Qui était Jim Gray?

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La centrale Jim-Gray est située sur la rivière Shipshaw.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Le barrage Jim-Gray revient souvent dans l'actualité, à un point tel où plusieurs personnes en sont venues à s'interroger sur la provenance de son nom. Pour satisfaire la curiosité de certains, Le Progrès-Dimanche a tenté de savoir qui était ce Jim Gray.

Connaître l'identité de ce Jim Gray n'a pas été une mince affaire. Le Progrès-Dimanche a contacté plusieurs acteurs régionaux, susceptibles d'élucider ce mystère, mais rares étaient ceux qui connaissaient le fond de l'histoire.

Chez Produits forestiers Résolu, on a été capable de nous fournir une partie de la réponse.

«Jim Gray est le nom de deux lacs [voir la carte] qui ont été ennoyés lors de la montée des eaux pour la création du lac réservoir Lac Lamothe. Ils étaient situés à l'endroit où se trouve présentement la prise d'eau de la centrale Jim Gray», a-t-on expliqué. Mais l'identité de ce dénommé Jim Gray n'était toujours pas dévoilée.

Le Progrès-Dimanche s'est tourné vers l'Université du Québec à Chicoutimi pour plus d'informations, mais en vain. C'est finalement l'historienne Russel-Aurore Bouchard qui a pu éclaircir le mystère.

«Voilà une belle question d'histoire pour ce Saguenay qui se perd dans ses oublis et ce Québec qui se complaît dans sa sénilité. Rien d'étonnant à ce qu'il soit disparu si vite du radar de l'histoire, car ce Jim Gray n'était pas d'ici, mais plutôt de la Gaspésie. De 1902 à 1907, il était gardien du Club de pêche Watson et campait au lac Kedgwick, un magnifique plan d'eau situé dans l'actuelle Réserve faunique de Rimouski», explique Russel-Aurore Bouchard.

Le nom de James Grey apparaît sur une... (Courtoisie Russel-Aurore Bouchard) - image 2.0

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Le nom de James Grey apparaît sur une carte officielle publiée en 1914 par le gouvernement du Québec, au nord-ouest de la chute des Georges. Comme on peut le voir, deux lacs portent ce nom.

Courtoisie Russel-Aurore Bouchard

«Plusieurs histoires, associées à la contrebande d'alcool le long du Saint-Laurent, au braconnage et aux Indiens, évoquent le nom de James Gray. Il n'est pas inutile de le rappeler dans le contexte de cette histoire, à l'époque la Maison Price était puissamment installée dans cette région du Québec et détenait des droits de coupe exclusifs sur une bonne portion de la forêt», ajoute l'historienne.

Comment ce toponyme est-il arrivé au Saguenay-Lac-Saint-Jean? Difficile à dire, selon Mme Bouchard.

«Il en fallait alors si peu pour nommer un des milliers de lacs et rivières toujours anonymes. Quoi qu'il en soit, le nom de James Grey apparaît sur une carte officielle publiée en 1914 par le gouvernement du Québec, au nord-ouest de la chute des Georges. Dans une lettre en date du 16 juillet 1952, John Arthur Clifford Price, président de l'empire Price Brothers, écrivit à la Société historique du Saguenay pour lui signifier qu'il avait choisi de baptiser du nom de «Jim-Gray» une des deux usines hydro-électriques projetées sur la rivière Shipshaw. Il justifiait son choix du fait que la future centrale allait tirer son eau des lacs Jim Grey (que certains épellent Gray)».

Ne connaissant rien de l'histoire du bonhomme, par souci de préserver le nom du lac et pour ne pas heurter les bonzes de l'histoire régionale qui logeaient à la Société historique du Saguenay, Mr Price, en bon diplomate, leur demanda un avis qui fut certainement favorable puisque c'est le nom de ce personnage folklorique qui fut retenu pour nommer la centrale. Comme bien d'autres, ce lac disparaîtra avec son nom dans l'aménagement hydraulique de la rivière Shipshaw, ce qui explique pourquoi on a fini par l'oublier», indique l'historienne.

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