Aide médicale à mourir: de l'émotion pour Marie-Josée Gobeil

Invitée par la députée Véronique Hivon, l'Almatoise Marie-Josée... (Photo courtoisie)

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Invitée par la députée Véronique Hivon, l'Almatoise Marie-Josée Gobeil avait assisté au vote historique sur le projet de loi Mourir dans la dignité, en juin 2014, à l'Assemblée nationale.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

L'Almatoise Marie-Josée Gobeil a vécu une journée émotive, hier, avec l'entrée en vigueur de la loi sur l'aide médicale à mourir. Celle qui a milité et contribué à l'adoption de cette loi soulignait également les sept ans du décès de sa mère. Une dame qui aurait souhaité bénéficier d'une telle aide en 2010.

«J'étais émue en entendant les nouvelles. D'autant plus que ma mère est décédée il y a sept ans jour pour jour. Je l'ai pris comme un signe venant d'elle. Elle me remerciait du travail que j'avais fait dans ce dossier», raconte avec émotions la dame qui avait déposé un mémoire en 2010 pour raconter la pénible fin de vie de sa mère, la Baieriveraine Denise Chouinard.

La dame souffrait d'un cancer du pancréas, une maladie incurable. La famille avait alors passé six mois à son chevet. La dame demandait régulièrement une aide à mourir, mais la loi l'interdisait. Mme Chouinard avait alors pris les grands moyens pour mettre fin à ses jours en cessant de s'alimenter.

L'histoire de Marie-Josée Gobeil avait touché toute la communauté politique. La députée Véronique Hivon l'avait d'ailleurs invitée à l'Assemblée nationale pour l'adoption de cette loi, en juin 2014.

«Pour moi, l'entrée en vigueur c'est le début. Car il y a encore du travail de sensibilisation à faire et des gens ont besoin d'être sécurisés. D'ailleurs, je souhaite rencontrer les responsables des maisons de soins palliatifs pour discuter du sujet avec eux. Je comprends qu'il y a des réticences, car ce n'est pas un geste banal. Je ne vise pas non plus à convaincre tout le monde. Mais je souhaite que cette décision soit respectée. Parce qu'elle n'enlève rien aux autres», insiste Mme Gobeil, souhaitant une plus grande ouverture envers ce choix.

Cette dernière rappelle également que la loi 52 ne concerne pas uniquement l'aide médicale à mourir.

«Ça vient encadrer tous les soins de fin de vie. Ça permet aux Québécois provenant des quatre coins de la province d'avoir droit aux mêmes soins», précise-t-elle.

Prendre le temps de réfléchir

(LL) - Le Havre du Lac-Saint-Jean pourrait faire partie des rares maisons de soins palliatifs du Québec à offrir l'aide médicale à mourir. Le conseil d'administration de l'établissement robervalois n'a toujours pas statué à ce sujet, confirme le président, Jacques Boily. La maison consulte actuellement les employés, les bénévoles et les médecins pour prendre une décision éclairée.

« Nous sommes en réflexion. C'est une décision qu'on ne peut pas prendre sur le coin d'une table. Donc, on prend le temps de consulter les gens », répond M. Boily, qui refuse toutefois de préciser l'orientation des discussions.

Les trois autres maisons de soins palliatifs de la région ne comptent pas, pour le moment, changer d'idée et offrir l'aide médicale à mourir. Les patients qui répondent aux critères et qui souhaitent se prévaloir de ce droit seront transférés dans un centre hospitalier.

« Notre position n'a pas changé. On n'est pas contre l'aide médicale à mourir, mais pas dans nos installations. D'ailleurs, les médecins qui sont associés à notre maison ne veulent pas non plus faire cette intervention. Donc si un patient le demande, il sera transporté dans un centre hospitalier. Tout ça sera fait de façon discrète pour éviter tout jugement », précise Jean-Pierre Simard, directeur de la maison Notre-Dame du Saguenay.

« Il y a peu de maisons qui le donnent, peut-être une ou deux au Québec. Mais peut-être que les choses vont changer dans 5 ou 10 ans. Tout ça peut vite évoluer », ajoute-t-il.

À la maison Colombe-Veilleux de Dolbeau-Mistassini, les responsables abondent dans le même sens.

« Notre mission est d'accompagner les gens jusqu'à la fin de leur vie. Pas d'accélérer cette fin de vie. Notre position a toujours été la même », répond Jacqueline Boivin, coordonnatrice de la maison Colombe-Veilleux.

Au Québec, peu d'établissements de ce type ont accepté d'offrir l'aide médicale à mourir. La Maison René-Verrier de Drummondville et la Maison Aube-Lumière de Sherbrooke seraient les seuls pour le moment.

Par ailleurs, il a été impossible de savoir si des gens de la région avaient fait une demande d'aide médicale à mourir, hier, au jour un de l'entrée en vigueur de la loi. Le porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), Marc-Antoine Tremblay, a rappelé que cette information, de nature confidentielle, ne sera pas dévoilée aux médias. Il n'a pas été en mesure non plus de dire si son organisation allait divulguer le nombre de demandes dans leur bilan annuel.

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