Forêt: Potvin réclame un meilleur leadership

Gilles Potvin demande des réponses du gouvernement du... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Gilles Potvin demande des réponses du gouvernement du Québec sur les coûts de la fibre et les volumes de bois disponibles pour soutenir les entreprises forestières dans les régions.

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Le maire de Saint-Félicien, Gilles Potvin, exige des réponses du gouvernement du Québec sur les coûts de la fibre et les volumes de bois disponibles pour soutenir les entreprises forestières dans les régions du Québec. Surtout, il réclame que l'État rétablisse clairement son rôle de gestionnaire des forêts publiques.

«Au Québec, ce n'est pas le Forest Stewardship Council (FSC) ou Greenpeace qui doit gérer les forêts. Il n'est pas question de plier devant le chantage des communautés autochtones ou des groupes de pression. Il y a des questions urgentes à régler et nous sommes toujours en attente de réponses sur les coûts de la fibre et les approvisionnements», a déclaré Gilles Potvin.

Le maire de Saint-Félicien a été surpris quand il a pris connaissance d'une déclaration du ministre Laurent Lessard qui voit d'un bon oeil une stratégie de médiation du FSC qui tente d'asseoir à la même table Résolu, Greenpeace, les communautés et les autochtones. Gilles Potvin aurait préféré que le titulaire du ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs concentre ses énergies sur la réponse que Québec devrait donner aux inquiétudes des communautés devant l'enlisement de tout le dossier de la forêt.

«Les deux unions municipales, la Fédération des chambres de commerce et le Conseil de l'industrie forestière du Québec ont fait une sortie publique sur les problèmes causés à l'économie par le coût de la fibre trop élevé au Québec et l'impossibilité d'obtenir de la prévisibilité dans les volumes disponibles à long terme. Depuis, il n'y a eu aucune réponse. Je n'ai pas reçu un seul appel téléphonique du gouvernement», poursuit le maire Potvin.

«Nous voulons un signal clair du gouvernement du Québec. Il est temps que le ministère lève l'incertitude liée à tout le dossier du caribou forestier. Il est temps que le gouvernement explique ce qu'il entend faire pour que les gens sachent finalement à quoi s'en tenir. Nos citoyens sont inquiets. Les travailleurs posent des questions et nous sommes incapables de leur fournir les bonnes réponses puisque personne ne nous appelle pour répondre à nos questions qui ont été posées dans le cadre d'un exercice qui regroupait les forces vives du Québec.»

Prix du mètre cube

Lors de cette présentation, les organismes ont dénoncé le fait que le nouveau régime forestier ait fait augmenter de 10$ le prix du mètre cube de bois. Il s'agit selon le maire Potvin de l'élément le plus important à régler puisque les entreprises québécoises sont en train de manquer le cycle à la hausse des prix du bois d'oeuvre.

Gilles Potvin considère que le gouvernement du Québec doit assumer ses responsabilités de gestionnaire de la forêt publique et résiste aux groupes de pression qui n'ont aucune imputabilité: «Les communautés sont en mesure de s'organiser et de se défendre. Quand les usines ferment, ce sont les élus locaux qui doivent composer avec les problèmes de dévitalisation. On demande au gouvernement de nous répondre rapidement», a conclu le maire de Saint-Félicien.

Québec, l'interlocuteur idéal

(LT) - Le Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ) juge que le gouvernement du Québec est l'interlocuteur tout désigné pour intervenir auprès du Forest Stewardship Council (FSC) afin de discuter des enjeux de certification découlant du consentement libre et éclairé des bandes amérindiennes et de la politique du caribou forestier.

Le CIFQ réagit ainsi à la proposition de FSC International de mener une opération de médiation au Québec afin de trouver des solutions à la perte des certificats de la papetière Résolu pour deux unités d'aménagement au Lac-Saint-Jean. Malgré un ton poli, le communiqué du CIFQ traduit assez bien l'enlisement dans lequel la crise de la certification est en train de s'enfoncer et surtout l'immense fossé qui sépare l'industrie québécoise de l'organisme de certification.

«Les questions autochtones et la préservation du caribou forestier sont des enjeux qui vont bien au-delà du rôle et des responsabilités de nos entreprises. C'est le gouvernement qui a la responsabilité de répondre à ces enjeux. Nous estimons donc que celui-ci doit être l'interlocuteur privilégié de FSC dans le cadre de la démarche proposée et nous avons pleinement confiance en lui pour ce faire», a déclaré André Tremblay.

Le conseil réitère tout simplement le contenu du discours du ministre des Forêts dans un forum FSC en Allemagne quand il plaidait la souveraineté de l'État dans la gestion des forêts et des relations avec les autochtones. La proposition de médiation de FSC International laisse entendre que l'organisme de certification considère que les deux éléments ne sont pas suffisants pour rencontrer les exigences de la norme.

Il est évident que le CIFQ refuse que le processus de médiation proposé ne devienne l'occasion de faire le procès des entreprises qui ont perdu des certificats (Arbec, Résolu et Domtar en Ontario depuis la semaine dernière). Le conseil plaide en faveur de processus très large qui permettra d'en arriver à régler les problèmes de façon permanente.

«De plus, le CIFQ estime que l'exercice de médiation proposé ne peut se limiter qu'aux seules entreprises visées par les pertes de certificats forestiers et des partenaires indiqués par FSC International. Pour qu'en émanent des solutions durables et équitables, notamment dans une perspective d'acceptabilité sociale, en plus des parties prenantes, l'industrie forestière dans son ensemble devrait y prendre part de même que des représentants des municipalités forestières et du milieu des affaires», stipule le communiqué officiel.

La crise de la certification prend de plus en plus d'ampleur puisqu'elle frappe maintenant la papetière Domtar. L'entreprise, qui se faisait une gloire de conserver sa certification, doit maintenant composer avec une bande indienne qui refuse son consentement libre et éclairé dans une forêt ontarienne.

Le Quotidien a interrogé plusieurs intervenants du secteur de la forêt depuis l'offre rendue publique par FSC International jeudi. Ce geste a été perçu en général comme une provocation pour le Québec qui, en acceptant le processus de médiation, ne ferait que céder à un organisme international qui n'a aucune imputabilité le loisir d'interférer dans des lois votées par l'Assemblée nationale (le nouveau régime forestier).

Plusieurs commentaires faisaient état de la rapidité de réaction de certains groupes environnementaux dont Greenpeace, qui ont appuyé sans réserve la proposition de FSC International de débarquer au Québec pour intervenir directement dans des politiques qui relèvent de l'État. Le dernier en liste est le puissant Fonds mondial de la nature qui exige que Résolu se soumette au processus de médiation proposé par FSC International.

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