La Légion d'honneur pour un vétéran

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La médaille de Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur est la 7e récompense de Jean-Paul Dufour, qui n'aime pas beaucoup les honneurs.

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Jean-Paul Dufour, de Kénogami, a reçu la plus haute distinction décernée par la République française. Il s'agit de la 7e récompense pour ce vétéran de la Deuxième Guerre mondiale, qui a été prisonnier des Allemands durant huit mois.

Jean-Paul Dufour a su qu'il avait été honoré cette semaine. L'homme de 91 ans a été nommé au grade de Chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur, pour son engagement dans la libération de la France lors de la Seconde Guerre mondiale.

«Ma fille n'arrêtait pas de me dire d'aller voir dans ma boîte aux lettres. J'y vais juste une fois par semaine et elle me tannait avec ça. J'y suis finalement allé et c'est à ce moment que j'ai eu ma médaille! Je ne sais pas trop pourquoi j'ai reçu cette distinction, j'ai simplement fait mon devoir», raconte, bien humblement, Jean-Paul Dufour.

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Le vétéran de la Seconde Guerre mondiale, Jean-Paul Dufour a reçu la plus haute distinction de la République française, la semaine dernière.

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L'homme s'est enrôlé en 1942, à l'âge de 17 ans, mais c'est en 1944 qu'il est arrivé en Europe, après deux ans de formation militaire. «J'aurais dû mourir à 19 ans, pendant le débarquement de Normandie. J'ai 91 ans et je suis encore là, je n'en reviens pas encore!», lance l'homme, en blaguant.

En juillet 1944, un peu plus d'un mois après avoir participé au débarquement de Normandie, Jean-Paul Dufour a été fait prisonnier par les Allemands. «Nous étions en France et on marchait depuis des semaines lorsqu'on a été encerclés par les Allemands, qui nous tiraient dessus. Mon compagnon a été tué devant mes yeux. J'y repense encore aujourd'hui. Les Allemands nous ont enfermés dans une grange, avec deux gars postés à l'entrée avec des mitraillettes», a raconté le vétéran, lorsque rencontré chez lui.

Jean-Paul Dufour a ensuite été conduit jusqu'en Allemagne, où il a été contraint de travailler dans des mines de charbon durant huit longs mois. Nourri au pain noirci et à l'eau, le vétéran s'est rapidement affaibli et a été grièvement blessé au dos en travaillant. Encore aujourd'hui, il doit porter un corset pour supporter son dos.

Finalement, après des mois de calvaire, Jean-Paul Dufour et ses compatriotes ont été libérés par les Américains. Il a ensuite abouti en Belgique, puis en Angleterre, avant de revenir au pays, peu de temps avant la fin de la guerre.

Soixante-dix ans plus tard, il pense à cette époque tous les jours. «Je vais souvent dehors pour fumer mon cigare, tranquille dans ma chaise. Et je pense à ce qui s'est passé là-bas. Je pense à ce que j'ai vu, comme mon ami qui s'est fait tuer devant moi», a affirmé le père de sept filles.

Le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944,... (Archives Marine Américaine) - image 3.0

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Le débarquement de Normandie, le 6 juin 1944, marque un tournant de la Seconde Guerre mondiale.

Archives Marine Américaine

Lorsqu'on lui demande s'il a cru mourir lors du débarquement de Normandie, la réponse de Jean-Paul Dufour est éloquente. «Lorsqu'on te dit d'avancer et qu'on entend les coups de fusil partout autour de toi, même si on ne sait pas nager, on avance. C'est tout», a confié l'homme, qui n'aime pas beaucoup être honoré.

«Ça me gêne», a-t-il répondu, tout simplement.

C'est sa fille, Christine Dufour, qui avait soumis la candidature de son père pour cet honneur.

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