Obedjiwan exécute sa menace

Ghislain Picard... (Archives La Voix de l'Est)

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Ghislain Picard

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La crise de la certification forestière FSC prend de l'ampleur dans l'est du Canada. Après la suspension d'un certificat de la papetière Domtar en Ontario, la semaine dernière, c'est au tour des Atikamekws d'Obedjiwan de retirer leur consentement préalable, libre et éclairé pour les opérations forestières sur leur territoire ancestral pour deux unités d'aménagement totalisant 1,6 million d'hectares.

Le chef du conseil de bande d'Obedjiwan, Christian Awashish, a soulevé cette menace. Des membres de sa communauté ou lui-même l'ont mise à exécution en déposant une plainte auprès des auditeurs de FSC Canada, SAI Global, sur la notion du consentement préalable, libre et éclairé, ce qui pourrait provoquer la suspension de certificats pour les entreprises qui récoltent sur les territoires ancestraux des Atikamekws. Ce consentement constitue l'un des indicateurs importants (3.2.1) pour le maintien de la norme boréale FSC et les communautés amérindiennes du Canada ont décidé de recourir à ce levier pour faire des pressions sur les gouvernements.

Le certificat couvre les unités d'aménagement 42-51 et 43-52 et le certificat FSC est émis au nom de PF Résolu Inc.-Mauricie. Le bois récolté dans ces deux unités est destiné aux scieries de La Doré et Saint-Félicien. Les entreprises Rémabec (ancien Arbec), Kruger et West Rock (cartonnerie de La Tuque) ont également des garanties d'approvisionnement importantes dans cette vaste zone forestière.

Lors d'un forum à la faculté de génie forestier de l'Université Laval il y a un mois, le chef d'Obedjiwan avait déclaré que sa communauté était sur le point de retirer son consentement. Il a saisi la première occasion pour mettre sa menace à exécution et placer le gouvernement du Québec devant un autre problème sérieux. Les Cris de la Baie-James avaient eu recours au même moyen dans le litige de l'entente Baril-Moses.

Selon le fonctionnement de la norme FSC, le requérant du certificat dispose de trois mois pour apporter une réponse à cette demande officielle. En raison des particularités du régime forestier, c'est le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs qui devra répondre à la demande de correction puisque ce sont les fonctionnaires du gouvernement du Québec qui produisent les plans de coupe.

Joint hier à Montréal, le chef auditeur de SAI Global, Hervé Bescond, a refusé de commenter cette situation. Les auditeurs, a-t-il rappelé, ne font qu'appliquer la norme. Les problèmes soulevés par les auditeurs seront dévoilés avec la publication du rapport.

Les conséquences les plus importantes de la suspension de ce certificat dans trois mois risquent de se faire sentir à l'usine de pâte Kraft de Résolu à Saint-Félicien. Les copeaux des scieries de Saint-Félicien et La Doré sont expédiés à l'usine de Saint-Félicien. L'usine doit utiliser des copeaux certifiés FSC pour pouvoir répondre aux besoins des clients qui exigent que la pâte respecte les critères liés à cette norme.

Dans un communiqué émis en fin de semaine, le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec Labrador, Ghislain Picard, a rappelé l'importance de la notion du consentement préalable, libre et éclairé pour les 42 communautés du territoire. Les communautés amérindiennes utilisent les mêmes arguments que Greenpeace dans les revendications et surtout dans leur positionnement face à l'application de la norme pour les paysages forestiers et la protection de l'habitat du caribou forestier.

« La résolution des enjeux liés au consentement libre, préalable et éclairé des Premières Nations est primordiale, ainsi que la protection de nos forêts, notamment les paysages forestiers intacts et les paysages culturels autochtones et la protection des espèces en périls, dont le caribou, une espèce emblématique pour plusieurs Premières Nations. L'APNQL ne peut qu'appuyer une approche axée vers les solutions », a déclaré le chef Picard dans le communiqué émis en fin de semaine.

Ce certificat risque de s'ajouter aux trois certificats déjà suspendus dans la région (Résolu 2 et Arbec 1), dont un pour le consentement des Innus. Un autre certificat de la compagnie Eacom tombera dans les prochaines heures en Ontario et l'entreprise n'a pas l'intention de le renouveler.

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