitation forestière. Le prix de cette entente est aujourd'hui une nouvelle crise avec la communauté de Mashteuiatsh, qui aura doit de vie ou de mort pour la récupération des certificats FSC dans les unités d'aménagement de la région.

Le responsable des communications au conseil de bande, Dave Casavant, a indiqué au Quotidien qu'il n'y avait aucune intention de la part des élus d'utiliser le consentement préalable, libre et éclairé comme moyen de pression. La communauté souhaite un dialogue permanent sur la foresterie et propose même son propre plan de protection du caribou forestier.

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