Pilote de chasse: le rêve d'un Chicoutimien

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Originaire de Chicoutimi, le capitaine Pierre-David Boivin amorce sa carrière de pilote à la Base de Bagotville.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

S'il est une question à laquelle les enfants doivent souvent répondre, c'est bien «que veux-tu faire dans la vie?». Avant 1997, le Chicoutimien Pierre-David Boivin lançait de facto, lorsque questionné à ce sujet, qu'il souhaitait devenir docteur. C'était avant sa première visite officielle de la Base de Bagotville, vers l'âge de neuf ans.

En 2000, une visite au Spectacle aérien de... (Photo courtoisie) - image 1.0

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En 2000, une visite au Spectacle aérien de Bagotville avait permis à Pierre-David de s'asseoir derrière le manche d'un CF-18 en nourrissant son désir de poursuivre son rêve.

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En revenant de sa visite scolaire à Bagotville... (Photo courtoisie) - image 1.1

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En revenant de sa visite scolaire à Bagotville en 97, Pierre-David Boivin avait réalisé ce dessin.

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Presque deux décennies plus tard, le pilote de CF-18 offre un clin d'oeil à son professeur de troisième année du primaire, Béatrice Poitras, grâce à qui il a pu découvrir l'univers de l'aviation militaire sur le terrain, avec les yeux avides et pétillants d'un jeune garçon. C'est à partir de cette visite scolaire que Pierre-David, ou «Pirate» de son nom de pilote, s'est mis à cheminer vers son rêve, un pas à la fois.

Le Saguenéen, qui a obtenu ses ailes militaires en septembre 2013, se rappelle de ce passage à Bagotville comme s'il avait eu lieu hier. Assis dans le siège du pilote, ses petites mains sur les commandes, il a ressenti quelque chose d'extraordinaire qu'il peine encore à décrire avec 20 ans de recul. Un sentiment de liberté, voire d'ivresse, même si l'appareil dans lequel il se trouvait était cloué au sol. Une chose est sûre, ce jour-là, Pierre-David a reçu un appel si fort qu'il lui aurait été impossible de l'ignorer.

«J'ai touché à un CF-18 et j'ai su que c'est ça que je voulais faire. Mon père était pilote et j'avais toujours ''trippé'' sur les avions. Ce jour-là, j'ai compris que c'était vraiment un avion de chasse que je vouais piloter», raconte Pierre-David, 27 ans. La présence et l'encadrement de son père, Normand, un collègue du Quotidien et du Progrès-Dimanche et véritable passionné d'aviation, ont été déterminants pour le pilote maintenant associé à l'Escadron 425. En entrevue, l'officier tend d'ailleurs une fleur à son papa, à qui il attribue une bonne part de son succès.

«C'est lui qui m'a dirigé, qui m'a dit comment faire pour devenir pilote, quoi faire à l'école et comment m'y prendre au niveau du recrutement. Il m'a guidé et m'a tenu assez serré. Il m'a donné les moyens de réaliser mon rêve. Sans lui, je n'aurais jamais réussi», confie Pierre-David, le regard franc. La maman, Sylvie, aurait préféré le voir devenir dentiste, un métier qui comporte beaucoup moins de risques.

«Au début, elle pensait que je faisais ça pour mon père. Quand elle a vu que j'étais vraiment heureux là-dedans, elle a compris et elle a accepté mon choix», poursuit le capitaine Boivin.

Cheminement

Après avoir obtenu ses ailes de pilote professionnel civil au Centre québécois de formation aéronautique (CQFA) du Cégep de Chicoutimi en 2009, Pierre-David Boivin a amorcé des études universitaires en administration. Enrôlé dans les Forces canadiennes, son boulot était d'étudier à temps complet pour l'obtention de son bac. Ce fut chose faite en décembre 2011. Promu second lieutenant, il a ensuite effectué un stage de neuf mois à Bagotville, en soutien à la 3e Escadre, avant d'entrer officiellement à l'école de pilotage de l'Aviation royale canadienne à Moose Jaw, en Saskatchewan. Par la suite, Pierre-David a été choisi pour poursuivre sa formation de pilote de chasse, un privilège réservé à l'élite de chaque cohorte. Le premier «tour» de Pierre-David, pour employer le jargon militaire, s'est amorcé ici à Bagotville en août. Il s'agit d'un coup d'envoi formidable pour la carrière du jeune «Pirate», lui qui effectue un agréable retour aux sources.

«Je viens d'ici, mes parents sont ici et je me sens bien ici. En plus, je n'ai plus besoin de cuisiner le dimanche!», lance le capitaine Boivin en boutade, en référence aux repas dominicaux qu'il peut désormais partager avec les membres de sa famille.

Et pourquoi, au juste, le surnom «Pirate», avons-nous demandé à Pierre-David Boivin en fin d'entrevue?

Soucieux de préserver une tradition militaire voulant que le mystère doit continuer de planer autour des circonstances entourant le choix du nom d'un pilote par ses pairs, le principal intéressé a répondu, avec un clin d'oeil: «Ah, ça, c'est de l'information classifiée».

«Pirate» donnera des conférences

En plus d'avoir obtenu le privilège d'accompagner le père Noël dans l'espace aérien nord-américain, une initiative mise de l'avant par NORAD il y a 60 ans pour entretenir la magie des Fêtes chez les enfants, le capitaine Pierre-David Boivin livrera des conférences dans des écoles primaires et secondaires de la région à partir de janvier.

À la demande du Conseil du loisir scientifique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Base de Bagotville devait soumettre le nom d'un officier prêt à se rendre en milieu scolaire pour agir comme ambassadeur, parler d'aéronautique aux jeunes et dresser un parallèle entre le métier de pilote et la science. Le choix de Pierre-David s'est imposé. Jeune, charismatique et disponible (il est un pilote qualifié, mais il doit poursuivre son apprentissage avant d'être prêt au combat), «Pirate» a accepté de relever ce défi.

Le militaire de 27 ans retrouvera donc son coeur d'enfant lorsqu'il rencontrera des écoliers de troisième, quatrième, cinquième et sixième année du primaire et des élèves de troisième secondaire pour leur transmettre un peu de sa passion. Pierre-David, en qui sommeille toujours un petit bonhomme adepte de modèles réduits, est convaincu qu'il aura beaucoup de plaisir à côtoyer les jeunes. Et s'il a besoin de trucs et astuces en matière de pédagogie, il pourra faire appel au savoir-faire de sa conjointe, Marie-Ève, enseignante au primaire.

Ambitions

S'il se dit heureux d'évoluer à Bagotville, le capitaine confie avoir très hâte de découvrir le monde. En plus des déploiements auxquels il devra nécessairement participer au cours de sa carrière, le fils de Chicoutimi aimerait bien participer à des échanges avec des officiers d'Europe et des États-Unis.

«Mon but est de faire ce qu'on appelle des ''flying tours'' pendant toute ma carrière. Je veux continuer de voler. C'est ça que je veux faire. Mon ambition n'est pas d'être un haut gradé militaire. J'aime mieux être capitaine pendant 25 ans que de travailler dans un bureau», fait-il valoir.

Le fait de se trouver maître d'une machine aussi complexe, conjugué à la sensation d'être libre et léger comme l'air, grise littéralement Pierre-David Boivin. Le défi intellectuel propre à la préparation de chaque mission d'entraînement, couplé à l'exigeante épreuve physique qu'est celle de tenir les commandes d'un F-18 pendant de longues minutes, poussent l'exaltation à son paroxysme. Jamais le jeune officier ne voudrait renoncer à cette impression comparable à celle de se retrouver au sommet du monde.

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