Le modèle des deux oreilles

Alexandre Chabot-Leclerc, originaire de Chicoutimi, a soutenu avec... (Photo courtoisie)

Agrandir

Alexandre Chabot-Leclerc, originaire de Chicoutimi, a soutenu avec succès sa thèse en génie électrique cette semaine à l'Université technique du Danemark.

Photo courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La musique et les sons ont bercé l'enfance d'Alexandre Chabot-Leclerc. Cette passion a amené le Chicoutimien d'origine à compléter un doctorat en génie électrique, plus précisément sur le système auditif, à l'Université technique du Danemark.

Alexandre Chabot-Leclerc a soutenu avec succès sa thèse cette semaine. Les commentaires que l'on peut lire sur le site Internet de l'université danoise sont d'ailleurs élogieux à ce sujet.

Le jeune homme a consacré ses études doctorales à l'élaboration des modèles informatiques qui permettent de prédire la façon dont la parole est comprise dans certaines situations (bruit ou écho, par exemple). «Le but est de comprendre comment nous comprenons la parole. Ces modèles sont basés sur ce qu'on sait du système auditif et visent à mieux le comprendre», explique-t-il à l'occasion d'un entretien téléphonique avec Le Progrès-Dimanche.

Ce système informatique pourra aider à comprendre l'impact des pertes auditives sur la compréhension de la parole. «Au final, c'est de comprendre la boîte noire qu'est le cerveau en visualisant ce qui s'y passe», explique-t-il.

Le doctorant n'a pas de difficulté à vulgariser son sujet, malgré sa complexité, une qualité d'ailleurs soulignée lors de sa soutenance de thèse.

Les modèles qu'il a élaborés ont l'avantage de fonctionner en tenant compte des deux oreilles humaines. «Ça semble évident dit comme cela, lance-t-il, mais plusieurs modèles fonctionnent seulement avec une oreille. C'est d'ailleurs suffisant dans la majorité des cas.»

L'utilité de ses modèles informatiques «à deux oreilles» pourrait se traduire dans la conception d'appareils auditifs. De plus en plus d'appareils auditifs se portent dans les deux oreilles communiquent entre eux pour obtenir une meilleure perception du niveau des sons et de leur décalage dans le temps.

Parcours

Alexandre Chabot-Leclerc demeure au Danemark depuis près de sept ans. Après avoir complété un baccalauréat en génie électrique à l'Université de Sherbrooke, il a ensuite pu poursuivre ses études en génie acoustique à l'Université technique du Danemark grâce à des bourses d'études.

«Le Danemark m'a toujours intéressé depuis que je suis jeune. Tout d'abord pour les blocs Lego, et en vieillissant, pour le design danois. Par la suite, c'est la seule université où j'ai trouvé un programme aussi complet et diversifié dans le domaine qui m'intéressait», explique celui qui a également reçu une bourse d'études pour entreprendre son doctorat au Hearing System Group.

Même s'il apprécie la vie au Danemark, ses projets futurs le mènent vers les États-Unis. Dès janvier, il s'installera à Austin, au Texas pour oeuvrer comme consultant et enseignant pour l'entreprise Enthought, une firme ayant développé un langage de programmation informatique pouvant être utilisé dans plusieurs domaines.

Sa conjointe et lui ne comptent toutefois pas poser leurs valises bien longtemps aux États-Unis. Ils espèrent pouvoir s'établir à Montréal dans quelques années.

Deux frères formés par la musique

Deux frères, deux parcours différents, mais un fil conducteur: la musique. La musique, qui aura incité l'un à y consacrer sa vie, tandis qu'elle aura servi de tremplin, pour l'autre, vers les sciences.

Les frères Chabot-Leclerc, Gaël et Alexandre, ont appris la musique dès leur jeune âge. À cinq ans, Alexandre se mettait au piano, tandis que Gaël, son cadet, suivait ses premiers cours de musique à six ans. Gaël a alors participé au camp musical Intermezzo, où il a joué de la flûte à bec.

«J'ai haï ça pour mourir! L'été suivant, j'ai refait le camp, mais en percussions», raconte Gaël, lors d'un entretien téléphonique avec Le Progrès-Dimanche.

On connaît la suite des choses: depuis ce temps-là, sa passion pour les percussions ne s'est pas tarie. Il a commencé par étudier la batterie, puis le xylophone, avant de se spécialiser dans les instruments de percussion à clavier, tels que le marimba.

Gaël Chabot-Leclerc possède un parcours en musique tout... (Photo courtoisie, archives) - image 3.0

Agrandir

Gaël Chabot-Leclerc possède un parcours en musique tout aussi impressionnant que celui de son frère en sciences.

Photo courtoisie, archives

Du côté d'Alexandre, l'apprentissage du piano n'a pas toujours été une partie de plaisir. «C'était difficile, vers six, sept ans, je me forçais à pratiquer. De mon côté, j'ai pensé lâcher souvent», laisse-t-il tomber.

Vers 15 ans, toutefois, il s'est mis à apprécier davantage la musique. Il pratiquait alors plus souvent, par intérêt personnel, et non parce que cela lui état imposé.

Si Alexandre a pour sa part décidé de poursuivre vers les sciences, son parcours musical l'a toutefois influencé dans son choix. «J'ai étudié la musique pendant 10 ans, et je voulais faire quelque chose qui se rejoignait», souligne-t-il. Il s'orientait vers l'acoustique de la scène, avant de trouver sa véritable passion dans l'étude du système auditif humain. «J'ai choisi les sciences, je trouvais que c'était moins d'ouvrage que la musique!», lance-t-il en riant.

Gaël ne présente pas moins une feuille de route impressionnante: il a complété une maîtrise en percussion avant de poursuivre ses études à la prestigieuse école de musique Berklee de Boston. Il est en outre le fondateur du festival de tango de Saint-Fulgence, Tang-aux-foins.

Il possède son propre groupe de tango, Guardia Nueva. Il est présentement établi à Vancouver avec sa conjointe, Andréa Tremblay-Legendre, pianiste, qui se perfectionne à l'Université de la Colombie-Britannique. Il travaille présentement en marketing, donne quelques spectacles et développe son réseau de contacts.

Les deux frères ont rarement joué ensemble sur la même scène. Peu importe, leurs parents, leur meilleur public, étaient toujours présents. «Mon père est un vrai fan, tandis que ma mère, est plus critique, mais ça demeure très positif!», laisse tomber Alexandre.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer