Pierre-Luc Fortin sera fixé le 25 janvier

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Louis Potvin
Le Quotidien

Est-ce que l'un des copropriétaires de Saint-Félicien Toyota, Pierre-Luc Fortin, aurait foncé délibérément avec son véhicule en direction de lock-outés dans le but de les intimider?

C'est ce que devra déterminer le juge Paul Guimond qui a présidé le procès de l'homme de 36 ans qui s'est tenu jeudi au Palais de justice de Roberval. Pierre-Luc Fortin fait face à six chefs d'accusation de voies de fait et de harcèlement.

Selon quatre témoins entendus, c'est au moins à deux reprises que l'homme aurait bifurqué de sa trajectoire, sur le boulevard Sacré-Coeur, à bord d'une Infinity noire, pour passer dangereusement près de lock-outés.

Le premier incident serait survenu le 17 mars 2013, quelques jours après le déclenchement du lock-out.

À ce moment, Éric Morin et Benoît Munger font du piquetage sur un monticule de neige devant le concessionnaire Jean Dumas Ford, invitant les gens à klaxonner.

«J'ai vu cet utilitaire sport faire un mouvement rapide en ma direction, il m'a frôlé en passant à quatre pouces de moi. Je suis resté figé et j'ai eu peur», a raconté le mécanicien. À l'époque, il n'avait pas décidé de porter plainte parce qu'il ne voulait pas causer de torts à sa voisine qui travaille chez Saint-Félicien Toyota. Par contre, Benoît Munger, qui a été témoin de la scène, aurait avisé les policiers pour qu'ils avertissent Fortin que son comportement était dangereux.

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Un dimanche

Or, le 17 mars était un dimanche. Ce qui veut dire que le concessionnaire était fermé et qu'il n'y avait donc pas de piquetage, a relevé l'avocat de Pierre-Luc Fortin, Me Maxime Roy. D'ailleurs, son client a affirmé ne pas avoir passé dans ce secteur à cette date. Ce qui a fait dire à l'avocat que cet incident n'a jamais eu lieu. Surtout que les plaintes officielles concernant cet événement ont été déposées après celles des incidents du 4 juillet 2013.

Lors d'une manifestation regroupant une centaine de lock-outés et des membres de leur famille, c'est Benoît Munger et Guy Munger qui auraient été victimes d'une manoeuvre d'intimidation près de Jean Dumas Ford alors qu'ils marchaient sur la piste cyclable. «Il a fait deux mouvements avec son véhicule et le troisième a failli m'accrocher. Il avait un sourire qui me fait dire que c'était pas mal volontaire. Le véhicule a touché au drapeau que je tenais. Là, je me suis dit: ''Ça n'a pas de bon sens. Y va finir par arriver de quoi! '' J'étais inquiet. Je ne comprenais pas qu'on pouvait utiliser son véhicule pour intimider en passant trop près d'une personne», a témoigné le maître carrossier de Jean Dumas Ford, Benoît Munger, maintenant à la retraite.

Guy Munger, directeur technique chez Duchesne auto d'Alma, était également présent lors de cette manifestation. Il a dit que le miroir de la voiture avait accroché le drapeau qu'il brandissait. Il s'est senti très mal et a eu peur. Cet incident lui a remémoré un souvenir. Il a déjà happé un enfant avec le rétroviseur de sa voiture.

Manoeuvre pour esquiver

Appelé à témoigner sur ce qui s'est passé cette journée-là, Pierre-Luc Fortin a mentionné que c'est la présence d'un drapeau qui est apparu devant son pare-brise qui l'a fait bifurquer brusquement de sa trajectoire pour tenter de l'éviter.

Des propos corroborés par un des employés de Saint-Félicien Toyota qui était à bord avec lui. «Il s'agit d'un accident causé par un réflexe, mais sous la lorgnette du conflit automobile, les personnes ont perçu une intention qui n'y était pas», a plaidé l'avocat Maxime Roy au juge.

Selon lui, il y a donc un doute raisonnable sur les événements et Pierre-Luc Fortin doit être acquitté.

Me Amélie Savard, la procureure de la Couronne, a pour sa part signalé que les témoignages étaient solides et fiables. «Les témoins avaient tous une description similaire des événements. Il faut donc leur accorder une grande crédibilité. Ils ont démontré que les gestes étaient téméraires et dangereux. Pour ce qui est des événements du 17 mars, monsieur Morin a dit que c'était vers cette date», a-t-elle mentionné au juge.

Le juge Guimond rendra son verdict le 25 janvier.

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