Les soupes populaires doivent redoubler d'efforts

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La demande est en hausse dans toutes les soupes populaires de la région interrogées.

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Le recours aux organismes alimentaires de la région s'est accru ces dernières années. Prix des aliments à la hausse, salaires qui ne suivent pas l'inflation, fermetures d'usine, lock-out, fléaux sociaux : les raisons ne manquent pas pour expliquer ce bond des demandes d'aide alimentaire.

En marge de la Grande guignolée des médias, Le Quotidien a entrepris une tournée téléphonique des soupes populaires de la région afin de discuter des tendances observées. Le pouls est unanime : les soupes populaires doivent redoubler d'efforts pour répondre à une demande en hausse.

À la Soupe populaire de Saint-Félicien, désormais sous la responsabilité du Centre d'action bénévole de Saint-Félicien, le nombre d'usagers a quadruplé depuis septembre 2013, passant de 15 à 69 bénéficiaires inscrits. Le nombre de repas servis au quotidien atteint quelque 25 repas. «C'est certainement lié au contexte économique. De plus en plus, ce sont des gens qui travaillent. On observe aussi l'impact du lock-out automobile. On les voit ces gens-là. Les gens manquent d'argent, et nous, on ne dérougit pas», partage Josée Lemay, directrice générale du Centre d'action bénévole.

En ce qui concerne la Soupière de l'Amitié, la directrice fondatrice Nathalie Maltais a observé une hausse de la clientèle, et ce, particulièrement chez les jeunes. «Il y a de plus en plus une clientèle jeune. On voit beaucoup de parents monoparentaux. Nous servons environ 28 000 repas par année. Si on remonte il y a trois ou quatre ans, c'était plutôt 18 000 à 20 000», rapporte-t-elle.

«Aussi, il y a tellement de pertes d'emploi, reprend Mme Maltais. Et même les gens au salaire minimum n'arrivent plus. C'est vraiment terrible. Il y a aussi les maudites drogues. Je vois de plus en plus de gens avec problèmes, pour qui on représente leur seul repas de la semaine, ou qui n'ont même plus de réfrigérateur à la maison. C'est la révolution terrible que j'appelle.»

Du côté de la Soupe populaire de La Baie, la directrice Denise Babin a aussi remarqué une hausse, principalement dans les derniers mois. Les bénévoles de l'organisme servent de cinq à dix repas de plus qu'en septembre, soit entre 25 et 30 assiettes par jour. Selon Mme Babin, l'augmentation est avant tout liée au coût de la vie. «Je pense que c'est le fait que faire l'épicerie soit rendu plus cher et que les salaires sont au même niveau», avance-t-elle.

À Jonquière, la Soupe populaire a remarqué deux tendances, soit l'augmentation de la clientèle âgée de 18 à 25 ans et celle de la clientèle retraitée. «La clientèle augmente. On sert 70 personnes par jour, dont 30 élèves, sept jours par semaine. Ça sert à peu près 32 000 repas par année», informe Hélène Savard, directrice générale et bénévole.

Bénévoles

En matière de recrutement de bénévoles, la situation n'inquiète pas les organismes alimentaires de Saint-Félicien, Jonquière et La Baie, même si le défi demeure entier.

Du côté de la Soupière de l'Amitié, active à Arvida, Kénogami et dans la côte Réserve, Nathalie Maltais est plus inquiète. «On est dans un entre-deux avec une population vieillissante qui ne pourra plus nous aider bientôt et une relève beaucoup moins importante. Les jeunes familles travaillent tellement fort pour joindre les deux bouts elles-mêmes qu'elles n'ont pas beaucoup de temps à offrir», termine-t-elle.

Le Quotidien n'a pas réussi à joindre la Soupe populaire de Dolbeau-Mistassini et de Chicoutimi, de même que la Marmite fumante d'Alma. Tous ces organismes recevront les profits de la Grande guignolée des médias, argent et denrée non périssables.

L'organisme communautaire Entre-Êtres a pour mission de briser... (Photo courtoisie) - image 2.0

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L'organisme communautaire Entre-Êtres a pour mission de briser l'isolement des personnes moins bien nanties par la mise d'activités récréatives, sociales et culturelles dans le secteur d'Arvida.

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Entre-Êtres, une clientèle en hausse

(JR) - L'organisme communautaire Entre-Êtres, qui lutte contre la pauvreté par la mise sur pied d'activités récréatives, sociales et culturelles dans le secteur d'Arvida, connaît également une augmentation notoire de sa clientèle. « Avec la hausse des demandes, c'est d'autant plus dur financièrement. »

Coordonnateur de l'organisme fondé en 1991, Olivier Pineault rappelle la mission de son organisme. « Notre but premier est de briser l'isolement par toutes sortes d'activités comme des cuisines collectives, des cafés-rencontres, des cours d'informatique, des ateliers. Les services offerts favorisent la prise en charge des personnes moins bien nanties », a-t-il partagé.

Entre-Êtres a pris beaucoup d'expansion ces dernières années. Des gens de Chicoutimi et de Jonquière se sont par ailleurs joints à la clientèle première, qui réside à Arvida. « Nous aidons 365 personnes par année. L'augmentation est certainement liée aux questions économiques. Les prix de la nourriture et des loyers sont en hausse, alors c'est de plus en plus difficile pour les gens moins bien nantis. Il y a cinq ans, nous aidions environ 150 personnes », avance M. Pineault.

« Nous sommes toujours à la recherche de financement. De bénévoles aussi, puisque c'est difficile d'aller chercher des jeunes », ajoute-t-il.

Les partenariats se sont aussi multipliés, notamment avec la caserne des pompiers pour les cadeaux offerts lors de la méga fête de Noël, le CLSC et les Chevaliers de Colomb. La Saint-Vincent-de-Paul est aussi étroitement liée à Entre-Êtres, étant à l'origine de la mise sur pied de l'organisme, qui est d'ailleurs membre de Centraide.

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