Une nouvelle ère, croit Gilbert Dominique

Gilbert Dominique estime que les choses vont changer... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

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Gilbert Dominique estime que les choses vont changer entre le peuple canadien et les autochtones avec le dépôt du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

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Louis Potvin
Le Quotidien

«J'invite les gens à prendre le temps de lire toutes les recommandations du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada. Je pense qu'en les mettant en oeuvre, ça annonce l'aube d'une belle relation entre les citoyens du Canada et des Premières Nations.»

Le chef des Pekuakamiulnuatsh de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, considère que le dépôt du rapport ouvre une nouvelle ère pour sa communauté et va permettre de laisser derrière une page sombre de l'histoire du Canada.

«Ce qui me réjouit, c'est la position du premier ministre Justin Trudeau qui a réitéré, le 8 décembre dernier, lors d'une rencontre avec les chefs autochtones du Canada, que son gouvernement va mettre en place intégralement les 94 recommandations du rapport. Ça ouvre la porte à une reconnaissance des Premières Nations basée sur le respect et la collaboration. Nous allons parler enfin de nation à nation. On ne sentira plus que nous sommes un peuple différent, voire inférieur», a-t-il mentionné.

En effet, les recommandations visent à redonner aux peuples autochtones une dignité et une autonomie afin de ne pas être considérées et traitées comme des communautés du tiers monde, où les problématiques sont multiples.

«Beaucoup de problématiques que nous vivons dans les communautés découlent du traitement qu'ont subi les jeunes qui ont séjourné dans les pensionnats. Ç'a été un génocide qui a provoqué la mort de 3200 jeunes à cause de mauvais traitements ou de malnutrition. C'est dévastateur comme constat», a-t-il ajouté.

Gilbert Dominique considère que le Canada a donc un devoir moral de mémoire pour se souvenir de cette période sombre qui a failli anéantir un peuple, mais surtout qui a eu des répercussions très graves sur son développement.

«Je pense que les recommandations pourront aider les Premières Nations à se reprendre en main et avoir une chance égale aux autres citoyens du Canada de développer leur plein potentiel», a-t-il conclu.

Plusieurs Innus de Mashteuiatsh touchés

La présence d'un pensionnat autochtone à Mashteuiatsh, de 1956 à 1965, a causé des torts irréparables à plusieurs Innus de la communauté, dont les parents de Gilbert Dominique.

« Ceux qui l'ont fréquenté ont subi de la violence physique, des abus sexuels et de malnutrition. Mes parents ont souffert de leur séjour au pensionnat. Ils n'ont jamais osé vraiment en parler, mais la Commission de vérité et réconciliation et les excuses du gouvernement ont permis de se libérer des souffrances qu'ils ont subies. Mes parents, comme les autres personnes de la communauté, ont des séquelles dramatiques qu'ils ont gardées enfouies bien trop longtemps », a témoigné le chef Gilbert Dominique.

Ce dernier pense que le Canada, en avouant ses fautes, va permettre aux gens de la communauté toujours vivants de mieux composer avec les sévices qu'ils ont vécus dans les pensionnats.

Ce génocide culturel a bien failli faire disparaître la langue des Innus. « C'est terrible ce qu'on a fait subir à notre peuple. On a voulu nous exterminer, ni plus ni moins. En commençant par la langue. Nous avons un gros travail à faire pour la réintégrer dans notre communauté. De plus, on a déraciné nos familles de leur lien familial, les privant de la transmission culturelle et identitaire », a-t-il souligné.

Aujourd'hui, selon Gilbert Dominique, les problématiques de violence, de suicide et de consommation de drogue et d'alcool sont l'héritage des pensionnats qui ont laissé toute une génération souffrante. Un désarroi qui s'est transmis aux fils des années.

Approche commune

Bien qu'un traité sur l'autonomie gouvernementale des Premières Nations Innus du Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord ne sera pas signé en 2015, Gilbert Dominique estime que l'élection du gouvernement libéral va accélérer les choses.

«C'est très inspirant d'entendre le premier ministre Justin Trudeau qui veut traiter d'égal à égal avec les Premières Nations dans un contexte de coopération et de partage. Nous avons demandé à rencontrer la ministre des Affaires autochtones le plus rapidement possible afin d'enclencher le dernier droit pour présenter en 2016 un projet de traité à la population.»

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