Refaire la glace... avec de l'eau de pluie

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L'ingénieur Alexandre Bouchard a inventé un système qui utilise l'eau de pluie pour faire fonctionner une surfaceuse.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Qui aurait pensé à utiliser de l'eau de pluie pour faire fonctionner une surfaceuse? L'ingénieur Alexandre Bouchard, qui oeuvre à Jonquière, peut se vanter d'être le premier à avoir créé un système du genre au Canada. L'appareil de récupération d'eau de pluie, qui sera inauguré cette semaine à l'aréna Saint-Michel de Montréal, permettra des économies frisant les 2 millions de litres d'eau annuellement.

Originaire d'Alma, Alexandre Bouchard a terminé ses études d'ingénierie à Montréal. Il y a travaillé quelque temps, au sein des bureaux de Martin Roy et associés, avant de revenir s'installer dans sa région natale.

C'est en 2012 que l'ingénieur a commencé à travailler à l'aréna Saint-Michel.

«La Ville de Montréal nous avait approchés, puisqu'il y avait un important problème de refoulement d'égout à l'aréna. En inspectant les lieux, on a conclu qu'à long terme, c'est tout le système d'égouts pluviaux qui devait être changé. Évidemment, c'était trop coûteux. J'ai donc pensé à un projet de récupération d'eau de pluie», explique Alexandre Bouchard, rencontré plus tôt cette semaine dans ses bureaux de Jonquière.

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L'ingénieur Alexandre Bouchard a créé le premier système de récupération d'eau de pluie dédié à une surfaceuse et installé dans un aréna au Canada.

Photo Le Progrès-Dimanche, Michel Tremblay

«Au départ, le projet visait à récupérer l'eau de pluie pour faire fonctionner les toilettes. Mais lorsque je travaillais sur place, j'ai vu un gars qui remplissait la Zamboni. Il semblait mettre énormément d'eau et je lui ai demandé combien de litres étaient nécessaires pour refaire la glace. Sa réponse m'a jeté par terre», lance l'ingénieur.

En effet, pour refaire la glace de l'Aréna Saint-Michel, 680 litres d'eau sont nécessaires. «Ils doivent refaire la glace une dizaine de fois par jour parce qu'il y a plusieurs clubs sportifs qui s'y entraînent, dont des patineurs artistiques. Ça fait 680 litres multipliés par 10, chaque jour. Je n'en revenais pas! J'ai tout de suite demandé si c'était possible de faire fonctionner une surfaceuse avec de l'eau de pluie», raconte Alexandre Bouchard. La première réponse fut négative.

L'aréna Saint-Michel sera le seul à être équipé... (Courtoisie Alexandre Bouchard) - image 3.0

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L'aréna Saint-Michel sera le seul à être équipé d'un tel système au Canada.

Courtoisie Alexandre Bouchard

«C'est souvent comme ça lorsqu'on essaie d'innover! Les gens sont portés à dire non avant de comprendre de quoi il s'agit, mais je n'ai pas abandonné. J'ai fait des recherches et j'ai demandé quelles étaient les qualités que devait avoir l'eau pour faire la glace d'un aréna. En analysant l'eau de pluie, j'ai pu conclure que c'était absolument possible. De plus, j'ai trouvé un aréna new-yorkais qui utilisait un système du genre», explique Alexandre Bouchard.

Finalement, l'ingénieur a présenté un plan qui a été accepté. Le projet a même bénéficié d'une subvention de 175 000 dollars du Fonds municipal vert.

Les spectateurs pourront voir les immenses réservoirs, qui... (Courtoisie Alexandre Bouchard) - image 4.0

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Les spectateurs pourront voir les immenses réservoirs, qui serviront à alimenter la surfaceuse en eau.

Courtoisie Alexandre Bouchard

Le système pensé par Alexandre Bouchard est équipé de deux gros réservoirs, installés dans l'aréna et d'un système de récupération d'eau de pluie, installé sur le toit. Le système est également équipé de plusieurs filtres, qui permettent d'éliminer les gros déchets, comme les feuilles mortes, mais aussi les bactéries et les plus petits déchets, comme les grains de sable. «Nous ne voulions pas une glace brune et la Ville de Montréal voulait que la glace soit pure, afin d'éliminer tous risques de contracter une maladie si un joueur, par exemple, tombait sur la glace et avalait de l'eau par accident. C'est très peu probable, mais c'était une exigence de la Ville, alors nous avons intégré un filtre spécial», a indiqué l'ingénieur.

Le système de récupération d'eau de pluie sera dévoilé jeudi prochain, lors d'une conférence de presse.

Le système de récupération d'eau de pluie est... (Courtoisie Alexandre Bouchard) - image 5.0

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Le système de récupération d'eau de pluie est installé sur le toit de l'aréna.

Courtoisie Alexandre Bouchard

«Ce projet me rend très fier, puisque je n'ai pas abandonné lorsqu'on m'a dit que ce n'était pas possible. Et j'espère que le projet donnera des idées à d'autres municipalités. Imaginez si les camions qui arrosent les rues utilisaient l'eau de pluie. Ce n'est pas parce que l'eau est gratuite qu'on ne doit pas lui faire attention», a affirmé Alexandre Bouchard.

Depuis un an et demi, l'ingénieur dirige une filière de Martin Roy et associés, qu'il a ouverte à Jonquière.

Un salon chauffé au four crématoire!

Nul doute, l'ingénieur Alexandre Bouchard a le développement durable à coeur. En plus d'avoir créé un système de récupération d'eau de pluie pour un aréna montréalais, il a mis sur pied le premier système de chauffage qui utilise l'énergie d'un four crématoire au Canada.

Alexandre Bouchard a travaillé sur ce projet novateur au Salon funéraire Goyer de Sainte-Thérèse.

«On nous avait demandé d'étudier les possibilités pour un système de chauffage qui serait économique et plus écologique. J'ai immédiatement pensé à utiliser l'énergie des fours crématoires. Ces fours génèrent une énergie incroyable et cette énergie n'est pas utilisée», explique Alexandre Bouchard. Encore une fois, l'ingénieur a fait face à un premier refus.

«On m'a dit que ça ne se faisait pas. J'ai fait des recherches et j'ai trouvé un salon funéraire qui utilisait l'énergie des fours crématoires pour chauffer son bâtiment en Belgique. J'ai appelé et j'ai demandé à voir les plans. J'ai donc pu démontrer que c'était possible», explique-t-il.

Le Salon funéraire Goyer de Sainte-Thérèse est le premier au Canada à utiliser ce moyen de chauffage. «Il y avait tellement d'énergie qu'on en gaspillait encore, même si le bâtiment était complètement chauffé. J'ai donc créé un système pour que les trottoirs autour du salon soient également chauffés! Ce serait une dépense complètement ridicule en temps normal, mais dans ce cas-ci, on avait de l'énergie en trop. Les trottoirs n'ont pas besoin d'être déneigés de l'hiver!», ajoute Alexandre Bouchard.

Les projets liés au développement durable stimulent l'ingénieur. «Les ingénieurs vont devoir apprendre à innover davantage, puisque de plus en plus de projets visent à mettre de l'avant le développement durable. Il ne faut pas avoir peur de regarder ce qui se fait ailleurs dans le monde et de foncer», a indiqué Alexandre Bouchard.

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