Les propriétaires ne font pas leurs frais

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, de nombreux logements vacants auraient besoin de... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, de nombreux logements vacants auraient besoin de bien plus qu'un coup de pinceau. Les propriétaires n'osent toutefois pas effectuer de rénovations majeures, puisqu'ils ne peuvent augmenter le loyer de façon à rentrer dans leurs frais.

Actuellement, un propriétaire peut augmenter le loyer de 2 $ par tranche de 1000 $ en coût de rénovation. C'est donc dire qu'un propriétaire peut charger 20 $ de plus s'il investit 10 000 $ en rénovation. Il y a quelques années, ce taux était fixé à 11 $ du 1000 $.

« C'est une baisse énorme pour les propriétaires. À l'époque, s'ils effectuaient des rénovations majeures, les propriétaires rentraient dans leurs frais après huit ans. Aujourd'hui, on parle de 40 ans. C'est évident que les propriétaires n'osent pas se lancer dans des travaux de rénovation, surtout s'ils ont de la difficulté à louer leur logement », a expliqué le directeur des communications de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), Hans Brouillette. C'est la Régie du logement qui fixe les taux d'augmentation.

Cette semaine, la Société canadienne d'hypothèque et de logement (SCHL) publiait un rapport criant, dans lequel on apprenait que le taux d'inoccupation des logements de la RMR du Saguenay était de 7,1 %, du jamais-vu depuis 1993. En d'autres termes, plus de 1000 logements sont vacants sur le territoire.

Selon Hans Brouillette, ce taux d'inoccupation s'explique par plusieurs facteurs, notamment le besoin de rénovations de plusieurs unités locatives.

« Sur le territoire de Saguenay, plusieurs logements sont vétustes, sans intérêt et moins attrayants. Des rénovations seraient nécessaires, mais si un propriétaire n'arrive pas à louer son logement, il n'investira pas de sommes importantes pour rénover », note Hans Brouillette. Le cercle vicieux provoque donc la hausse du taux d'inoccupation.

Le vieillissement de la population et le faible taux d'immigration expliquent également la situation.

« Plusieurs se tournent vers les condos mis en location. C'est d'ailleurs le cas pour les personnes plus âgées », ajoute M. Brouillette.

Malgré tout, il ajoute que louer est toujours plus abordable qu'acheter. « Sur le territoire de Saguenay, nous avons les loyers les moins chers. Ce qu'on craint, c'est qu'en raison de la difficulté qu'ont les propriétaires à louer, ils finissent par dévaluer le coût de leur logement. Car une fois que le coût des loyers est dévalué, il est très difficile de l'augmenter par la suite », affirme Hans Brouillette.

Actuellement, le coût moyen d'un logement est de 532 $ à Chicoutimi-Nord, 655 $ à Chicoutimi, 581 $ à Jonquière et 506 $ à La Baie.

Des subventions pour remplir les logements

Le taux d'inoccupation élevé ne doit pas empêcher la construction de nouveaux logements sociaux, estime la coordonnatrice de Loge m'entraide, Sonia Côté. Une opinion que ne partage pas la CORPIQ.

«Pourquoi on ne profiterait pas de la foule de logements vacants pour permettre à des gens moins fortunés de se loger? Je comprends que certains n'ont pas les moyens de payer le montant d'un loyer régulier, mais si le gouvernement ou les villes accordaient des subventions sur le loyer, ça permettrait de régler bien des problèmes. Pourquoi continuer à construire des nouveaux immeubles alors qu'il y a des centaines de logements vacants?», s'interroge Hans Brouillette de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec.

Sonia Côté en désaccord

Sonia Côté, de Loge m'entraide, ne partage pas ce point de vue. «Selon une étude réalisée par la Société d'habitation du Québec, au bout de 20 ans, les subventions accordées sur le loyer coûteraient plus cher qu'une construction neuve. Et les coopératives d'habitation sont un bien collectif et n'appartiennent pas à un promoteur privé», a affirmé Sonia Côté.

La coordonnatrice estime qu'un taux d'inoccupation de 7,1% a tout de même un aspect positif.

«Il faut admettre que la situation générale du marché contribue à ralentir la hausse du coût du logement, ce qui peut accorder un certain répit aux locataires. Entre octobre 2014 et octobre 2015, l'augmentation des loyers a été de 1% dans les logements déjà existants, ce qui est beaucoup plus bas qu'il y a quelques années», a indiqué Mme Côté.

1000 suppléments au loyer à des personnes à faible revenu

(Antoine Lacroix) - Le ministre responsable de l'habitation, Pierre Moreau, a annoncé, vendredi, la distribution de 1000 suppléments au loyer à des personnes à faible revenu pour l'année 2015-2016. Cette répartition se fera par l'entremise du programme Supplément au loyer de la Société d'habitation du Québec. Mille ménages à revenu modique bénéficieront d'une aide financière qui permettra de combler des besoins, a souligné Pierre Moreau. Les suppléments annoncés seront distribués à des offices d'habitation qui gèrent déjà ce type de subvention.

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