Le chemin de la discorde

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Le site d'enfouissement a été aménagé sur des terres enclavées sur le territoire d'Hébertville-Station. Pour s'y rendre, un chemin d'accès a dû être construit à Saint-Bruno au coût de 3 millions $.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Le maire de Saint-Bruno veut plus de redevances reliées à l'enfouissement des déchets. Il exige le même taux qu'Hébertville-Station, soit 1,50 $ la tonne. Le protocole d'entente signée en 2013 avec la RMR établit cette redevance à 1,25 $.

« Plus de 80 % des impacts du site se font sentir à Saint-Bruno. On a droit à la parité. Lorsqu'on a négocié, on avait décidé de donner plus à Hébertville-Station surtout pour une question d'image. Le nom de la municipalité est collé au site. Mais les impacts, ils sont chez nous », plaide le maire Réjean Bouchard, qui a fait une sortie en règle contre la RMR, jeudi dernier, lors de l'annonce de l'entente entre les élus du Saguenay et ceux du Lac-Saint-Jean pour l'enfouissement des déchets. Il reproche à l'organisation de prendre d'importants risques en opérant le site alors qu'aucune entente déterminant le statut légal du chemin d'accès n'a encore été signée. Aménagé au coût de 3 M$ par la RMR, une partie du chemin appartient à Saint-Bruno.  

Réjean Bouchard a mandaté un avocat de Québec pour représenter la municipalité dans ce dossier. « Ils prennent des risques. Ils font des travaux sur le chemin. S'il y a un accident, c'est la municipalité qui est responsable. Il faut donc que ça se règle au plus vite. Il faut bouger », lance le maire, qui était jusqu'à tout récemment administrateur de la RMR.

Il n'y a que deux options possibles. La municipalité peut céder sa portion de chemin à la RMR ou la RMR peut céder tout le chemin construit au coût de 3 millions $ et payer également les frais d'entretien. Les deux solutions ne donneront aucun profit à Saint-Bruno, mais ne lui coûteront rien non plus. Donc, pourquoi aucune entente n'a encore été conclue? Le maire refuse de l'admettre, mais il semble espérer une meilleure offre de la RMR pour conclure une entente sur le statut du chemin.

« Les gens de Saint-Bruno veulent se faire respecter. Ils avaient juste à mettre le site au centre-ville d'Alma. Ça fait 24 mois que le chemin aurait pu être réglé », dénonce le maire, qui se défend également d'agir par vengeance politique pour avoir perdu son siège à la RMR, après six ans à la table, près de 24 heures avant l'annonce de jeudi dernier. Le maire d'Hébertville-Station a décroché le siège.

Le président de la RMR, Lucien Boily.... (Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 2.0

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Le président de la RMR, Lucien Boily.

Archives Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Lucien Boily ne comprend pas

(LL) - L'attitude de Saint-Bruno déçoit le président de la RMR, Lucien Boily. Ce dernier ne comprend pas la réaction du maire Réjean Bouchard qui n'avait jusqu'à maintenant montré aucune opposition à l'entente ou à la situation du chemin. Des dossiers qui sont en marche depuis quelques années déjà.

« M. Bouchard a été six ans au conseil d'administration de la RMR. Je n'ai jamais enregistré sa dissidence ou un vote de non-confiance, que ce soit par rapport au chemin ou à l'entente avec le Saguenay. On n'a pas reçu de résolution ou d'écrits non plus de la municipalité. Au contraire, on a reçu des résolutions en faveur de tout », soupire M. Boily.

Le maire de Saint-Bruno prétend que la RMR n'a pas les coudées franches sur le plan légal. Des propos « qui font peur » et qui ne tiennent pas la route, estime Lucien Boily.

« C'est vrai que le contrat n'est pas finalisé, mais ça ne veut pas dire qu'on n'est pas légal. J'ai des résolutions de la municipalité, leur engagement, un décret, le BAPE. Et je ne serais pas légale? », lance le président de la RMR.

M. Boily assure d'ailleurs que la RMR est prête à régler le dossier du chemin d'accès dès cette semaine. C'est par « respect » que son organisation n'a pas fait de pression sur Saint-Bruno.

« On a offert à la municipalité de céder notre chemin en plus de payer les frais d'entretien. Mais s'ils préfèrent, ils peuvent aussi nous céder leur portion et on va s'occuper aussi de l'entretien. On ne veut pas que ça leur coûte de l'argent. On leur a dit de réfléchir et que ce n'était pas une urgence », explique le président de la RMR.

Sur une augmentation des redevances ou une possible vente en argent d'une portion du chemin, Lucien Boily demeure prudent. Mais il montre peu d'ouverture.

« On n'ira pas à n'importe quel prix et on ne veut pas se faire avoir. Et la façon dont le maire de Saint-Bruno s'y prend n'est pas la meilleure pour nous convaincre », laisse tomber le président.

Réjean Bouchard a également dénoncé le fait que la RMR n'a pas consulté la population avant d'annoncer publiquement l'entente. Le président assure une fois de plus que les citoyens seront rencontrés au sujet de la venue des déchets saguenéens en 2018.

« On ne pouvait pas consulter les gens avant de conclure l'entente. Mais on va consulter les gens de Saint-Bruno, c'est certain. Si les gens sont inquiets en raison du transport ou autre chose, on va les informer. Et s'il y a des correctifs à apporter, on va le faire », plaide M. Boily.

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