Marche silencieuse à Jonquière

Les intervenantes de la Table de concertation sur... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

Agrandir

Les intervenantes de la Table de concertation sur la violence faite aux femmes et aux adolescentes de Jonquière, Valérie Gobeil, Cynthia St-Louis et Shirley Vigneault, sont satisfaites de la portée de l'événement de dimanche.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

À l'occasion de la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes, qui rend hommage aux 14 victimes abattues à l'École polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989, un regroupement d'organismes jonquiérois a organisé une marche silencieuse, dimanche, pour sensibiliser la population et a agi directement auprès des enfants avec un spectacle de marionnettes.

En tant que directeur général de l'École nationale d'apprentissage par la marionnette (ENAM), Richard Bouchard a accepté d'emblée la proposition de la Table de concertation sur la violence faite aux femmes et aux adolescentes de Jonquière. La collaboration devrait perdurer.

«Quand il y a des drames sociaux comme celui de Polytechnique, on ne veut plus que ça arrive. Pourtant, on continue d'en voir dans les médias. Pendant 10 ans, j'ai travaillé avec un homme qui avait des problèmes avec les femmes, et il a pu se contrôler avec les marionnettes. C'était en quelque sorte un Marc Lépine en puissance», raconte-t-il en faisant référence à l'auteur de la tragédie, il y a 26 ans.

Lors de la prestation, M. Bouchard a guidé ses élèves, qui suivent un programme d'intégration sociale pour les personnes ayant des difficultés en santé mentale. À travers leurs personnages manipulés, ils ont expliqué le phénomène de la violence à environ 25 jeunes spectateurs et 90 adultes. Selon lui, la marionnette est un bon moyen de faire passer un message, comme «la violence est inadmissible», car ce médium dépersonnalise les intervenants.

Les enfants peuvent aussi s'y identifier facilement. La représentante de la Table, Cynthia St-Louis, estime qu'il faut les conscientiser le plus tôt possible. Plusieurs accompagnent les femmes victimes de violence dans les maisons d'hébergement, qui débordent dans la région. «On dépasse notre taux d'occupation pour accepter plus de cas, décrit-elle. J'aime à croire que c'est parce qu'on fait un bon travail, que les femmes cherchent plus d'aide, plutôt que ce soit la violence qui augmente.»

Mme St-Louis estime que plusieurs préjugés continuent de maintenir les femmes en infériorité et les empêchent de sortir du carcan de la violence. Elle dénonce notamment les vidéoclips qui montrent une image dégradante. «On a l'impression d'être dans une société égalitaire, mais quand on regarde les faits en profondeur, comme le salaire versus les tâches, c'est loin d'être le cas.»

Une quarantaine de personnes ont marché dans les rues de Jonquière pour la cause, dimanche, avant d'être rejointes par d'autres pour un brunch et le spectacle de marionnettes. D'autres événements étaient organisés simultanément partout au Québec, ce qui concluait les 12 jours d'action pour l'élimination de la violence envers les femmes. La Table a d'ailleurs distribué des napperons de sensibilisation dans plusieurs restaurants jonquiérois.

Selon les estimations, 1060 femmes et enfants ont été tués par des hommes depuis 1989 au Québec.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer