Dans les coulisses de la prison de Chicoutimi

  • Les détenus ont plié bagage le 5 décembre dernier, en direction du nouvel établissement carcéral de Roberval. (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    Les détenus ont plié bagage le 5 décembre dernier, en direction du nouvel établissement carcéral de Roberval.

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  • Quatre murs, une fenêtre, un lit à deux étages, une toilette, un lavabo et un miroir en plastique composaient les cellules. (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    Quatre murs, une fenêtre, un lit à deux étages, une toilette, un lavabo et un miroir en plastique composaient les cellules.

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  • Les murs des cellules sont encore tappissés de colle et de gomme, qui servaient à afficher des photos. (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    Les murs des cellules sont encore tappissés de colle et de gomme, qui servaient à afficher des photos.

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  • Les détenus de la prison de Chicoutimi laissaient aller leur créativité dans leur cellule. (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    Les détenus de la prison de Chicoutimi laissaient aller leur créativité dans leur cellule.

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  • Le poids des années a fait son oeuvre, entre les murs de la prison de la rue Price. (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    Le poids des années a fait son oeuvre, entre les murs de la prison de la rue Price.

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  • Les barreaux, les murs, les plafonds; tout étaient beige. (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    Les barreaux, les murs, les plafonds; tout étaient beige.

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  • Comparativement à la plupart des établissements carcéraux, les portes de celui de Chicoutimi ne sont pas automatisées, elles se barraient encore avec une clé. <br /><br /> (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    Comparativement à la plupart des établissements carcéraux, les portes de celui de Chicoutimi ne sont pas automatisées, elles se barraient encore avec une clé.

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  • La salle à diner des prévenus, située au premier étage. (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    La salle à diner des prévenus, située au premier étage.

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  • Des équipements sportifs étaient mis à la disposition des détenus dans la cour extérieure. (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    Des équipements sportifs étaient mis à la disposition des détenus dans la cour extérieure.

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  • Nathalie Murdock a travaillé 20 ans à la prison de Chicoutimi. Elle a notamment assumé la direction durant quatre ans. (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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    Nathalie Murdock a travaillé 20 ans à la prison de Chicoutimi. Elle a notamment assumé la direction durant quatre ans.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

«Prison sale.» «La prison, c'est pour les perdants.» «C'est ma première et ma dernière fois icitte.» «Je suis content de t'avoir connu. À bientôt j'espère.» «10 semaines = sortie.» Les détenus de la prison provinciale de Chicoutimi ont laissé leurs traces, au fil des années, dans les étroites cellules beiges et métalliques. Incursion derrière les barreaux de l'établissement de la rue Price, construit en 1929 et vacant depuis une semaine.

Les médias étaient conviés au centre de détention, à 11h, mardi matin. Devant les nombreuses demandes des journalistes, le ministère de la Sécurité publique a accepté d'ouvrir les portes de la petite prison pour une visite guidée.

Les détenus ont plié bagage le 5 décembre dernier, en direction du nouvel établissement carcéral de Roberval. Le ménage de la vieille prison a été fait. Les matelas et la literie ont été ramassés. Les portes auparavant barrées sont grandes ouvertes. Les affiches et les photos que les détenus avaient collées dans leur cellule ont été enlevées. Quelques-unes, représentant des femmes en petites tenues, ont toutefois été oubliées sur les murs sales et usés par les années et les graffitis.

«Les détenus écrivaient beaucoup sur les murs de leur cellule. Ils voulaient laisser leurs traces, dire adieu à leur codétenu ou s'exprimer par écrit», raconte Nathalie Murdock, qui a travaillé durant 20 ans entre les murs de la prison. La dame, qui a assumé la direction de la prison pendant quatre ans, était retournée à son poste de chef d'unité depuis quelques années. Celle qui travaillera désormais au Palais de justice de Chicoutimi avoue avoir un pincement au coeur en déambulant dans les salles vides de la prison.

«J'ai travaillé ici durant 20 ans, c'est certain que ça me fait quelque chose. Les détenus aussi avaient un pincement au coeur en partant. Mais en arrivant à Roberval, ils ont bien vu à quel point le nouvel établissement était mieux», a indiqué Mme Murdock. S'il y a une chose qui ne manquera pas à la chef d'unité, c'est l'odeur qui règne entre les murs. Un mélange de renfermé et de sueur que même les produits nettoyants n'ont pas fait disparaître. «Nous n'avions pas de systèmes d'aération ni de climatisation. Certains détenus ne se lavaient pas autant qu'il l'aurait fallu. Disons que je ne vais pas m'ennuyer de cette odeur», a ajouté Nathalie Murdock.

Si le bâtiment a toujours fière allure vue de l'extérieur, il en va tout autrement lorsqu'on pénètre à l'intérieur. Et il faudrait plus qu'un coup de pinceau pour redonner un second souffle à l'établissement. Le poids des années a fait son oeuvre. Et très peu de rénovations ont été effectuées au fil des ans. Comparativement à la plupart des établissements carcéraux, les portes de celui de Chicoutimi ne sont pas automatisées, elles se barraient encore avec une clé.

De secteur en secteur

Le premier étage était dédié aux prévenus en attente de comparution ou de sentence. Ils se partageaient une petite salle commune, des cellules et un parloir. Mais c'est en montant au deuxième qu'on peut davantage ressentir l'âme de la prison. C'est à cet étage que les détenus, incarcérés pour une peine de moins de deux ans, passaient presque tout leur temps. Les cellules étaient visiblement tapissées de photos, puisque la colle et la gomme sont encore bien présentes sur les murs. D'innombrables messages et graffitis, souvent obscènes ou haineux, ont été gravés dans le béton. Des dates, des noms, des menaces; les détenus s'appropriaient leur nouvel environnement.

La réclusion, ou plus communément appelé le trou, était également située au deuxième étage. Mais le local SS-14, qui ne comporte aucune fenêtre, n'était pas occupé régulièrement. Le détenu isolé pouvait y passer 23 heures sur 24, pour un maximum de sept jours. La journaliste du Quotidien a d'ailleurs pénétré dans la cellule de réclusion. Le noir total et le silence complet.

Activités et travaux

Toujours au deuxième, les détenus avaient accès à une petite salle de classe et à leur salle commune, baptisée la salle Antoine Tremblay, en hommage à leur aumônier décédé.

La télévision, le cinéma, les jeux de société et les jeux de cartes étaient les seules activités des prisonniers de Chicoutimi, en plus des quelques équipements sportifs mis à leur disposition dans la cour extérieure. Les détenus pouvaient également travailler, notamment à la buanderie, au ménage de la cour ou à la cuisine. Les prisonniers les plus exemplaires avaient d'ailleurs le droit de s'installer dans l'une des deux cellules en occupation simple. «Ceux qui ne faisaient pas de trouble et qui travaillaient fort étaient récompensés de cette manière», explique Nathalie Murdock.

Les agents correctionnels avaient-ils besoin d'intervenir souvent, pour des chicanes et des altercations entre détenus? «Ça dépendait beaucoup des détenus que nous avions, mais je ne peux pas vous dire à quelle fréquence ça pouvait arriver. Mais c'est certain que la proximité entraîne de la chicane», ajoute la chef d'unité.

Les cas les plus lourds, notamment les détenus jugés pour violence conjugale, agressions sexuelles ou crimes commis sur les enfants, logeaient dans le secteur A, soit le secteur sous protection. Pour leur propre bien, ils ne se mêlaient que très rarement à la population générale de la prison.

Les rares femmes qui étaient incarcérées à Chicoutimi partageaient une seule cellule, située au dernier étage de l'établissement.

«Nous avions une proximité intéressante avec les détenus, ce qui facilitait notre travail. Il y a vingt ans, c'était plus difficile pour une femme, mais aujourd'hui, il n'y a pas de différence. Nous étions autant d'hommes que de femmes à travailler à la prison», a indiqué Nathalie Murdock.

L'avenir du bâtiment inconnu

Qu'adviendra-t-il de la prison de Chicoutimi, construite en 1929, à deux pas du centre-ville?

Le ministère de la Sécurité publique ignore si la prison aura une seconde vocation. «Nous ne sommes pas propriétaires de l'établissement, qui appartient à la Société québécoise des infrastructures. Pour le moment, nous ignorons ce qu'il adviendra du bâtiment», a indiqué la porte-parole du ministère de la Sécurité publique, Alexandra Paré.

Quelques hypothèses avaient été avancées concernant l'avenir de la prison, mais rien n'a encore été annoncé. La coordonnatrice de Loge m'entraide, Sonia Côté, avait d'ailleurs manifesté son intérêt pour le bâtiment, qu'elle aimerait voir transformer en logements sociaux.

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