Un nouvel insecte ravageur dans la région

À la grande surprise des chercheurs, l'arpenteuse de... (Photo courtoisie)

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À la grande surprise des chercheurs, l'arpenteuse de la pruche est maintenant présente aux portes de la région.  Elle dévore une forêt trois fois plus vite que la tordeuse du bourgeon de l'épinette.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Un nouvel insecte ravageur a fait son apparition dans une forêt de la région et pourrait causer des dommages plus importants que la tordeuse du bourgeon de l'épinette, si rien n'est fait.

Il s'agit d'une espèce indigène du nom d'arpenteuse de la pruche. Cette «chenille» a été localisée la première fois dans la région en 2012, dans la réserve faunique des Laurentides. Il est important de bien la contrôler, car lors d'infestation sévère, l'arpenteuse ravage jusqu'à 80% de la forêt et décime une forêt trois fois plus vite que la tordeuse.

«Nous surveillons son comportement depuis 10 ans. Les infestations étaient en majorité dans les forêts des maritimes, principalement à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse. En 2010, il y a eu une éclosion dans le secteur de Blanc-Sablon et en 2012 dans le parc des Laurentides. On constate donc qu'elle monte vers le Nord à cause du réchauffement des températures», informe Lucie Royer, chercheuse scientifique en dynamique des populations d'insectes au Centre de foresterie des Laurentides à Ressources naturelles Canada.

En effet, les changements climatiques favorisent l'éclosion au printemps des oeufs de cette bestiole. Les hivers moins froids permettent son développement, car les oeufs tolèrent des températures jusqu'à -34 degrés Celsius. Comme les printemps et les automnes sont plus chauds, le cycle de développement et de prolifération est optimal. Ce qui fait dire à la chercheuse que l'arpenteuse pourrait remonter vers les forêts situées au nord du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dommage important

L'arpenteuse de la pruche s'attaque principalement aux jeunes pousses de l'année en ayant une préférence au sapin. Elle rampe sur les épines et en mange une bonne partie, ce qui fait souvent mourir l'arbre dès la première année de l'infestation. De plus, elle s'attaque aux jeunes arbres en début de croissance. «Quand elle n'a plus assez de nourriture, elle s'attaque aux autres essences, même aux feuillus. Elle peut faire des dégâts considérables en très peu de temps», explique la chercheuse.

En effet, en un an, les ravages peuvent être très importants. L'infestation peut durer jusqu'à trois ans dans un secteur. Dans la forêt qui a été observée dans la réserve faunique des Laurentides et dans le parc de la Jacques-Cartier, une forte densité d'arbres a été défoliée sur les 33 674 hectares touchés et la grande majorité des sapins sont morts à la suite du passage de la minuscule chenille. Le cycle d'une possible nouvelle infestation est 9 ans comparativement à 30 ans pour la tordeuse du bourgeon de l'épinette. D'où l'importance de trouver des moyens pour l'éradiquer.

D'ailleurs, ce qui peut ajouter à l'inquiétude, c'est que l'arpenteuse peut cohabiter avec la tordeuse du bourgeon de l'épinette. Par contre, dans ces cas de cohabitation, elle a moins accès à de la nourriture, car la tordeuse se cache dans les bourgeons.

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