Un écolo près du dépotoir

Richard Thériault demeure dans le rang 8 à... (Photo Le Quotidien, Laura Lévesque)

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Richard Thériault demeure dans le rang 8 à Saint-Bruno. Le lieu d'enfouissement se trouve dans les monts derrière sa résidence. Sensible à la protection de l'environnement depuis longtemps, la construction du site l'a rendu encore plus écolo, admet-il.

Photo Le Quotidien, Laura Lévesque

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Il recueille l'eau de pluie, composte ses déchets organiques, dépose ses contenants en styromousse et ses résidus domestiques dangereux à l'écocentre, n'utilise pas d'essuie-tout et vient d'acheter des couches lavables pour sa petite-fille. Richard Thériault de Saint-Bruno fait partie de ces gens qui en font un peu plus pour protéger l'environnement. Coïncidence, il demeure tout près du site d'enfouissement d'Hébertville-Station.

Comme plusieurs résidants, il ne voulait pas de site derrière chez lui. Mais il ne s'y est pas non plus opposé, conscient de la nécessité d'un tel endroit.

Mais une récente visite au nouveau lieu d'enfouissement l'a complètement bouleversé.

«J'ai demandé aux responsables si je pouvais aller voir de mes yeux et ils ont accepté. En arrivant sur place, j'ai vu du bois, des bouteilles de plastique, des matériaux qui pouvaient être recyclés. Ça m'a jeté à terre de voir tout ça», raconte M. Thériault.

Ce dernier estime qu'il faut resserrer la vis, car on ne peut pas se baser uniquement sur la volonté des citoyens en matière de recyclage et de récupération.

«Notre grande région fait piètre figure sur le plan des matières résiduelles, car notre taux de recyclage frôle les 40%. Nous devrions plutôt atteindre les 80%. Il y a encore de la méconnaissance, mais il y a aussi de la paresse, de l'insouciance. Très peu de gens ont le courage de faire du compost qui réduit la génération de déchets de 30%, d'aller au centre de tri pour disposer leurs matières valorisables, d'utiliser les services de Carrefour environnement Saguenay pour les appareils électriques, électroniques et informatiques. Trop facile encore de disposer dans la même poubelle. D'ailleurs, plusieurs citoyens ne s'en préoccupent pas, car le trou, il est loin de chez eux», dénonce M. Thériault.

«Si ce trou était chez eux, peut-être que ça serait différent. Imaginez si chaque quartier résidentiel avait son propre site d'enfouissement. Probablement que les citoyens seraient plus responsables», ajoute-t-il.

Le Brunois, qui demeure dans le rang 8, propose d'utiliser les redevances versées aux municipalités, quelques centaines de milliers de dollars, pour payer des initiatives environnementales. Que ça soit l'embauche d'un écoconseiller, contribuer à l'achat de bacs de compostage ou de contenants d'eau pour le réfrigérateur afin de diminuer l'utilisation de bouteilles de plastique. M. Thériault va encore plus loin en suggérant de mettre en place des polices vertes qui vérifieraient les bacs bleus. Après quelques avertissements, les citoyens non conformes s'exposeraient à une amende.

«L'éducation joue sur nos comportements. Mais la seule façon de rendre rapidement les gens plus responsables, c'est de faire comme la SAAQ. Punir les pas bons et récompenser les bons», plaide-t-il.

« Des trous partout »

En se chicanant sur les redevances et en vantant les économies reliées à l'enfouissement de tous les déchets régionaux au site d'Hébertville-Station, les élus s'éloignent des vrais enjeux, estime Richard Thériault, qui souhaite remettre le discours environnemental de l'avant. Le citoyen de Saint-Bruno, qui réside tout près du lieu d'enfouissement technique (LET), estime qu'il faut mettre les bouchées doubles pour réduire considérablement l'enfouissement.

«D'un côté, les élus de Saguenay sont heureux d'annoncer que la gestion des déchets ne coûtera pas plus cher à leurs citoyens et qu'ils estiment économiser 50 millions$. De l'autre côté, les élus du Lac-Saint-Jean, eux, se font avoir avec ce que j'appelle l'appât du gain. Est-ce que l'enfouissement ne coûte finalement pas assez cher? Si les coûts étaient plus élevés, les gens seraient plus tentés d'aller vers différentes initiatives de valorisation de résidus plutôt que d'aller au moins dispendieux, soit l'enfouissement», déplore M. Thériault, ancien président de la Société de développement de Saint-Bruno et citoyen engagé à la réduction de l'enfouissement.

Ce dernier n'est toutefois pas contre l'arrivée des déchets des Saguenéens près de chez lui.

«Au contraire, il est temps que nous arrêtions de faire des trous partout pour enfouir nos déchets. Mais ma grande inquiétude est que jamais nous n'avons entendu nos élus mentionner les mots réduire, réutiliser, recycler et valoriser.

C'est ça qui m'inquiète. Parce que si ça continue comme ça, le site ne durera pas 30 ou 40 ans, mais plutôt 20 ou 25 ans. Nos enfants vont être obligés de se chicaner de nouveau pour trouver un autre site. Le trou n'est pas dans votre cour en ce moment. Mais ça ne veut pas dire qu'il n'y en aura jamais», soupire-t-il.

Les élus régionaux ne doivent pas attendre les ordres de Québec pour rendre obligatoire le compostage, selon M. Thériault, rappelant que plusieurs autres municipalités ont déjà emboîté le pas.

«J'aimerais que tout le monde ait des bacs bruns pour la collecte de compostage lorsque le site derrière chez moi ouvrira ses portes aux déchets de Saguenay. Si on attend après le gouvernement, ça ne se fera pas. Il faut se prendre en main dès maintenant, pas dans quelques années», insiste le citoyen engagé.

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